Le président congolais a-t-il bluffé ou voudrait-il enrichir Tony Elumelu à l’insu de son plein gré ?

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Paneliste au Forum 2019 de la Fondation Tony Elumelu, le président de la République Démocratique du Congo a promis mettre en place d’ici la fin du mois de Juillet un fond de garantie au prêt bancaire pour les jeunes. Cette promesse faite par Félix Tshisekedi a déjà fait couler autant d’encre que de salive au pays de Lumumba. Cet article ne vient donc pas relayer l’information mais analyser le contour de son applicabilité dans le contexte de la RDC.

Avant de commencer, j’avoue que j’en suis resté sans mots car, en cas de concrétisation de cette promesse, la RDC sera le premier pays à mettre en place un tel mécanisme sur le plan institutionnel.

Bon je m’explique !

C’est quoi  » Le fond de garantie aux prêts bancaire » que le Président de la République a prévu pour les Jeune?

Le Fond de Garantie aux prêts est un mécanisme ou encore un organisme d’assurance aux prêts qui garantit que le prêteur (la banque) sera remboursé la somme concédée à l’emprunteur (l’entrepreneur) en cas de défaut (non payement) de ce dernier. Que ça soit à l’échéance ou à terme (les termes sont assez technique mais bon, ce n’est pas grave, ça va). Ma définition ne tient pas débout je sais mais c’est à peu près ça.

C’est donc un mécanisme qui rassure la banque que peu importe les difficultés du client emprunteur, elle sera remboursée par de l’argent déjà placé quelque part par ce mécanisme, avec tous les intérêts qui vont avec.

Est-ce possible de le faire au Congo?

Oui, ça l’est. Il suffit par exemple de bloquer une somme d’argent dans une Banque capable de couvrir le montant qui sera déboursé par les institutions de crédit. En cas de défaut. Est-ce opportun? Je dirai oui et non à la fois. Je n’hésite pas à trancher mais connaissant bien mon pays et ses citoyens, je suis convaincu par mon point de vue.

Oui, parce que l’État pourrait permettre aux entrepreneurs d’avoir des fonds à taux de remboursement préférentiel. Et garantir les banques qu’elles ne feront pas des pertes en faisant confiance aux entrepreneurs.
Non, parce que vue la conjoncture, il y a des fortes chances que les sommes allouées aux personnes servent plus à enrichir quelques individus par la caisse de l’État sans forcément créer une quelconque émulation économique.

L’exemple des emprunteurs au près du FPI (Fond de Promotion de l’Industrie) pour la plus part insolvable est en lui-même patent, dans un sens. Dans un autre sens, ce fond peut servir tout bonnement à enrichir des banquiers qui auront donné indirectement un crédit à l’État parce qu’en cas de défaut de paiement, c’est l’État qui paie avec les intérêts subséquents.

Mon avis de citoyen

L’amitié étonnante entre le banquier Tony Elumelu et le Président de la République me pousse à réfléchir et à formuler cette hypothèse : Le premier banquier de son état, ne peut en aucun cas être anodin. Par contre, si le Président lui, contournant le circuit gouvernemental et donc tout contrôle républicain, comme annoncé lors de ce sommet – d’autant plus que ce fond de garantie serait lancé par la Présidence, donc au sein du budget lui alloué ( ce qui reste le fond public), décide de créer ce fond, cela ne pourrait être autrement qu’ une forme de détournement pour fin privé des deniers public.

Pourquoi? Parce que les chances de remboursement étant largement hypothétique de la part des emprunteurs ( ce qui justifie même la réticence naturelle des banques quant au crédit d’ investissement, et ce partout en Afrique), accorder des crédits sur une base de garantie étatique, peut évidemment servir à un banquier comme Tonny Elumelu, dont la Banque UBA exerce déjà dans le pays et dont l’ amitié d’ un autre genre avec le Président, pourrait laisser penser que sa banque gagnerait ce marché, pour non seulement gagner des nouveaux clients en faisant des crédits à taux fallacieusement préférentiel, sans risque aucun, parce que même en cas de défaut de l’ emprunteur c’ est l’ État qui paie, mais aussi de gagner la somme des intérêts accordés et garantis par La Présidence, donc l’ État congolais. Donc soit le Président bluff, soit il veut enrichir Tony Elumelu à l’insu de son plein gré! Ou pas.

Exiger plus de subtilité aux entrepreneurs ?

Avec un fond de garantie, la banque est rassuré ce qui provoquera son laxisme d’ autant plus qu’elle est justement « garantie » quoi qu’il arrive, elle récupérera son dû avec les intérêts souscris. C’est-à-dire zéro risque pour elle. D’où la provocation d’un engouement désordonné.
Et aussi le laxisme de l’emprunteur qui malgré tout, peut ne pas rembourser sans conséquence directe sur ses biens et valeurs parce que le fond va le couvrir, donc forcément un saut vers « la légèreté »; sans compter la partialité dans la sélection des projets à garantir.

Il est plus judicieux de penser en terme d’un fond de capital à risque, où l’éventualité de ne jamais revoir l’argent investi dans une entreprise impose beaucoup plus de rigueur dans le choix des projets à financer. Ici le suivi est plus minutieux car le fond fait partie de l’entreprise et pour subsister comme tel, elle doit faire des bénéfices.

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