A propos rempartcongolais

Né le 22 septembre 1994 à Goma, en République démocratique du Congo, je suis un jeune poète passionné et bercé par l’écriture depuis ma tendre enfance. Je gratte mes envies et mes peurs dès le banc de l’école. C’est ainsi que j’ai été lauréat du manuscrit francophone en 2016. Aussi, suis-je l’auteur de l’hymne de l’Université Libre des Pays des Grands-Lacs où je poursuis mes études universitaires en Droit. Rependre l’amour et la paix est la mission que j’assigne à ma plume.

Un matin, un débat : faut-il privilégier la Justice ou la cohésion sociale dans une zone post-conflit ?

Le matin du vendredi 30 Août me parut  unique en son genre. Il s’est tenu un débat à l’hôtel Bungwe de Goma où les jeunes venus des différents coins de la ville se sont réunis pour débattre au tour du dilemme qui se pose souvent après un conflit qui a connu des violations des droits de l’homme. Faut-il traduire en justice les coupables pour qu’ils subissent la rigueur de la loi ou faut-il privilégier la cohésion sociale en favorisant le pardon ?

Voilà la question autours duquel la #BloGoma (Blogosphère Gomatracienne) a réunis ces jeunes, principalement des étudiants en Droit, des professionnels de la justice et autres influenceurs de cette ville situé à l’est de la République Démocratique du Congo. N’étant pas personnellement sur place, j’ai suivi cette activé – qui s’inscrivait dans le cadre de la célébration du Mois africain de la justice célébrée par Africtivistes à travers le continent noir – à travers les réseaux sociaux. Merci à la technologie car j’ai même participé au débat.

La panel au débat public
Photo by Bwette Photography, réutilisation autorisée.

Le débat naquit d’un film, « The Prosecutors » évoquant le dilemme sur la justice transitionnelle qui se pose dans une communauté après un conflit violent. Au fond du débat, je lisais que le message que véhiculaient les idées des jeunes débatteurs s’accouplait à celui contenu dans le film qui fut visualiser avant l’exposée dans lequel les experts de la justice mettaient en cause la justice dont l’abus d’usage débouche sur la l’impunité des vrais coupables à nos jours.

« The Prosecutors » un film du réalisé par Leslie Thomas et tourné dans trois pays d’Afrique dont la RDC a interrogé convenablement les textes et le travail de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des peuples (CADH). Pour leur part, les interventions des participants ont tournées autour des histoires des tueries et violations des Droits de l’homme commis dans certains milieux ruraux. Ils en ont exigés aussi l’enquête, les considérant comme crimes graves.

Ce fut une rencontre d’acquisition des grandes valeurs sur la justice et la préservation de la cohésion sociale. La jeunesse de Goma a eu l’occasion des personnes qui ont connu des cas des violences et ont eu un aperçu sur ce qui se passe dans notre milieu.  La région du Kivu ayant connu la guerre depuis plusieurs décennies, le nombre des morts est énorme. La justice y est donc une nécessité.

Le président congolais a-t-il bluffé ou voudrait-il enrichir Tony Elumelu à l’insu de son plein gré ?

Paneliste au Forum 2019 de la Fondation Tony Elumelu, le président de la République Démocratique du Congo a promis mettre en place d’ici la fin du mois de Juillet un fond de garantie au prêt bancaire pour les jeunes. Cette promesse faite par Félix Tshisekedi a déjà fait couler autant d’encre que de salive au pays de Lumumba. Cet article ne vient donc pas relayer l’information mais analyser le contour de son applicabilité dans le contexte de la RDC.

Avant de commencer, j’avoue que j’en suis resté sans mots car, en cas de concrétisation de cette promesse, la RDC sera le premier pays à mettre en place un tel mécanisme sur le plan institutionnel.

Bon je m’explique !

C’est quoi  » Le fond de garantie aux prêts bancaire » que le Président de la République a prévu pour les Jeune?

Le Fond de Garantie aux prêts est un mécanisme ou encore un organisme d’assurance aux prêts qui garantit que le prêteur (la banque) sera remboursé la somme concédée à l’emprunteur (l’entrepreneur) en cas de défaut (non payement) de ce dernier. Que ça soit à l’échéance ou à terme (les termes sont assez technique mais bon, ce n’est pas grave, ça va). Ma définition ne tient pas débout je sais mais c’est à peu près ça.

C’est donc un mécanisme qui rassure la banque que peu importe les difficultés du client emprunteur, elle sera remboursée par de l’argent déjà placé quelque part par ce mécanisme, avec tous les intérêts qui vont avec.

Est-ce possible de le faire au Congo?

Oui, ça l’est. Il suffit par exemple de bloquer une somme d’argent dans une Banque capable de couvrir le montant qui sera déboursé par les institutions de crédit. En cas de défaut. Est-ce opportun? Je dirai oui et non à la fois. Je n’hésite pas à trancher mais connaissant bien mon pays et ses citoyens, je suis convaincu par mon point de vue.

Oui, parce que l’État pourrait permettre aux entrepreneurs d’avoir des fonds à taux de remboursement préférentiel. Et garantir les banques qu’elles ne feront pas des pertes en faisant confiance aux entrepreneurs.
Non, parce que vue la conjoncture, il y a des fortes chances que les sommes allouées aux personnes servent plus à enrichir quelques individus par la caisse de l’État sans forcément créer une quelconque émulation économique.

L’exemple des emprunteurs au près du FPI (Fond de Promotion de l’Industrie) pour la plus part insolvable est en lui-même patent, dans un sens. Dans un autre sens, ce fond peut servir tout bonnement à enrichir des banquiers qui auront donné indirectement un crédit à l’État parce qu’en cas de défaut de paiement, c’est l’État qui paie avec les intérêts subséquents.

Mon avis de citoyen

L’amitié étonnante entre le banquier Tony Elumelu et le Président de la République me pousse à réfléchir et à formuler cette hypothèse : Le premier banquier de son état, ne peut en aucun cas être anodin. Par contre, si le Président lui, contournant le circuit gouvernemental et donc tout contrôle républicain, comme annoncé lors de ce sommet – d’autant plus que ce fond de garantie serait lancé par la Présidence, donc au sein du budget lui alloué ( ce qui reste le fond public), décide de créer ce fond, cela ne pourrait être autrement qu’ une forme de détournement pour fin privé des deniers public.

Pourquoi? Parce que les chances de remboursement étant largement hypothétique de la part des emprunteurs ( ce qui justifie même la réticence naturelle des banques quant au crédit d’ investissement, et ce partout en Afrique), accorder des crédits sur une base de garantie étatique, peut évidemment servir à un banquier comme Tonny Elumelu, dont la Banque UBA exerce déjà dans le pays et dont l’ amitié d’ un autre genre avec le Président, pourrait laisser penser que sa banque gagnerait ce marché, pour non seulement gagner des nouveaux clients en faisant des crédits à taux fallacieusement préférentiel, sans risque aucun, parce que même en cas de défaut de l’ emprunteur c’ est l’ État qui paie, mais aussi de gagner la somme des intérêts accordés et garantis par La Présidence, donc l’ État congolais. Donc soit le Président bluff, soit il veut enrichir Tony Elumelu à l’insu de son plein gré! Ou pas.

Exiger plus de subtilité aux entrepreneurs ?

Avec un fond de garantie, la banque est rassuré ce qui provoquera son laxisme d’ autant plus qu’elle est justement « garantie » quoi qu’il arrive, elle récupérera son dû avec les intérêts souscris. C’est-à-dire zéro risque pour elle. D’où la provocation d’un engouement désordonné.
Et aussi le laxisme de l’emprunteur qui malgré tout, peut ne pas rembourser sans conséquence directe sur ses biens et valeurs parce que le fond va le couvrir, donc forcément un saut vers « la légèreté »; sans compter la partialité dans la sélection des projets à garantir.

Il est plus judicieux de penser en terme d’un fond de capital à risque, où l’éventualité de ne jamais revoir l’argent investi dans une entreprise impose beaucoup plus de rigueur dans le choix des projets à financer. Ici le suivi est plus minutieux car le fond fait partie de l’entreprise et pour subsister comme tel, elle doit faire des bénéfices.

Fête d’indépendance et miracle du 30 Juin : Les léopards offrent un spectacle faramineux à la CAN face au Zimbabwe

Depuis leur entrée dans la grande messe du football africain, les léopards de la RDC n’ont pas su sortir leur griffe. Ils ont miaulé d’abord face à l’Ouganda, puis face à l’Egypte en encaissant quatre buts dans ces deux premières rencontres de la phase des poules. Cela a dissipé toutes les chances de qualification pour la RDC mais un soleil d’espoir s’est levé quand ils ont rugi enfin au Stade du 30 Juin.

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Image : Wikipedia

Cette performance des léopards qualifiée du « miracle du 30 juin » fait beaucoup plus allusion à la date où le match a été livré plutôt qu’au nom du stade qui a abrité le match. Ce 30 Juin 2019, les Congolais commémorer le cinquante-neuvième anniversaire de son indépendance. Voilà ce qui a attiré beaucoup plus attiré l’attention des Congolais envers ce match à la fois symbolique, pour ce qui est de l’honneur de tout un peuple, et décisif pour une probable qualification. « Impossible n’est pas Léopards » ont scandé plusieurs supporteurs congolais sur les réseaux, mais est-ce que cette plus large victoire de la CAN, signé par la bande à Bakambu, suffit-elle pour leur qualification à la prochaine étape ?

Un brin d’espoir

Les Congolais peuvent désormais se permettre de rêver à une probable qualification car la nouvelle structure de la CAN à 24 équipes prévoit repêcher les quatre meilleurs perdants pour les huitièmes de finale. Cependant, les léopards n’ont pas pris leur destin en mains suite à leur deux premières défaites. Tout ce qu’ils ont joué c’est leur survie tout en espérant que les équipes comptabilisant 3 points ou moins ratent leurs dernières sorties. Il y a la Guinée qui a su sortir de ce lot en s’imposant par un score de deux buts à zéro face au Burundi.

Le suspens va durer donc quelques heures encore avant que les Congolais ne puissent se réjouir pleinement de leur « miracle du 30 Juin », le temps que le Kenya, le Benin, l’Angola se font laminé, ou encore la Guinée Bissau tiennent en échec le Ghana. Une seule de toutes ces probabilités va profiter au Congolais si non leur brillante performance face au Zimbabwe n’aura pas servi à grand-chose.

Doté puis avorté !

De l’arrangement à l’amiable en passant par le recours à un faux médecin, l’ignorance a guidé la famille de Nadine, une jeune fille de 16 ans, engrossée par son beau-frère. Nadine vit chez sa grande sœur Furaha, mariée Muhindo depuis 5 ans.

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Illustration : Eleanor Doughty, réutilisation autorisée

Nadine a toujours été une fille appliquée à l’école que ses parents ont choisie de l’envoyé à Goma, une ville à l’Est de la RDC pour poursuivre ses études. Là elle devait être accueillie par sa grande sœur vivant dans cette ville volcanique depuis son mariage qui remonte à 5 ans de cela déjà. Une fois installée avec le couple Furaha et Muhindo, notre amie Nadine a été dès lors considérée comme étant la fille ainée de sa nouvelle famille. Son père, enseignant de son état et soucieux de l’éducation de sa fille, avait décidé d’envoyer sa fille poursuivre ses études en ville car la vie des champs dans le Lubero n’était pas une bonne option pour l’épanouissement de celle-ci.

Et puis un jour comme ça, il y a cinq mois de cela, à l’absence de sa grande sœur, son beau-frère était rentré un peu tôt du boulot en lui apportant des cadeaux de pâtisserie. Après ce geste digne d’un gentleman, notre beau-frère a demandé à Nadine de l’apporter de l’eau à boire dans sa chambre à coucher… Nadine ne se doutait de rien, surtout que Muhindo jouait un rôle important dans sa nouvelle vie à Goma, qu’elle le considérait un peu comme son père.

Nadine fit comme celui-ci le lui a recommandé et lui apporta un verre d’eau dans sa chambre à coucher… Et hop, je vous laisse imaginer la suite, ça n’a rien d’un suspens… Le drame s’est déroulé exactement comme vous l’imaginez.

Et comme la grossesse est la preuve par excellence que les femmes ne savent pas garder de secret, Furaha, la grande sœur à Nadine, a découvert que sa protégée était enceinte. Furaha était tellement déçue, surtout en voyant le temps et l’énergie qu’elle dépense pour parler de tous les sujets sans tabou avec sa sœur. Essayez alors d’imaginer avec moi combien Furaha se sentirait coupable si elle n’abordait pas des questions sur la sexualité avec sa petite sœur.

Ne pouvant pas gérer cette situation toute seule, Furaha décida de partager cette infortune à sa famille. La famille déjà au courant de la mésaventure de Nadine, a fourni des pressions inimaginables sur cette pauvre fille pour qu’elle dévoile le nom de l’auteur de la grossesse. Elle était dans un dilemme, et pas le moindre : Dénoncer son beau-frère et briser le foyer de sa sœur ou garder silence et passer pour une brute, le restant de sa vie. Le choix a été clair, Nadine a dénoncé son beau-frère Muhindo dit Hindo.

Furaha et sa famille ont eu du mal à gérer cette situation. Au nom des enfants que Hindo avait déjà eu avec Furaha, la famille lui a seulement exigé de doter Nadine, mineure de son état, pour ne pas qu’il soit poursuivi au pénal. Chose faite, Muhindo a doté la petite sœur à sa femme pour montrer qu’il regrette son acte. Il a déboursé 800$ U.S. et a décidé de prendre en charge tout ce qui aura trait avec la grossesse. La petite Nadine est alors obligée de changer de toit.

Un moment plus tard, Nadine, en accord avec le responsable de la famille, ont opté pour l’avortement. Avec son jeune âge et tous les préjugés qu’il y a autours, Nadine n’en pouvait plus. Ils ont motivé ce choix par le fait que l’auteur de sa grossesse soit le beau-frère son beau-frère.

La loi congolaise, accompagné par le protocole de Maputo, semble leur donnait gain de cause car elle suppose qu’une femme est en droit de solliciter l’avortement si sa grossesse est issue d’un viol ou est fruit de l’inceste.

Par un malheureux hasard, Nadine ne savait pas que la loi pouvait lui autoriser cette manœuvre, d’où elle a consulté, clandestinement un pharmacien, non qualifié, que la grossesse a connu tellement des complications jusqu’au point son « médecin » a pris la poudre d’escampette.

A suivre…!

Parc national des Virunga : l’humain se fout-il de son patrimoine ?

Le 5 Juin de chaque année est célébrée la journée mondiale de l’environnement. A l’occasion, je voulais sortir ma plus belle plume et écrire une épopée de la mère nature. Malheureusement, être blogueur c’est aussi ça : rater les bonnes occasions de se faire lire. Cependant, depuis ce matin quelque chose m’intrigue : la ville de Goma sera finalement électrifiée. En effet, Goma est l’une des grandes villes de la RDC, située à l’Est du Pays entre le lac Kivu et la chaîne volcanique des Virunga.

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On est bien sur le dos de maman !
Photo : Flickr

Ce n’est pas que cette ville n’a jamais eu du courant depuis la création du monde, c’est juste que l’électricité y est aussi rare que l’or et y demeure un signe de richesse. Il n’y a que quelques familles qui peuvent se payer le luxe d’avoir de l’électricité dans leur maison alors que les autres croupissent dans le noir. Bizarrement, même ceux qui ont la capacité de payer la facture de courant à Goma font face à un délestage permanent, et c’est toujours une surprise pour eux de voir les lumières allumées.

Quel rapport entre l’électrification de la ville de Goma et le parc des Virunga ?

Parc animalier le plus vieux et plus menacé de l’Afrique, les Virunga est en proie à plusieurs dangers, parmi lesquels la déforestation. Selon un rapport publié en 2013 par l’organisation internationale WWF[1], la déforestation constitue l’une des principales menaces pour le parc des Virunga. Le taux de cette déforestation est considérable : de l’ordre de 1% par an depuis des années. Également, 80% du charbon de bois et du bois de chauffe utilisés par les populations environnantes sont issus du Parc des Virunga.

Face au manque d’autres sources d’énergie, les populations riveraines du parc n’ont d’autre choix que de se procurer du bois de chauffage dans le parc. Aujourd’hui des débats autour de l’exploitation du pétrole et du braconnage font écho au combat de plusieurs organisations tant internationales que nationales. Cette pagaille créée pour des raisons que personnellement j’ignore fait oublier l’urgence à résoudre pour sauver le parc national des Virunga.

Je ne dis pas cela pour manifester mon désintérêt face aux effets néfastes que produirait l’exploitation du pétrole sur la population animale et végétale du parc, mais juste pour continuer à célébrer la belle victoire de la planète sur cette mésaventure de la Soco. Outre, ce parc qui fait face au braconnage et à l’activité des groupes armées, mérite bien d’être secouru pour préserver sa population animale. Mais où iront ces animaux si les forets qui les abritent venaient à disparaître ?

Voilà pourquoi je pense que l’urgence consiste à lutter contre la déforestation s’il a cette volonté de sauver le parc des Virunga. L’installation de deux barrages hydrauliques dans le cadre du programme « Alliance Virunga » pour fournir l’électricité aux populations environnant le parc était la réponse adaptée. Mais à qui profite actuellement l’électricité produite par ce courant ?

L’économie ou la politique, c’est qui le vrai coupable ?

L’électricité produite pour lutter contre la déforestation dans le parc des Virunga est confronté à plusieurs obstacles. Sa capacité à sauver les Virunga vaut la peine d’être mise en cause aujourd’hui. Les ménages déjà desservis en électricité ont du mal à supporter le coût exagéré de la facture. Beaucoup avaient pourtant investi de grosses sommes d’argent pour s’abonner. La facturation a été revue à la hausse sans tenir compte de la situation socio-économique de ces habitants, cultivateurs et fermiers pour la plupart, dont le revenu journalier est en dessous de 1$ US par jour.

Majoritairement non-instruites, ces populations ne savent rien de la protection de l’environnement, encore moins du parc. Elles ont opté pour ce courant après avoir vu qu’il était plus avantageux que le charbon de bois. L’électricité, censée être un important outil du développement pour eux, est devenue d’autant plus inaccessible que certains veulent considérer qu’il n’a même jamais existé. Contrairement à ce qui a été souligné au départ par les responsables de l’ICCN lors de l’inauguration de ces centrales, cette électricité n’est visiblement pas venue pour aider la population à ne plus recourir aux ressources du parc pour vivre.

Voilà ce qui m’a intrigué lorsque je me suis rendu compte que la ville de Goma sera finalement électrifiée. En effet, c’était lors de ma balade journalière que j’ai constaté l’installation des lignes électriques qui vont détourner ce courant pour Goma, en vouant ainsi les Virunga à la déforestation. Inutile de signaler que pour les habitants de la ville de Goma le coût de la facture ne posera pas problème. Ce qui fait une bonne affaire pour les responsables de Virunga Sarl. Je suis tenté de croire même que c’est bien ce qui explique la revue à la hausse de la facture du courant.

D’où, je crois que la politique est aussi responsable que l’économie dans cette affaire. Bien que certains politiques aient évoqué cette question au pays, personne n’a encore songé à prendre une décision qui apporterait une quelconque solution. C’est une guerre entre l’humanité et la nature qui est déclarée dans cette lutte contre les bénéfices au péril de la planète. Je ne sais pas comment je trouverai des mots pour expliquer à mes enfants que la plus grande réserve naturelle a été détruite pour électrifier le ville de Goma alors que la RDC a un potentiel électrique estimé à plus de 100.000 MW.

 

[1] Valeur économique du Parc National des Virunga, Rapport WWF 2013