A propos rempartcongolais

Né le 22 septembre 1994 à Goma, en République démocratique du Congo, je suis un jeune poète passionné et bercé par l’écriture depuis ma tendre enfance. Je gratte mes envies et mes peurs dès le banc de l’école. C’est ainsi que j’ai été lauréat du manuscrit francophone en 2016. Aussi, suis-je l’auteur de l’hymne de l’Université Libre des Pays des Grands-Lacs où je poursuis mes études universitaires en Droit. Rependre l’amour et la paix est la mission que j’assigne à ma plume.

Poème triste

Ta vie s’étiole au fil des jours
Laissant ta jeunesse derrière toi.
Tu as “la maladie d’amour”
Et elle t’emmène à petit pas.

Il est des saints à gueules d’anges
Que l’on croirait enfants des dieux
Mais qui, insidieusement, s’arrangent
Pour, dans le cœur, te planter un pieu.

Et ils sont là, qui font les beaux
Et t’attirent dans leurs pièges motels.
Est assassin l’infâme salaud
Qui t’a tué dans un “je t’aime”.

Puis, la nouvelle, comme un séisme
Qui tombe à plat résonne
Et moi, roi de l’égoïsme
Reste là, planté comme un oligophrène

Et voilà que l’espoir s’envole
Et ouvre grand la porte de l’angoisse
Je me mets à prier des idoles
Que je n’ose regarder en face.

Je les supplie, leur vend mon âme
Pour qu’ils t’accordent un long sursis,
Pour que, par tes magiques charmes,
Ils te rende ta si jeune vie.

L’amour a beau nous rendre fort,
Tellement des purs dangers le guettent…
C’est comme flirter avec la mort
Même si on fait semblant de tenir la tête…

Au finish, c’est toujours elle qui l’emporte
Voila pourquoi les larmes débrident
Mes mots, que mon poème est triste
Car la maladie d’amour, le SIDA, est rude
Et n’a même pas de remède.

Aya Chebbi, la première envoyée spéciale de l’Union Africaine pour la jeunesse, est une blogueuse

La Tunisienne Aya Chebbi a été officiellement nommée première envoyée spéciale de l’Union Africaine pour la jeunesse. C’est sur le site officiel de l’UA que cette annonce a été rendue publique ce 1er novembre.

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Aya Chebbi avec les jeunes de Afrika Youth Mouvement à Kigali/Rwanda après une rencontre Photo : Providence Baraka

J’ai été surpris dès que j’ai appris cette nouvelle car en Afrique, il est difficile de trouver les personnes qu’il faut à la place qu’il faut. Cette affirmation ne vient pas soutenir que je connaisse Aya Chebbi mieux que tout le monde. Loin de là, je ne l’ai rencontrée qu’une seule fois en mai dernier pour une rencontre de « AYM », Afrika Youth Mouvement, à Kigali, la capitale rwandaise.

A l’issue de cette rencontre, j’étais simplement stupéfait en découvrant une jeune dame formidable avec une vision des choses fabuleuse. Pour parler de son engagement pour une Afrique, son Afrique, notre Afrique, qui émerge, son parcours en tant que blogueuse et activiste le dit plus éloquemment que tous les mots que je puisse placer ici. Pour ceux qui veulent en savoir plus, cet article de Huffpost donne beaucoup plus des détails sur sa carrière.

D’abord c’est qui Aya Chebbi ?

Aya Chebbi est avant tout une blogueuse. Voilà comment j’aurais bien voulu la décrire. Avec son blog et sa caméra, Aya a consacré son temps à travailler avec des gouvernements et organisations intergouvernementales ainsi que la société civile. Son objectif : « réaliser la vision de l’Union Africaine consistant à construire une Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur la scène mondiale ».

De blogueuse à activiste, Aya Chebbi « a fait preuve de leadership serviable en maximisant les partenariats stratégiques, la mobilisation des ressources par le digital et l’appartenance pour construire l’un des plus grands mouvements panafricains dirigés par des jeunes, AYM. Elle a suscité un impact et un engagement qui lui ont permis d’atteindre plus de 10 000 jeunes membres de 40 pays d’Afrique et de la diaspora », dit la pétition  qui a soutenu sa candidature.

Une victoire pour la génération 2.0 ?

Je n’ai pas voulu que cet article soit une apologie ou encore l’épopée des blogueurs. Cependant, je ne sais pas comment faire autrement alors que le numérique est cette seule lueur d’espoir pour des milliers d’Africains actuellement. Si les leaders africains continuent à confisquer la scène politique en muselant la jeunesse qui ne jure qu’au nom de la révolution-rupture, le numérique leur accorde un autre espace qui leur permet de lutter à l’abri de la répression. Inutile de rappeler que ce sont les blogueurs qui sont les meneurs de ces luttes.

La nomination de Aya Chebbi est donc perçue, en tout cas c’est mon avis, comme la première victoire décisive de la jeunesse africaine face aux vagues des troubles qui ternissent le berceau de l’humanité. C’est une étincelle de plus qui vient s’ajouter à ce frottement des pierres qui cherchent à allumer le feu de la démocratie et de la liberté en Afrique.

Sa nomination n’est pas donc à considérer comme une victoire des blogueurs africains mais comme celle de toute cette jeunesse qui a refusé de se faire manipuler pour se battre pour les vraies causes du continent.

A travers cette victoire, c’est la jeunesse qui gagne, c’est l’Afrique qui gagne car désormais, la voix de la jeunesse se fera, sans aucun doute, entendre à l’Union Africaine à travers la blogueuse Aya Chebbi.

L’épidémie du virus Ebola est loin d’être finie en RDC

L’ Ebola est un virus qui provoque une hémorragie importante et une défaillance des organes, et qui peut entrainer la mort. Cette dixième épidémie qui touche l’est de la République Démocratique du Congo présente un risque de propagation « très élevé » par rapport aux précédentes. C’est ce qu’a révélé l’OMS en se basant sur la dynamique de la population, qui est très mobile.

En plus de cette dynamique, il faut craindre les pratiques des populations locales habitant les zones à risques. Même s’il y a des mesures de précaution qui sont prises, cette épidémie ne sera pas vaincue sans une prise de conscience collective face au danger que représente l’épidémie. Signalé à Magina, un village à 30 kilomètres au sud-ouest de Beni, le virus sévit dans un environnement complexe sur le plan sécuritaire et humanitaire.

Insécurité + Ebola, un plat amer pour la population de Beni

La situation humanitaire en RDC est d’autant plus dramatique que le nouveau foyer d’Ebola subit déjà des violences. Si l’épidémie a tué jusqu’alors 101 personnes (chiffres rendus publics par l’OMS), les massacres perpétrés par les présumés rebelles ADF-NALU en font bien plus. Souvent, les attaques de ces rebelles font tourner au ralenti les activités de riposte contre cette épidémie.

A côté du danger que représente Ebola, fleurit l’insécurité. A mon avis, ce qu’il faut faire en premier pour vaincre cette épidémie c’est la sécurisation de cette région pour permettre aux intéressés de bien mener la riposte.

La plaisanterie des pygmées de la région

Les pygmées sont reconnus en tant que premiers habitants de la République Démocratique du Congo. Avec le développement des grands centres urbains et l’accroissement de la population, ils se sont retirés dans des zones inhabitées où ils continuent à vivre de la chasse, la pêche et la cueillette.

Ayant été sensibilisés sur le danger de consommer la viande des animaux sauvages qui serait vecteur du virus, ils ont carrément rejeté cette recommandation. Face aux raisons qu’ils avancent dans l’audio ci-dessous réalisé par une radio locale de Goma – et dont la réutilisation m’a été autorisée -, je pense que seul le vaccin anti Ebola pourra protéger cette communauté à haut risque. Sans ce vaccin, toutes les démarches qui seront entreprises ne pourront pas empêcher la propagation de ce virus mortel.

Journée Mondiale de la Paix : les groupes marginalisés des femmes haussent le ton à Goma, RDC

Le 21 Septembre de chaque année, le monde entier observe la journée internationale de la Paix, une occasion d’évaluer la situation sécuritaire pour les pays qui n’ont jamais ce qu’est la paix comme la RDC. En ce jour, c’est l’USAID, à travers son programme SPR qui a donné aux groupes marginalisé de Goma, une ville à l’est de la RDC, l’occasion de dire ce qu’ils pensent du processus de paix au pays.

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Une femme albinos prennant la parole lors de la journée internantionnale de la paix célébrée à Goma

Je n’ai pas été surpris de voir qu’ils se sont tous accordés en réduisant la paix à la cohésion sociale. Pour ces groupes marginalisés des femmes, dont celles vivant avec VIH, les albinos, les handicapées, les femmes des militaires et les pygmées, il y aura toujours des conflits et le déséquilibre social tant qu’il n’y aura pas réduction de l’écart entre différents membres de la société.

Ces femmes dites des groupes marginalisés en ont profité pour hausser la voix pour affirmer que « lutter pour la paix c’est lutter contre les inégalités sociale ». Dans cet article, je me propose donc de vous partager leurs préoccupations en tant que femmes marginales.

  1. Fememes PVV(Vivant avec VIH)

« Zéro discrimination, zéro contamination, zéro mort » reste un slogan « vide d’impact » selon ses femmes. Elles estiment que leur voix restera le moteur qui fera avancer la riposte au sida et la source d’une transformation sociale plus profonde pour accéder à l’égalité des sexes et à la justice sociale.

Elles estiment que si elles demeurent vulnérables dans la société c’est parce que le mot sida reste très stigmatisant. Ce qui fait qu’elles soient davantage confrontées à la solitude, avec un risque de dépression et de tentatives de suicide. Mis à part cet aspect, elle recommande au gouvernement de leur favorise l’accès à tous les médicaments antirétroviraux et à les accompagner dans le combat contre les nombreux préjugés sur cette maladie.

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Quelques femmes présentes à la célébration de la journée internationale de la paix

  1. Les femmes albinos

Les femmes albinos font face à de nombreux problèmes. Elles sont menacées par le soleil à cause de la fragilité de leurs peaux. Mais aussi, elles sont traumatisées par leur état physique. Elles demandent à la société de les soutenir car, pour qu’elles aient let vivent en paix, elles doivent jouir des mêmes droits que les autres personnes. Pour elles, la paix jaillit du cœur et c’est là où il donc construire la paix.

En plus d’être discriminée, une femme albinos est sous menace d’être tuée. Dans certains coins du pays, des gens mal informés sont convaincus que certaines parties des albinos en général et des femmes albinos en particulier portent bonheur surtout chez les commerçants. Par conséquent, ces gens vont à la chasse des familles qui ont un membre albinos pour le tuer. Mais en réalité, « ce n’est que la méchanceté des gens car tous les hommes naissent égaux et ont les mêmes droits, y compris le droit à la vie », affirment les femmes albinos.

  1. les handicapées

« Les femmes handicapées subissent beaucoup plus de violences que les femmes valides », clament-elles. Elles assurent être exposées à plusieurs sortes de délaissement. Elles se demandent comment le gouvernement peut imposer des taxes aux femmes handicapés qui font le petit commerce.  Elles ne comprennent pas non plus comment il leur faut « présenter un certificat d’aptitudes physiques pour avoir du travail alors qu’ils n’ont pas de problèmes mentaux? ».

  1. les femmes des militaires

Les revendications des femmes des militaires se sont articulées autour d’un aspect: le salaire de leurs maris. « Pour ces héros qui sont prêts à mourir pour la patrie, un salaire de 30.000 francs congolais (environ 20 dollars US) n’est pas signifiant », protestent-elles. Elles poursuivent en disant que si leurs  » maris sont pointé du doigt dans les affaires des vol, pillages et autres c’est suite au traitement médiocre qu’ils subissent alors qu’ils ont à leur charge des familles qui ont jusqu’à 12 enfants pour certains.

  1. les pygmées

Pour les femmes pygmées, la priorité a été de demander au gouvernement de leur faciliter l’accès à l’éducation et aux soins de santé de qualité. Elles se disent prêtes à affronter la vie moderne suite à l’évolution du monde. Les femmes pygmées veulent posséder la même valeur humaine que les autres peuples.

Le problème le plus grave auquel sont confrontés les Pygmées est la non-reconnaissance de leurs droits territoriaux de chasseurs-cueilleurs auquel s’ajoute le déni de leur statut de peuple indigène. Sans droits reconnus au niveau national sur les forêts dont ils dépendent, des étrangers ou l’Etat mettent parfois la main sur leurs terres sans barrière légale et sans leur verser de compensation.

Elles pensent avoir déjà perdu leur ancien mode de vie. Maintenant elles veulent  » s’installer en ville dans des maisons en briques et pouvoir donner une éducation à leurs enfants. »

Ewezo Project : mon idée pour accroître le niveau d’alphabétisation des femmes dans la chefferie de Watalinga en RDC

Éduquer une femme c’est éduquer toute une nation, dit-on. Les conséquences de l’inverse de ce dicton se font bien observer dans le village de Watalinga, dans le territoire de Beni, à l’est de la République Démocratique du Congo. Ewezo Project veut apporter une réponse à cette triste réalité, dans cette idée lui proposée par l’asbl PPSSP (Programme de Promotion de Soins de Santé Primaires). 
Ewezo-project-idées-femmes-alphabetisation

Ewezo Project, image reprise avec autorisation

Exposé à une kyrielle de guerre comme la plupart des villes et villages de l’Est de la RDC, la vie économique de Watalinga est condamnée à stagner dans une misère effroyable car ici les femmes sont privées d’éducation. Cet article est une proposition de projet pour relever ce défi. Cette idée s’inscrit dans le cadre l’Appel à idées de « Ewezo Project » visant l’amélioration des conditions de vie des femmes à Watalinga.

Des chiffres alarmants

La RDC connait une situation alarmante. La RDC connait une situation alarmante. D’après les derniers chiffres, sur une population estimée à plus de 77 millions d’habitants, environ 18 millions de Congolais ne savent lire, écrire, et calculer, parmi lesquels 14,4 millions de femmes.

L’ONG SOS enfants a observé des taux d’analphabétismes quatre fois plus élevé chez les femmes que chez les hommes, dans le Nord Kivu. Elles représentent à elles seules 80% des analphabètes.

Problèmes spécifiques à résoudre

  • Absence d’initiative locale visant la promotion de l’alphabétisation de la femme ;
  • Faible capacité des femmes et hommes membres d’associations des cacaoculteurs à pouvoir améliorer les conditions de vie de leurs familles et leur communauté ;
  • Faible participation des femmes, membres des associations des cacaoculteurs aux prises des décisions sur l’accès aux marchés ;
  • Limitation pour les femmes d’accéder au crédit et ressources accordés aux agriculteurs de cacao en chefferie de Watalinga ;
  • Faible valorisation du leadership féminin dans la production du Cacao ;
  • Absence de stratégies locales pouvant faciliter l’articulation entre l’alphabétisation et la réduction de la pauvreté en chefferie de Watalinga.

Innovation de cette idée

Le renforcement de l’apprentissage de base, à savoir l’écriture, la lecture et le calcul, acquis lors de phases d’alphabétisation sera en lien avec la santé, le droit et le genre, l’économie sociale et familiale ainsi que l’éducation.

La valorisation du leadership féminin de Watalinga dans la production du Cacao influera sur la gouvernance de ce secteur par l’augmentation du pouvoir des femmes à négocier le prix et à faire valoir ses intérêts et ceux de la jeune fille.

Cela poussera d’autres femmes à s’impliquer dans la production. Participer activement à la prise des décisions autour de la gestion de production du cacao signifie pour ces femmes, avoir la main mise sur la gestion de la chefferie.

Globalement, les femmes ont des difficultés à créer et développer leurs entreprises parce qu’elles n’ont pas accès au crédit. Dans la culture locale, elles sont privées de droit de posséder des terres, pire encore, celui de prétendre à l’héritage familial.

Trois façons dont cette idée va aborder ce problème

  1. Alphabétisation des femmes, membres des associations des cacaoculteurs en Chefferie de Watalinga à travers les approches participatives développées. Il s’agira de prioriser l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul en vue de fournir aux apprenants les possibilités de réalisation de leurs droits politiques, économiques et culturels et leur permettre de participer au développement de leur chefferie ;
  2. Sensibilisation à la valorisation du leadership féminin à Watalinga dans la production du Cacao ;
  3. Articulation de l’alphabétisation avec la réduction de la pauvreté par l’intégration socio-économique des femmes néo-alphabètes et leur appui à la création d’activités génératrices de revenus.

Merci beaucoup d’avoir lu jusqu’à la fin. Veillez, s’il vous plait me laisser en commentaire votre point de vue par rapport à cette idée. Il suffit de dire ce que vous en pensez, si elle saura résoudre le problème évoqué ou encore quels aspects il faut y intégrer pour qu’elle puisse bien se réaliser. Merci.