A propos rempartcongolais

Né le 22 septembre 1994 à Goma, en République démocratique du Congo, je suis un jeune poète passionné et bercé par l’écriture depuis ma tendre enfance. Je gratte mes envies et mes peurs dès le banc de l’école. C’est ainsi que j’ai été lauréat du manuscrit francophone en 2016. Aussi, suis-je l’auteur de l’hymne de l’Université Libre des Pays des Grands-Lacs où je poursuis mes études universitaires en Droit. Rependre l’amour et la paix est la mission que j’assigne à ma plume.

Faut-il compter sur internet pour mener la révolution en RDC ?

Actuellement, en République Démocratique du Congo, le mot « web activist » est devenu une sorte d’étiquette pour beaucoup, comme pour attirer l’attention sur eux. Cette prétention de lutter via internet, ne revêtant aucun mal en soi, est cependant une vente d’illusion car étant en contraste avec le contexte du pays.

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Photo : Pixabay

Le rôle des réseaux sociaux lors des soulèvements populaires en Afrique est souvent emmené à une dimension très exagérée par les médias occidentaux. Facebook et Twitter étant les plus visibles dans ces révolutions, leur apport exposé par les médias n’est qu’un mythe crée par le fantasme de journalistes pour le raccourci. Ces outils servent plus à attiser la colère plutôt qu’à mobiliser et à informer. Pour ce qui est des « web activists », ils servent à attirer l’attention des médias étrangers pour les alimenter en « scoops » et images.

Pour ce qui est de la République démocratique du Congo, voici les raison pour lesquelles l’Internet ne pourra pas contribuer à révolutionner la politique du pays :

  1. Le taux de pénétration internet

De prime à bord, signalons que le taux de pénétration internet est estimé à moins de 7% en RDC (pourcentage de la population ayant accès à cette technologie). Aucune mobilisation ne peut donc aboutir via internet car la majeure partie, voire la quasi-totalité de la population nationale, n’a pas accès à Internet.

Pour faire descendre la population dans la rue, il ne faut surtout pas compter sur des publications en lignes, billets de blogs… Il faut une sensibilisation de conscientisation hors-ligne. Outre, essayez de faire valoir le contraire est une vente de vent, une déformation de la réalité ou encore, disons mieux, une déconnexion d’avec la réalité.

L’échec de la campagne « Trompettes de Jéricho » initié par le mouvement Les Congolais débout de Sindika Dokolo en est l’exemple le plus éloquent.

  1. Le coût de la communication

Le facteur important de ce faible taux de pénétration internet en RDC est le coût de la communication. A cela s’ajoute le chômage prépondérant chez les jeunes. Dans mon entourage par exemple, les jeunes se connectent juste pour envoyer et recevoir des messages textes. Une fois qu’une image s’en mêle, il est difficile pour eux de la télécharger.

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Dans un contexte pareil, comment espérer qu’ils suivent des vidéos ou des sons en ligne ? Essayez de poser la question « C’est quoi un podcast ? » aux jeunes congolais, seul moins de un sur dix saura répondre. Quelle que soit la pertinence des informations en ligne, y accéder reste le plus grand problème car l’internet coûte cher. Ce n’est pas que la jeunesse congolaise cherche à échapper aux débats pertinents, encore moins à fuir leur responsabilité citoyenne comme prétendront les « web activists ».

  1. La censure et la surveillance de l’État

Les gouvernements des États africains reconnaissent déjà le pouvoir de nuisance de l’Internet. S’il est vrai que personne ne peut museler totalement l’Internet, les politiques essayent toujours de manœuvrer à ce niveau pour mettre hors d’état de nuire les « web activists » malgré toutes les démarches développés pour contourner la censure. Pire encore, il y a la surveillance qui a déjà envoyé plus d’un en prison…

De ce qui précède, nous constatons que les « web activists » congolais mènent un combat sans issu. Ils ne savent pas pour quoi et contre quoi se battre. Tout ce qui les intéresse c’est de faire savoir qu’ils participent à la lutte, mais quelle lutte ? Dans quel camp jouent-ils leur rôle ? En quête d’être des petits maîtres de l’opinion publique, ils bloquent le vrai combat.

Les icônes du « web activism » sortis subitement de l’anonymat grâce à Internet, ne sont pas encore parvenus à s’imposer sur la scène politique. Quelques changements s’observent au sein du gouvernement mais c’est toujours les mêmes noms, les mêmes visages qui reviennent. Leur rôle reste donc sans effet positif, raison pour laquelle, malgré leur influence et leur envie, ils demeurent sur le banc de touche !

Le guide du « désillusionneur » : 7 clés pour surmonter la jalousie

Les français nous ont fait gober un gros mensonge : « A chacun son tour », qui est source de frustration pour plusieurs personnes courant derrière leurs rêves. Ne pensons pas que parce qu’un ami ou un frère a réalisé telle ou telle autre chose c’est simplement parce que c’était son tour et que le nôtre arrive bientôt.

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Image : Pixabay

1. Ce qui, à terme, rend les gens jaloux et aigris ce n’est pas de voir les autres réussir mais d’attendre sans fin leur propre tour. « Qui vit d’espoir, meurt de faim », m’ont dit les braves. Mais avant de mourir de faim, l’espoir démesuré fait jaillir la jalousie quand on réalise que les autres accèdent avant nous à ce qu’on désire aussi. Voilà ce qui tue les gens à petit feu.

2. Si ta sœur a réussi à se marier, dis-toi que ce sont ses oignons à elle et félicite-la, c’est tout ! N’attends pas que ton tour arrive, parce que ton tour n’est pas censé arriver forcément.

Ça je le dis à nos sœurs africaines dont le rêve ultime est de se trouver un mari. On n’a pas toujours ce qu’on veut dans la vie. Tu as peut-être quelque chose que ton amie qui s’est mariée n’a pas aussi. Tu ne peux pas avoir tout pour toi toute seule. Tu ne peux pas avoir pour toi la beauté, l’intelligence, la richesse, la santé mais n’oublie pas qu’il y a aussi des gens qui ont tout ça. Inutile de les détester, ce n’est pas de leur faute, c’est simplement une chance qui leur est particulière.

3. Ce qui te complexe, c’est parce que tu accordes de l’importance à ce que tu n’as pas. S’il y a quelque chose qui ne marche pas pour toi, cela relève de ta malchance. Fais comme si de rien n’était et tu verras que ce n’est pas trop grave. En plus, cela va t’épargner des jeûnes et prières sans fin qui ne font qu’amortir ton corps. Inutile de demander à Dieu des choses qu’il y a sur terre, pas trop malin comme attitude. Il est aux cieux.

4. Pour mes frères qui résument la richesse à rouler carrosse, laissez-moi vous dire que vous n’avez pas tort. Seulement, si ton copain X s’est payé une Ferrari, n’attends pas que tu l’achètes aussi à ton tour. Non, non et non. Peut-être que jusqu’à la fin de ta vie, tu n’auras jamais le moyen d’en acheter une. Une Ferrari ça coûte trop cher. Cela ne t’empêche pas quand-même de te payer une IST et te déplacer avec comme tout véhiculé.

5. Un grand poète congolais a chanté : « S’ils ont plus d’argent que moi, j’ai plus de pauvreté qu’eux ». Accepte juste ta situation, ça ne va pas te tuer. Je ne vous conseille pas de vous complaire quand vous n’en pouvez plus mais de ne pas vous déchirer. Et oui, tout n’est pas possible. Aujourd’hui lui appartient et demain aussi sera son tour. Arrête de compter des trucs qui ne t’appartiennent pas.

6. Tu n’as pas besoin de dépasser les autres pour exister, non plus d’être au même niveau qu’eux. Même en étant dernier tu peux toujours exister. Maintenant demande toi, tu es dernier sur quelle échelle? Dans quelle course ? Si tu n’es pas en compétition, tu ne vas jamais goûter à l’échec !

7. Il y a des gens qui sont nés dans de bonnes familles, ils ont de l’argent, des belles maisons et voitures, ils partent en vacances où ils veulent… Inutile de leur en vouloir encore moins de penser qu’ils ne méritent pas leur bonne vie. Si tu as mauvais cœur et que le bonheur des autres te fait mal, tu risques de vivre longtemps pour souffrir encore et encore de leurs réussites. C’est la punition !

Dans un avenir proche, la protection de la vie privée et de l’intégrité des données va transformer l’usage des réseaux sociaux (Partie I)

A la lumière  des tendances qui changent, la manière dont les personnes et les entreprises ont utilisé les médias sociaux au cours des dernières années va radicalement changer. Les prévisions sur les réseaux sociaux pour l’avenir feront appel au retour à l’authenticité personnelle.

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Un jeune connecté sur facebook.
Photo: Jean-Fraterne Ruyange

Durant cette dernière décennie, les réseaux sociaux ont marqué leur apogée et ont affiché au même moment leur caractère très tumultueux. Les problèmes de protection de la vie privée et d’intégrité des données se sont résorbés sur Facebook. Aux Etats-Unis par exemple, ils ont produit des effets ressentis aux plus hauts niveaux du gouvernement. Les réseaux qui se trouvent au centre des enquêtes du Congrès ont dû prendre en compte leur propre pouvoir et leur potentiel d’abus, tandis que les utilisateurs ont été laissés pour remettre en question l’impact plus large des médias sociaux sur la politique, la culture et le discours civique.

Qu’est-ce que cela signifie pour l’avenir ? Comment les utilisateurs et les réseaux vont-ils réagir à ces changements sismiques? Comment la manière dont les personnes et les entreprises utilisent les médias sociaux va-t-elle évoluer à la lumière des attitudes changeantes en matière de confidentialité et de liens significatifs?

Le retour au réel ?

Les vagues de scandale ont eu un impact tangible sur la confiance dans les réseaux sociaux. Selon le rapport Baromètre Trust 2018 publié par Edelman, 60% des personnes ne font plus confiance aux entreprises de médias sociaux. Dans un contexte des « Fake News » et de manipulation de données, les utilisateurs sont devenus méfiants vis-à-vis des influenceurs, tant des célébrités que des personnalités des médias. Dans un renversement majeur, la confiance est revenue aux amis immédiats, à la famille et aux proches connaissances sur les médias sociaux, des individus dont la crédibilité personnelle parle beaucoup plus que la taille de leurs successeurs.

Pour les entreprises qui utilisent les médias sociaux, cela représente un défi délicat dans un futur proche. Utiliser les médias sociaux en tant que canal publicitaire supplémentaire semble de plus en plus déphasé par rapport aux normes sociales et aux préférences des utilisateurs. Au lieu de cela, les entreprises progressistes se concentreront moins sur l’optimisation de la portée et davantage sur la création d’un engagement transparent et significatif

L’éphémère s’impose

Déjà en 2018, le responsable des produits de Facebook, Chris Cox, a noté que Stories dépassait les flux en tant que moyen principal de partager des informations avec ses amis. Cette évolution vers des modes de participation plus personnels sur les médias sociaux se répercutera sur le type de contenu partagé. Au lieu de publier sur leurs flux d’actualités, les utilisateurs partageront de plus en plus des «Stories» avec leur réseau. Contrairement aux mises à jour standard, ces diaporamas éphémères disparaissent généralement après une journée et ils se multiplient 15 fois plus rapidement que le partage basé sur le flux, avec plus d’un milliard d’utilisateurs de Stories sur Instagram, Facebook, WhatsApp et Snapchat.

Très bientôt, les entreprises qui souhaitent rester pertinentes sur les médias sociaux devront améliorer leur jeu des Stories. L’intégration de la vidéo, de graphiques simples et d’un arc narratif est essentielle, mais il est important de ne pas perdre de vue l’authenticité. Ce qui est clair, c’est que, en particulier pour les utilisateurs du millénaire et de la génération Z, les Stories sont une seconde nature et que le fil d’actualité pourrait céder son trône.

Par Jean-Fraterne Ruyange

Les femmes sont désormais l’une des attractions touristiques en Ouganda

Le ministère ougandais du tourisme organise le concours Miss Curvy (Miss Ronde) et liste les femmes parmi les attractions touristiques. C’est vrai, les femmes ougandaises peuvent provoquer une certaine attirance avec leurs hanches bien larges mais je trouve cela quand même dégradant. On dirait une sorte vente aux enchères de ces beautés séduisantes aux touristes.

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Crédit photo : Jean-Fraterne Ruyange

Je ne prétends pas être expert tourisme mais je pense qu’inclure les femmes – rondes ou pas  –comme attraction touristique équivaut à les ajouter au Big 5 (lion, léopard, éléphant, buffle et rhinocéros). Pour moi, un concours qui célèbre les rondeurs, signe de fertilité chez la femme, ne pose aucun problème dans la mesure où il est restreint en tant que célébration locale. Mais essayer d’en tirer profit en vendant les femmes comme un produit touristique est déconcertant.

Jusqu’à ce jour, les concours de beauté avaient toujours été différents du fait que les femmes soient classées comme attractions touristiques. C’est dégradant.

La définition d’une attraction touristique dénude la femme de sa dignité :

« Une attraction touristique est un lieu d’intérêt où les touristes se rendent, généralement pour sa valeur naturelle ou culturelle, inhérente ou exposée, son importance historique, sa beauté naturelle ou bâtie, offrant des loisirs et des divertissements. » – Wikipedia

Le tourisme est l’une des principales sources de devises pour l’Ouganda, elle a généré 1,4 milliard de dollars l’année dernière, selon les statistiques gouvernementales. Cependant, la plupart des touristes visitent l’Ouganda pour ses parcs nationaux où figurent diverses espèces fauniques telles que les gorilles et les oiseaux, entre autres animaux. Ils aiment aussi voir le Nil, les lacs de cratère et les montagnes. C’est bien cela qui a valu à l’Ouganda le surnom de « La perle de l’Afrique ».

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Poster du concours Miss Curvy
Photo : Organisateurs

 

Et quand je repense aux loisirs et à l’amusement, qui résument les attractions touristiques, cela me rappelle la triste histoire de Sarah Baartman. Les questions qu’il sied donc à se poser face à cette situation sont les suivantes : combien de femmes ougandaises seront crucifiés au nom de la promotion du tourisme? N’est-ce pas une façon de leur dépouiller de leur conscience et permettre au reste du monde de jeter des dés sur leurs fesses ? Cela ne dégradera-t-il pas l’essence de la féminité des femmes ougandaise ?

A lire aussi : Ces 4 choses que vous ne saviez pas sur les femmes ougandaises

La perle de l’Afrique mutilée pour un peu de visibilité

Je ne trouve aucune créativité dans le fait de réduire les femmes courbées aux attractions touristiques. Cela s’apparente plutôt, d’une manière indirecte, à la promotion du tourisme sexuel. Cette démarche est misogyne et sexiste malgré le fait qu’elle vise l’amélioration des moyens de subsistance des femmes.

Lire « femmes » et « attractions touristiques » dans la même phrase est bien triste car nous sommes dans un moment où la femme doit être célébrée pour son innovation, sa créativité, sa santé mentale et son autonomisation, pas pour la taille de son postérieur.

Et si cette tendance arrive à inverser les tendances touristiques, à quoi serviront les paysages vallonnés de l’Ouganda souvent pris pour un safari ? Sa flore et sa faune qui peignent ses parcs nationaux ?

S’il existe de nombreuses façons pour les femmes de contribuer au développement d’un pays, le fait d’être des attractions touristiques ne devrait pas en faire partie.

Lettre à Rémy NGONO : Joseph KABILA reste le président de la RDC

Cher Monsieur Rémy Ngono, je m’intéresse à vos réflexions sur l’Afrique et sur ses questions des sociétés. Votre verbe est fulgurant. Cependant, il me semble de plus en plus déplacé, en ce qui concerne mon pays, depuis les élections du 30 décembre dernier.  Voici le fondement de mon inquiétude

De prime à bord, je tiens à vous rassurer : je ne suis qu’un jeune blogueur. Sans autant de notoriété que vous dans l’espace publique. D’ailleurs, je ne suis pas très sûr que ma lettre vous parvienne. Mais si jamais c’est le cas, je serai heureux de lire votre réponse, même en commentaire.

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Joseph Kabila, président de la RDC 2001-2018
Photo: Wikicommons

Mon inquiétude tient justement à la notoriété dont vous jouissez : je pense à la pluralité de jeunes africains qui, comme moi, vous prennent pour un modèle, un exemple et un leader à suivre.

Sur le cas précis de la RDC, en effet, je crois que les publications sur votre site « Coups Francs » sont en déphasage total avec la réalité. Laissez-moi vous éclairer cela en trois points :

  1. Un changement dans le régime diffère d’un changement de régime

C’est une série dont le titre le mieux adapté est « un imposteur peut en cacher un autre ».  S’il y a des Congolais qui s’acharnent à réclamer la vérité des urnes, ce n’est pas qu’ils témoignent de la haine en la personne du président « élu ». C’est simplement qu’ils sont conscients qu’un État de droit n’est ni bidouillage ni compromission. En tant que citoyens, c’est le peuple que nous défendons et non des personnes. C’est pour les valeurs démocratiques que nous nous battons pour redorer la mère patrie qui nous a vus naître.

Les Congolais ont affaire à la plus grosse escroquerie électorale que seuls les ennemis du Congo feront passer pour de la haine. Nous avons assisté à un hold-up électoral, une escroquerie sans nom. Les Congolais étaient sur le point de vaincre les fantômes de leur histoire mais c’est encore 5 ans qu’ils vont amèrement consommer en otage.

Dans le cas de figure, le Congo va connaître l’alternance au pouvoir mais pas l’alternance politique. Or, pour mener des réformes structurelles, il faut l’alternance politique. Il faut forcément cette alternance politique pour gouverner autrement.

Imaginez un peu François Hollande qui continue à occuper les Champs Élysées après l’investiture de Macron qui, lui, va diriger la France à partir du Quai d’Orsay. Voilà c’est ce qui se passe au Congo : l’ex-président continue à occuper la résidence officielle du président de la République. C’est qui le boss ?

Bien plus, comment expliquer qu’un regroupement politique avec moins de 20% des voix aux présidentielles peut se retrouver avec plus de 70% des voix aux législatives que ce soit nationales et provinciales ?

Tshisekedi risque de se retrouver avec un bureau mais sans pouvoir. Comment fera-t-il passer une loi alors que le pouvoir législatif n’est pas de son côté ? Pire encore, dans les arrangements particuliers qui ont favorisé sa nomination, Tshisekedi a hypothéqué les pouvoirs régaliens : la primature, la défense nationale, la justice et les finances. Finalement à quoi va lui servir cette présidence ? Et où se trouve l’intérêt du peuple dans tout ça ?

  1. Tshisekedi n’est pas un président élu, c’est un président nommé
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Des agent de la CENI portant une urne dans un bureau de vote
Photo: Flickr

C’est difficile de nous accorder tous sur qui a remporté les élections. Soyons au moins d’accord que la publication des résultats bureau par bureau est impérative.  Cela rendrait cette supposée victoire de Tshisekedi plus transparente et mettrait tout le monde à l’aise. Je ne sais pas dans quel pays au monde se disant démocratique, on donne des résultats globaux des élections sans faire état des résultats partiels.

Kabila est un fin stratège. Mieux que Mobutu, il ne tue pas ses opposants mais il les manipule très bien. Nous avons voté sous la lumière du jour, Tshisekedi a été proclamé vainqueur nuitamment par la CENI. Et la cour constitutionnelle qui est venu mettre le coup du KO, l’a aussi fait dans les ténèbres. Ce qui démontre suffisamment qui la vérité des urnes s’est fait éclipsée.

Voilà une situation délicate dans laquelle est plongé le peuple congolais. La situation sera encore pire que sous le règne de Kabila. Thisekedi va certainement régner mais il ne va pas gouverner, à l’image du président allemand. D’ailleurs, pour commencer, c’est l’ex-président, réticent, qui aurait sélectionné les présidents invités à l’investiture de son successeur.

Tout le pouvoir reste concentré entre les mains du président fabricateur, le président fabriqué n’aura que l’ombre du pouvoir. Si Kabila a nommé Tshisekedi c’est parce qu’il a vu en lui un homme plus manipulable que le réel vainqueur des élections. D’ailleurs, si Tshisekedi aurait gagné pour quoi a-t-il négocié ?

  1. Le peuple a voté et KABILA a élu

A quoi ça sert la démocratie si ce n’est à exprimer la volonté du peuple qui est le souverain premier dans un État de droit ? A quoi ça sert l’alternance politique si elle ne reflète pas la vérité des urnes ? Ce qui me ronge le cœur c’est le fait de voir comment les maux du pays doivent s’expliquer par l’égoïsme de certains acteurs politiques. L’histoire jugera très sévèrement ces acteurs qui, une fois de plus, sont dans des calculs personnels.

Le feu Étienne Tshisekedi criait toujours haut et fort « Le peuple d’abord ». Actuellement Félix vient de piétiner la mémoire de son père en montrant à la face du monde que c’est ses intérêts personnels d’abord. La volonté du peuple, les valeurs démocratiques, tout cela vient après.

Si les Congolais se sont laissé faire en allant à ces élections malgré toute la tricherie qui a été organisé derrière c’était dans l’espoir de sanctionner ce semblant de démocratie qui les a plongés dans le désespoir. Alors que c’était déjà une mission accomplie, il y a une « alternance » qui donne l’impression d’un pays faisant un bond vers l’inconnu.

Nous autres Congolais, savons transcender nos ressentiments afin d’œuvrer pour l’apaisement. Nous savons combien notre pays en a besoin pour panser les plaies de ces élections truquées et se projeter vers l’avenir. Il convient, cependant, de diagnostiquer la vraie cause de ses plaies afin de prescrire les médicaments qu’il faut…

Kabila n’est pas parti tête haute comme il le prétend. Et il n’est pas non plus un exemple pour qui que ce soit. Que ce soit pour les autres dictateurs africains, que ce soit pour la jeunesse. Il est parti parce que le peuple le lui a obligé. Il n’y a pas longtemps il donnait l’ordre de tirer à balles réelles sur les manifestants. Il les a traqués jusque dans des églises et des hôpitaux. Ce combat du peuple a coûte la vie aux bébés dans des maternités…

L’Union Africaine, l’Union Européenne, la France et les États-Unis auront beau prendre acte de ce vol du siècle, nous en prenons aussi acte. Cependant, quand il y a une partie de l’Afrique qui subit une telle atrocité, en tant que dignes fils du continent, nous devons hausser le ton pour le décrier et le dénoncer. Comme l’ont fait les pères de nos indépendances, l’esprit panafricain dans nos âmes des patriotes. C’est ainsi que nous parviendrons à imposer au monde l’image d’un Afrique que nous voulons pour notre progéniture.