A propos rempartcongolais

Né le 22 septembre 1994 à Goma, en République démocratique du Congo, je suis un jeune poète passionné et bercé par l’écriture depuis ma tendre enfance. Je gratte mes envies et mes peurs dès le banc de l’école. C’est ainsi que j’ai été lauréat du manuscrit francophone en 2016. Aussi, suis-je l’auteur de l’hymne de l’Université Libre des Pays des Grands-Lacs où je poursuis mes études universitaires en Droit. Rependre l’amour et la paix est la mission que j’assigne à ma plume.

Mon coup de foudre pour le Rwanda

« Dieu se trouve partout mais le soir il revient dormir au Rwanda », proverbe Rwandais.
Je n’ai jamais compris la philosophie de ce proverbe et cela ne me surprend pas car le pays des milles collines c’est aussi le pays des milles surprises. Mais pourquoi Dieu devrait opter pour le Rwanda comme unique dortoir ? Mon récent voyage dans ce paradis africain m’a permis de le découvrir.
Mon voyage commence à Gisenyi, une ville qui est à l’Ouest du Rwanda et qui partage la frontière avec Goma, la ville congolaise qui m’a vu naître. De Gisenyi, j’ai pris un bus qui devait m’emmener à Kigali, la capitale Rwandaise. Avant de fouler le sol de la capitale, c’est le paysage verdoyant qui a le plus attiré mon attention, au point de me faire oublié que j’avais un livre en mains.

Nous avons marché sur des nuages

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Du brouillard dans des vallées au Rwanda
CC : Pixabay

Après 4 heures de route, mes yeux se sont posés sur des grattes-ciels, perchés sur des collines. Une ville qui s’élève sur des montagnes comme pour imposer à tous les regards de se tourner vers elle. A côté des ces maisons grandioses, ce sont les arbres qui dominent le visage de Kigali. L’air y est frais et le climat doux. De quoi charmer Imana (Dieu en Kinyarwanda) en lui offrant un environnement de choix pour son repos vespéral.

Il n’y a pas que les maisons qui sont perchées au Rwanda. Les routes aussi. Elles parcourent des collines élevées en offrant une vue panoramiques dans les profondeurs des vallées exhalant du brouillard tout alentour. Je me suis attardé sur ce spectacle on ne peut plus alléchant où j’ai vu le vent emporter des brouillards épais sous forme des nuages.
Je me suis retourné vers Providence Baraka, mon compagnon de voyage et lui ai soufflé : « regardes, nous marchons sur les nuages ». Sans vous mentir, pendant un laps de temps je me croyais déjà au ciel. Se retrouver au-dessus des nuages ça n’arrive pas deux fois dans une vie.
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Une route tracée sur la montagne
CC : Pixabay

Si Dieu a vraiment créé le monde, Il doit être fier de son chef-d’œuvre qu’est le Rwanda. A sa place, je n’aurais pas non plus besoin de passer mes nuits ailleurs, mis à part les exigences de l’ omniprésence. Ce pays offre une attraction hors-norme : des rivières par ci, des chutes d’eau par là. Des montagnes verdoyantes se suivent à perte de vue. Devant ce tableau merveilleux, mon ami Providence, ébahi, s’est exclamé : « Au Rwanda, c’est plus de milles collines. »

Le Rwanda est amour

Arrivés à Kigali, Providence et moi avons eu un problème de communication. Nous avons eu du mal à trouver un cyber café et communiquer avec les habitants de la ville n’a pas été chose simple. Alors que les Rwandais sont sensés être polyglottes, ils ne parlent mieux que le Kinyarwanda. La transition du pays de la francophonie vers l’anglophonie pèse encore sur les Rwandais, ils sont partagés entre un Français en agonie et un Anglais inaudible.
Curieusement, cela ne nous a pas coûté trop cher car les  Rwandais comprennent avec le cœur. Ils nous ont compris sans nous entendre. Qui plus est, cela nous a plutôt valu assistance. Je me souviens que, quand il m’a fallu passer un appel dans une cabine, j’ai été exempté du payement pour le simple fait que le revendeur d’unités a compris que j’étais un étranger. « C’est un service rendu », m’a-t-il dit.
Je me suis senti bien et fier de me retrouver étranger au Rwanda car cela m’a fait découvrir le degré de générosité de ce peuple enthousiaste. Si l’amour est charitable, le Rwanda est amour comme Dieu l’est aussi. Imana avait donc raison d’établir son dortoir au Rwanda car il est amour et il ne peut que vivre au milieu d’un peuple qui aime inconditionnellement.

Mohamed Salah, ballon d’or 2018

Comme l’avait bien souligné mon compatriote Franck Ngonga dans un article sur son blog, le football européen a déjà volé la vedette au football congolais et c’est aussi bel et bien le cas pour tous les autres pays africains.
Maintenant que nous sommes à quelques jours de la finale de la Ligue des Champions européenne, cet événement fait couler autant d’encre que des salive en Afrique. Le débat y est houleux, plus encore qu’en Europe je suppose, et il prend de plus en plus  d’ampleur sur les réseaux sociaux.
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Une image montrant Salah avec le ballon d’or
CC Seneplus

Bien que Mohamed Salah et Sadio Mané ne soient pas les premiers africains à accéder à la finale de cette prestigieuse compétition, les yeux de tous les Africains amoureux du ballon rond sont tournés vers eux. L’Afrique souhaite que Liverpool écrase le Réal Madrid, tenant du titre, lors de la finale de Kiev ce 26 mai 2018. Derrière ce rêve, car il le demeure jusqu’à preuve du contraire, il y a l’espoir de voir un africain sur le podium du ballon d’or.

La fin de la rivalité Ronaldo-Messi ?

Depuis une décennie déjà, Cristiano Ronaldo et Lionel Messi règnent en seuls maîtres sur le podium du ballon d’or. Quand ce n’est pas l’un qui remporte ce trophée, c’est l’autre. Ils ont fait du ballon d’or leur bataille individuelle. Chacun des deux joueur prend les succès de l’autre pour en faire ses catalyseurs.

Ils ont tellement dominés le paysage footballistique qu’aujourd’hui la plupart des amoureux du ballon rond sont soit pro-Ronaldo, soit pro-Messi. Dans l’envie d’être le meilleur, ils placent la barre de plus en plus haut à chaque fois, et les autres prétendants cèdent toujours. Mohamed Salah va-t-il sortir du lot ?

Les chances pour Mohamed Salah

Si Lionel Messi a emmené les siens au sacre en Liga, Ronaldo est au point de faire de même en Ligue des champions. Signalons en passant qu’ils sont respectivement meilleurs buteurs de ces championnats. En cas de sacre du Réal Madrid à l’issue de la finale de Kiev, tout sera fini pour Mohamed Salah et nous attendrons que la coupe du monde départage ces deux poids lourds.

Dans le cas contraire, Mohamed Salah sera parti du bon pied en remportant la Ligue des Champions car Ronaldo sera de ce fait provisoirement éliminé de la liste des prétendant au ballon d’or cette année. Si pas totalement, ses chances de remporter ce précieux trophée individuel seront minimes.

De ce fait, le duel sera signé Messi-Salah et là, il y aura encore la coupe du monde qui s’invitera pour trancher. Il faudra alors que l’Égypte de Salah fasse mieux que l’Argentine de Messi. Ce qui reste un rêve. Mohamed Salah est donc, pour le moment, le seul à pouvoir s’interposer entre les deux. Cependant, même si l’enjeu est grand, ses chances restent aléatoires.

Une première pour un Africain ?

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Georges Weah, le premier africain ayant remporté le ballon d’or
CC : Wiki commons

Si tout se passe comme le souhaitent les Africains, Mohamed Salah ne sera pas le premier joueur du vieux continent à remporter le Ballon d’or. Georges Weah, l’actuel président du Liberia et l’ancien sociétaire de l’AC Milan l’a remporté en 1995. Cela vient confirmer l’idée que Mohamed Salah a bien sûr aussi le droit  d’y rêver, tout comme ces milliers d’Africains qui attendent voir « Mohamed Salah ballon d’or 2018 » !

Le livre résistera-t-il à la numérisation du monde ?

Je me permets de me poser cette question car le monde actuel est en pleine mutation vers cyber-génération où tout est sur le web! L’internet favorise aujourd’hui bien des choses, en scrutant presque tous les domaines de la vie. À la limite, le web est quasi indispensable. Qu’en est-il de la littérature?

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Un tas des livres
Photo; PxHere, image libre de droit

Par Jean-Fraterne Ruyange

Désormais, les étudiants ne se posent plus de questions quand il s’agit de devoir trouver des informations pour un dossier ou une présentation: ils interrogent leur meilleur ami : Google.

Le réflexe de leurs parents était tout autre, faisant le succès des bibliothèques. Cette évolution doit-elle être considérée comme un progrès ou comporte-t-elle des risques? Quelle sera le sort du livre si ce comportement prenait des proportions encore plus grandes?

Dans quelle mesure le livre est-il menacé par les technologies nouvelles ?

Les partisans des méthodes nouvelles ont toujours tendance à surestimer leur effet sur le cours normal des choses, comme si quelque nouveau rouage dans le mécanisme pouvait immédiatement fournir la panacée à tous les problèmes de la planète. Dans les années 30, la radio, et dans les années 50, la télévision, ont été exploitées pour différentes causes. Nul ne saurait nier que ces moyens, utilisés au mieux, ont fourni (et fournissent encore) des programmes originaux et novateurs. Mais ils n’ont pas remplacé le livre : en vérité, de nombreuses émissions de radio et de télévision ont dû être accompagnées de livres.

Tous ces concepts ont au début l’avantage de la nouveauté. C’est un changement agréable de regarder et d’écouter un programme de télévision au lieu de regarder et d’écouter un troubadour. Mais, dans les sociétés occidentales au moins, où elles existent depuis longtemps, la radio et la télévision ont perdu l’attrait de la nouveauté ; elles sont devenues plutôt un fond presque continu. I1 est tout à fait banal de voir des enfants en train de lire devant leur poste de radio ou de télévision. La lecture exige quelque effort de concentration intellectuelle, ce que la radio et la télévision n’exigent pas.

Il serait assurément insensé de prédire que les avancées technologiques quotidiennes n’auront pas sur le livre un aussi grand impact que certains de ceux qui les ont précédées. Les opinions varient largement quant à l’influence probable de l’internet sur la lecture et l’écriture des livres. On ne pourra la mesurer avant quelques années, pas même dans les pays avancés.

Quelques points inquiétants

– La question de la gratuité

Le livre est peu à peu dans la sphère du numérique et beaucoup s’inquiètent de le voir subir dans l’avenir le même sort que la musique. Le téléchargement illégal de la musique n’est plus uniquement le fait de quelques pirates isolés, aujourd’hui, malgré les lois contre le téléchargement illégal. Ce sont des milliers d’internautes qui font le choix de ne plus payer pour obtenir de la musique.

– La guerre pour le monopole

Trois grandes entreprises s’enthousiasment sur l’avenir du livre numérique en renforçant leur techniques d’innovation. Apple tente de s’imposer sur le marché du livre après avoir remporté une victoire dans le domaine des smartphones. Son concurrent le plus sérieux, Amazon, assure que, de nos jours, la commande des livres numériques transcende celle des livres sur format papier.

Enfin, l’entreprise américaine Google détient actuellement un grand réservoir de documents numérisés en ligne. Google Books Search est aujourd’hui encore libre d’accès et pose de nombreux problèmes quant au respect du droit d’auteur.

Une cohabitation forcée

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Bouquin électronique iLiad en plein soleil sur une pile de livre
Photo: Wikicommons, image libre de droit

Les différentes mutations du livres au fil du temps semblent avoir suscités des réactions comparables à celles provoquées par l’apparition du numérique. Le livre et la lecture ont maintes fois été l’objet des prédictions moribondes et bien souvent, les intellectuels se sont montrés inquiets face aux nouvelles techniques.

« Le passage du manuscrit à l’imprimé a permis d’augmenter considérablement la porté d’une œuvre en facilitant sa diffusion », nous confie Grerbert Pauline. Ce changement d’échelle rappelle notamment ce qui se produit avec internet où les frontières spatiales mais aussi temporelles sont désormais abolies.

Si, d’un coté, aller sur Internet permet d’accéder en un temps record à une grande quantité d’informations ; d’autre part, préciser ses sources à la fin d’un projet, les livres font toujours bonne impression, prouvant que l’on s’est investit dans des recherches.

Si, les autres moyens précités (la radio et la télévision) n’ont pas pu mettre un terme à l’usage du livre mais ont plutôt été des moyens favorisant la vulgarisation de la lecture, l’internet va aussi, sans l’ombre d’un doute, être utile pour les mêmes fins.

Le livre perdure mais peut-être pas à la façon dont on entend l’écho des sentences des éternels gourous virevoltants. Ce n’est pas la permanence du livre que je préconise, c’est la coexistence de médias différents sans qu’il y ait forcément de médium dominant. Et là est peut-être la véritable nouveauté.

Il est difficile de surestimer les avantages du livre. C’est un objet de faible dimension et facilement transportable. Il est complet en soi, totalement indépendant de toute source d’énergie et n’est pas sujet à des pannes de mécanique.

On peut l’étudier n’importe où, à n’importe quel moment. Il est permanent. Il est bon marché. Celui qui l’utilise peut y ajouter ses propres informations ou commentaires. On peut difficilement imaginer un support d’instruction plus efficace ou ayant un meilleur rapport coût-efficacité.

Divorcer ou souffrir, opte pour le moindre mal

Seulement quelques mois après votre mariage, le symptôme du divorce a plané sur votre couple. Celui qui était supposé te protéger est devenu ton pire cauchemar. Toi, ma sœur, affamée du bonheur, au barreau du conformisme social, tu t’es retrouvée condamnée à avoir chaque jour trois repas complet d’affliction et de l’amertume au dessert !

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Image utilisée à titre d’illustration
Photo : Wikicommons, réutilisation autorisée

Tu croyais suivre la bonne voie, celle que nous imposent nos traditions. Tu as dit au revoir à ta famille, à tes amis, tu lui as pris la main, pensant être en la compagnie du prince charmant alors que derrière sa coquetterie se cachait un crapaud. Tu lui as ouvert le cœur mais lui t’a ouvert les veines. Il te fait saigner, il te fait pleurer, il te rend malheureuse.

Tu as fait fausse route, tu le sais, tu le sens, mais c’est cette bague au doigt qui continue de te dicter : « C’est cela le mariage, tu dois le supporter. » Non, moi je ne suis pas de cet avis. Le mariage c’est pour le meilleur et pour le rire ; au diable le pire ! Et tu sais quoi ? Le diable, il faut le fuir.

Tu n’as pas raté ta vie

Tu es encore trop jeune pour noyer ton enthousiasme dans un quotidien maussade. Ta vie tourne à l’orage, pourquoi t’obstines-tu à rester dans ce navire qui chancelle ? Abandonne ces mauvaises vibrations, ces ondes négatives qui te retiennent dans un mariage qui ne fonctionne que de nom et d’apparence.

Tu as le droit d’y croire, oui, je sais combien c’est difficile mais il y a une vie après le mariage, rassure-toi. Certes, des regards lourds vont se poser sur toi mais que cela ne ralentisse pas envie d’avancer. Si la société va discréditer la femme que tu es, ne cherche pas à te justifier car une divorcée n’est pas une femme ratée, c’est juste une femme qui est tombé sur un mari taré.

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Photo : Pixabay.com

Tu lui as donné une deuxième chance, une troisième, puis une quatrième et ainsi de suite… Au lieu de changer, il a ancré en lui sa grossièreté et son obscénité. Regarde, combien autour de toi ont perdu leur vie en essayant un mariage râpé, combien se sont retrouvées avec des handicaps physiques et/ou émotionnels en tentant de sauver l’honneur d’un foyer infâme ?

Tu le sais bien, il n’y a rien que tu puisses encore sauver. Tout comme ce qui est mort ne peut mourir1, on ne peut distinguer un cadavre d’un défunt. Alors ce qui te reste, c’est de chercher à sauver ta peau. Tu as encore toute la vie devant toi, tu as encore le temps de te remettre et de vivre, ou mieux de goûter à la vie.

Je t’écris tout ça juste pour te dire que si tu savais quel destin te réserve Dieu, tu t’en irai danser nue sur la plage2 au lieu d’aller te faire tuer par ton débile de mari ivrogne qui ne sait pas voir le charme de ton sourire, les étincelles de tes yeux et l’éclat de ton visage. S’il veut se débarrasser de toi, tant pis pour lui, laisse-le, nous tes amis, nous ta famille, nous ne voulons pas te perdre

1Devise des habitants des îles de fer dans la série « Game of thrones ».
2Prophétie faite par un sage à Rollo, frère de Ragnar Lothbrok, qui se plaignait de sa misérable vie dans la série « Vickings »

Ma première fois en prison : les trois leçons retenues

Oui, c’est arrivé. Normalement, je devais avoir honte d’en parler car j’avais fait le serment que « mes pieds ne fouleront jamais une prison ». Hélas ! le serment a été violé… Bah, voilà, j’ai été en prison. Comme je ne me reproche rien, comme je n’ai commis aucun crime , je crois qu’il faut que je partage la mésaventure qui m’a conduit jusque-là, ainsi que les trois leçons que j’ai pu en tirer.

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Image utilisée à titre illustratif
Photo: Wikicommons

Un peu de lumière pour comprendre l’histoire

Tout commence ce samedi 31 mars. Je rentrais de mes routines journalières, quand j’ai entendu sonner mon téléphone avant même de rejoindre le toit familial. Au bout du fil, l’une de mes grandes sœurs, d’une voix pleine d’affliction, me disant : « Viens vite, je suis foutue, ton beau-frère vient encore de faire ce qu’il sait faire le mieux. » Conscient des épisodes malheureux qu’elle est en train de vivre dans son foyer, j’ai tout de suite compris que quelque chose clochait.

Je me suis donc précipité chez elle et, sans surprise, je l’ai retrouvée dans un état critique, non parce qu’elle était malade mais parce que son mari avait disposé sérieusement d’elle. Mon premier réflexe était d’appeler les secours, ce que je fis. Elle a été conduite à l’hôpital et comme il commençait à faire nuit, je suis resté chez elle, question de veiller sur sa maison, son lâche de mari ayant déjà fuit l’affaire.

Le lendemain matin, son mari revint avec une meute armée jusqu’aux dents de toutes les menaces et insultes du monde : « Celui qui est dans notre maison doit voir aujourd’hui de quel bois nous nous chauffons », clamaient-ils. Épeuré, je me suis enfermé dans la maison, me sachant pas assez fort pour les affronter tous. Entre temps, ma grande sœur avait entamé une procédure auprès de la police pour faire arrêter son bourreau de mari.

J’attendais donc l’intervention de la police pour sortir enfin de sa maison sans risquer de me faire… Mais son mari n’a pas attendu, il a aussi fait appel à la police pour me faire sortir de la maison. Et comme on le dit souvent : « Quand le mal prend l’ascenseur, le bien  prend l’escalier ».

L’intervention demandée par le bourreau a été plus rapide que celle de sa victime, ayant était motivée. Sans rien demander, sans vouloir appréhender la réalité des choses, la police a directement procédé à l’effraction, juste pour saisir le petit poète et blogueur étudiant que je suis.

Jusqu’à trois portes ont été cassées par la police nationale congolaise pour me faire sortir de ma cachette. Baïonnettes, coups de poings, coups de pieds, injures… sont les mets qui ont assaisonné la coupe des tortures que m’a fait avaler notre police toute puissante, me laissant le goût salé du sang plein la bouche. Ils m’ont donc emmené comme un vrai criminel, ligoté, les coudes serrés l’un contre l’autre dans le dos.

Voilà en résumé la suite des événements qui m’ont conduit jusqu’en prison. Heureusement, la souffrance est aussi bon professeur que la joie. De cette expérience malheureuse, j’ai donc retenu quelques leçons.

1. La police protège les pots de vin et ceux qui les paient

Les OPJ alertés par ma grande-sœur sont donc arrivés quand j’étais déjà aux arrêts. Ils devaient alors intervenir pour que je sois libéré avant de poursuivre leurs enquêtes. Une fois libre, mes effets extorqués par la police étaient portés disparus. Je ne sais pas si je dois parler de vol ou comment. Quand les policiers prenaient ces objets, ils les mettaient directement dans leurs poches. Je peux donc en déduire que leur intention était de voler.

Il s’agissait de mon sac à dos contenant un ordinateur portable, son chargeur et tant d’autres petits trucs dont mes écouteurs, mon chargeur, ma montre, mes flashs disques… ; mon portefeuille contenant ma carte d’électeur, trente dollars U.S et quelques francs congolais ; voire même mon mouchoir contenant de la mor**. Quelle honte !

Ayant constaté que le criminel était leur bienfaiteur, celui qui les a payés pour qu’ils me torturent, ces même policiers ont organisé son évasion. Alors qu’il devait être mis en détention préventive pour faciliter les enquêtes, il a ainsi échappé aux officiers de police judiciaire (OPJ), grâce au professionnalisme cynique de notre police.

2. L’unité de mesure de la loi c’est l’argent

Le lendemain, un mandat d’arrêt a été émis contre mon « beau-frère ». Accompagné par les OPJ, nous avons tenté tant bien que mal de le retrouver et, Dieu aidant, nous l’avons retrouvé. Il a été mis en détention préventive le temps que les OPJ dressent un procès-verbal sur mes déclarations. Je l’ai donc laissé entre les mains de la justice en attendant que justice soit faite. Curieusement, dans la soirée, on m’a rapporté qu’il circulait au quartier en homme libre.

« Comment est-ce possible ? », c’est tout ce que je me suis murmuré. Pendant que sa femme croupissait à l’hôpital, sans tenir compte des circonstances aggravantes de son forfait au vu de ce qu’il m’a fait subir, un trait était déjà tiré sur l’affaire qui l’incriminait. Des fuites selon lesquelles il a déboursé jusqu’à 1000$ nous sont aussi parvenues.

L’affaire était donc classée sans suite. Les dommages subis par ceux qui ne peuvent pas acheter la justice, on s’en tape ! C’est ta capacité à remplir les poches des hommes des lois qui te place au-dessus ou au-dessous de la loi.

3. L’État est mort, vive la jungle

La justice congolaise entonne chaque jour le requiem de la « Res publica »Mais les gros poissons avalent les petits sous les yeux indifférents de la loi. L’actuel paysage politique du pays en est l’argument le plus éloquent. L’impunité prend des drôles des proportions qui débouchent pour la plupart sur les règlements des comptes, la vengeance, tout ça de la faute de la justice.

Imaginez un peu, un pauvre étudiant extorqué de tout ce qu’il possédait et que la justice l’abandonne à son triste sort… Quel serait son premier réflexe ? Ou alors une femme battue à mort par son mari, puis abandonnée sans aucune assistance…

Cela ronge le cœur, crée la haine et la rancœur. Oui, je n’ai pas peur de le dire, ces bavures judiciaires nous plongent dans une jungle qui ne dit pas son nom. Je ne suis pas le premier à en être victime, c’est pourquoi je ne vais pas taire ces aberrations. Au-delà de démasquer les promoteurs de ces absurdités, je suis aussi prêt à les déshabiller pour que leur folie criminelle soit enfin mise à nue.