La maison de la femme de Goma aide les Congolaises à s’émanciper

Le statut de la femme est en train de changer, mais cela ne va pas toujours dans le bon sens. C’est en tout cas le constat que j’ai par rapport à la journée internationale des droits de la femme. Je suis sur que mon avis sera partagé par plus d’un.

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Des femmes qui défilent à l’occasion de la journée internationale des droits de la femme.
Photo : Flickr, réutilisation autorisée

Par Jean-Fraterne Ruyange

En cette journée, ma plume a été saisie de rage et ne cherchait qu’à exprime le dégoût que j’ai pour cette journée. Oui, je suis dégoûté en voyant toutes ces femmes vivant dans ma société en tant que femmes et dont on se rappelle l’existence que dans une seule journée durant toute l’année. Ces femmes qui sont exaspérées de tout faire, ces femmes violentées, ces femmes étouffées par le sexisme…

Mise en lumière

Je rêve d’un monde où on aura pas besoin de braquer la lumière sur les femmes pour se rendre compte de leur existence. Ce qui ne veut pas dire que je suis contre la célébration de la journée des droits de la femme. Cependant, tout en m’insurgeant contre les anti-valeurs liés à cette journée, je suis conscient de la valeur de sa célébration, encore plus de l’émancipation de la femme.

La seule chose que je soutienne est donc le fait que la plupart des femmes ne se rendent pas compte de l’urgence de repenser les méthodes de la célébration de cette journée du 8 mars. Comme le dit bien sa dénomination : « Journée Internationale des Droits de la femme », cette journée n’est pas à bourrer par des artifices sournois, des discours aléatoires et des agissements impubères.

Pour la grande partie des femmes de Goma, la date du 8 mars se résume au port des pagnes, aux sorties ambiantes entre femmes pour se divertir – par la musique, la danse et les boissons – et bien plus pour pervertir.

La Maison de la femme, ma consolation

Une des rares initiatives du gouvernement au profit de la société, la Maison de la femme de Goma, est un service du ministère du genre, famille et enfants. Ici, en cette date, il a été question de rappeler à la femme son rôle économique dans un monde en rapide mutation.

Au cœur du discours de cet espace gouvernemental, l’urgence de l’autonomisation de la femme, qui favorise son émancipation. La maison de la femme encadre les femmes en mettant en pratique ce que la professeure Christine Lagarde appelle les 3 L de l’autonomisation des femmes : « Learning, Labour and Leadership ».

Pour ce qui est du Learning, la maison de la femme estime que l’éducation est le fondement même du changement. Parmi les valeurs qui sont inculquées aux femmes, nous avons l’amour du travail et l’envie d’aller de l’avant.

Quant au Labour, la maison de la femme vise à alléger fardeau de la femme qui porte le poids du monde sur ses épaules en la sortant de la pauvreté. Pour renforcer la capacité d’autofinancement de la femme, par le biais des Organisations internationales, la maison de la femme accorde des micro-crédits pour soutenir leurs activités génératrices de revenu.

Pour finir avec le dernier L qui est celui du Leadership, l’idée est de sortir la femme de cette conception « ménagériale » qu’elle lie à son essence. Le but ici étant la célébration de la femme d’influence, ce dernier L est utilisé pour rappeler à la femme qu’elle a le pouvoir d’influence, qu’elle peut être un agent de changement, qu’elle a la capacité de rassembler. Ce qui a permis aux femmes qui ont évolué dans cette structure gouvernementale de retrouver, nourrir et célébrer des valeurs telles que l’authenticité, l’empathie, l’intuition, la créativité, la bonté, le partage et la paix.

Voilà en quelque sorte les piliers sur lesquels repose l’action de la Maison de la femme, convaincue que l’émancipation de la femme ne dépend que de sa capacité à se prendre en charge.

Quand l’église devient la bête noire du pouvoir de Kinshasa

Après le cardinal MOSENGWO, archevêque de Kinshasa, c’est le cardinal EKOFO, évêque de l’ECC (Église du Christ au Congo), le plus important regroupement d’Églises protestantes en RDC, qui a pris à parti les politiques congolais. Dans cet article collectif, nous vous présentons la lecture de 4 blogueurs de la #Blogoma, (Blogosphère gomatracienne), faite sur cette situation.

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Cathédrale de Kisangani
Photo: Wiki commons

 

Textes compilés par Jean-Fraterne Ruyange

Dans mon texte, je vous présente le synopsis du film retraçant la galère de la Majorité Présidentielle face à l’évêque protestant :

En « guerre déclarée » contre l’Église catholique, les politiques de la RDC se sont réfugiés chez les protestants pour honorer la mémoire des héros nationaux Laurent-Desiré Kabila et Patrice-Emery Lumumba. Par surprise, ici aussi l’orage a frappé. Les cieux se sont assombris pour la famille politique de Kabila, comme si la trajectoire d’un ouragan qui ne cherchait qu’à s’abattre sur elle était à ses trousses.

En trébuchant sur Mosengwo, la Kabilie est tombé sur un EKOFO faisant de son homélie en une excellente leçon de patriotisme. Avec des mots clairs et sans détours, telles des claques pour remettre les neurones de la classe politique en place, l’évêque protestant a donné un contenu magistral à l’adjectif « médiocre ».

Cette vérité sortie nue du puits était de nature à mettre à plat les batteries de la MP. Après la défaillance de l’opposition et des mouvement citoyens, la révolution tant attendue en RDC viendra-t-elle finalement de l’église ?

La révolution viendra t-elle de l’Église? s’interroge Innocent Buchu

L’attachement de l’Église au Peuple congolais est visiblement une réalité souhaitée. un besoin, une illumination, un trajectoire de la lumière vers un pays plus beau qu’avant. Les beaux et longs discours des politiciens sont obsolètes. Même sans microscope on sait reconnaître que le peuple n’a plus confiance en eux. C’est normal, lentement, péniblement le peuple a tout compris.

Ils ont signé l’accord et n’ont pas eu le temps ni le courage de l’expliquer au peuple. Les politiques ont faillis à leur mission, les mouvements citoyens sont aussi abattus. Ils dispersent leur énergie dans des luttes aux buts partagés pour finir en « bagatelles ». La situation politique de la RDC inquiète jusqu’à réveiller même les plus mous et le plus dociles. « Seul qui ne vit pas au Congo peut se taire »! L’Église vient ménager le village à fin d’être au milieu comme il se doit.

Toutes ces phrases qui tourmentent la quiétude du pouvoir étaient imprévisibles surtout venant de la part de l’ECC. C’est en tremblant que les membres de la MP présents dans la messe ont reçu la parole édifiante du Monseigneur EKOFO. C’est un combat, une lutte pour la lumière et la vérité. Un bon exemple de la non violence, il ne suffit pas de le dire mais de le vivre.

La constitution, l’accord, la Bible c’est pareil! On ne libère pas un peuple, le peuple se libère !

De sa part, Blaise Ndola n’appuie pas cette confusion qui vient s’imposer entre « foi » et « positionnement politique » :

Je voudrais plutôt appeler ici à dissocier la « foi » des couleurs politiques ou bien le positionnement politique au pays actuellement. Il est évident que le comité de coordination des Laïcs, une institution reconnue au sein de l’Archidiocèse de Kinshasa, était la première institution à caractère religieuse à se lancer ouvertement sur ce terrain au travers de l’opération « Trompette de Jéricho » lancée en collaboration avec certains mouvements citoyens. Toute l’église catholique, à travers ses différentes diocèses et paroisses, n’avait pas suivi ce mot d’ordre. Je me rappelle même des propos du Monseigneur Marcel UTEMBI, président de la CENCO et Archevêque de Kisangani, qui avait dit que les réalités se diffèrent pour chaque diocèse et que chez lui à Kisangani les cloches n’allait pas sonner.

Dire ici que le positionnement par rapport à la situation politique actuelle du pays était liée à l’appartenance à une quelconque foi ne serait pas logique. Tous les catholiques n’ont pas la même position quant à ce. Récemment, le Monseigneur Jean-François EKOFO, lors de la messe en mémoire des héros nationaux a aussi pris position en dénonçant même l’inexistence de l’État au Congo.

Dans son camp, appelé le camp des protestants, il est aussi loin de faire l’unanimité. Certains pasteurs des églises dits « de réveil » continuent d’apporter leur soutien indéfectible aux actuels autorités du pays. Il ne serait pas donc question de « foi » mais plutôt une question de perception personnelle de la situation. Sans oublier que les dits responsables des églises qui prennent position, influencent plus d’un de leurs fidèles.

Chez les catholiques comme chez les protestants, les propos des leaders religieux ne sont pas encore unanimes. Aussi, les deux grands regroupements religieux majoritaires au pays ne sont pas les seuls. D’autres regroupements religieux jusqu’à preuve du contraire soutiendraient encore le régime en place.

Dans son texte, Bienfait Akilimali, quant à lui, trouve la voie de sortie dans ce virage de l’activisme du civil à l’activisme religieux :

De l’huile sur le feu. Entre majorité et opposition, l’église a fait son choix. Après que les anti-Kabila dans toutes leurs couleurs (RASSOP; mouvements citoyens, société civile) aient essayé, en vain, toutes les démarches pour mener à l’alternance démocratique, c’est bien le tour des confessions religieuses. De l’activisme « civil » à l’activisme « religieux »; ne serait-ce pas une voie vers la solution ?

Les hommes de Dieu (évêques et pasteurs) vexés par « la mauvaise foi » du pouvoir manifestent leur dégoût. Désormais ils ne loupent pas l’occasion d’exprimer leur engagement aux coté du peuple chaque fois que les yeux et les oreilles se tendent vers eux. C’est, sans nul doute leur nouvelle stratégie. Ils estiment qu’il est temps que le pouvoir soit rendu au souverain premier, le peuple, pour qu’il se choisisse d’autres représentants pour le bien de tous.

L’élection est hellène, la répression est nègre

L’avenir de l’Afrique ne sourit pas à la démocratie. Il est clair que le casse-tête autour des élections est la preuve la plus tangible de l’incompatibilité entre nos us et coutumes et la démocratie.

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Arrestation brutale en marge d’une manifestation à Kinshasa contre le pouvoir de Joseph Kabila (Photo d’illustration). © AA/Pascal Mulegwa avec son aimable autorisation

Par Jean-Fraterne Ruyange

Chaque fois que je me pose la question de savoir si les pays africains sont démocratiques, je tombe dans l’embarras. J’observe ce qui se passe à l’occident lorsqu’on y parle de la démocratie : la liberté d’expression, l’alternance au pouvoir, l’indépendance du pouvoir judiciaire et toutes les valeurs qui y sont liées. Je me demande ce qu’il nous faut pour enfin apprivoiser ces valeurs qui promeuvent la paix, assurent le développement, raniment l’espoir…

Tout ce que la démocratie a de positif ne se vit pas dans la plupart des pays africains. Mis à part une dizaine des pays, dont la Tunisie, le Ghana, le Cap-Vert, l’Afrique du Sud et la Tanzanie, où les délais constitutionnels sont observés, la démocratie met à feu et à sang le reste du continent noir. Comment y parler de la démocratie ?

D’ailleurs, c’est quoi la démocratie?

Si, pour Abraham Lincoln, « la démocratie est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple », en Afrique il convient de parler d’une démocratie de façade, une démocratie caricaturée.

« Le peuple étant le souverain primaire, il exprime sa volonté à travers la constitution puis lègue sa souveraineté à une poignée de personnes qu’il se choisit pour exercer cette souveraineté, car tous les citoyens ne peuvent l’exercer au même moment. » En tout cas, c’est ce que je pense être la démocratie sous d’autres cieux, sauf dans le berceau de l’humanité.

Est-ce alors le peuple africain qui ne sait pas exprimer sa volonté ou est-ce dans la nature de ses dirigeants de conserver les attributs vétustes du pouvoir que sont la divinité et la sacralité ? Si ce n’est pas ça, qu’est-ce qui expliquerait la monstrueuse dénaturation de la démocratie qui donne à nos jours « le pouvoir du plus fort, par le plus fort et pour les plus forts » ?

La liberté est morte, vive la répression

Une démocratie sans piliers, je ne sais pas si s’en est une. Bouches muselées, médias scellés, libertés bafouées, élections simulacres ou simplement inexistantes. Après le vent des indépendances des années 60 et le vent des démocraties des années 90, maintenant c’est le vent des répressions qui souffle sur le continent noir.

Après les échauffourées au Kenya, où on a assisté à l’annulation des élections présidentielles pour la toute première fois en Afrique, aujourd’hui c’est en République Démocratique du Congo et au Togo où on assiste à des soulèvements des masses.

Les faits ne sont pas que récents, le maintien au pouvoir en 2015 de Pierre Nkurunziza a coûté la vie de plus 2000 Burundais. Les Burkinabés, quant à eux, bien qu’ils aient pu faire partir Blaise Compaoré par les émeutes de fin octobre 2014, on a dénombré plus de 100 blessés et une trentaine des pertes en vies humaines. Et la liste n’est pas exhaustive…

Les urnes, mythe ou cauchemar ?

Certes, il arrive que les pays africains fassent parler les urnes mais ce n’est toujours pas la volonté du peuple qui en ressort comme résultat. Les élections ne sont rien d’autre qu’un moyen de légitimer un pouvoir spolié et arraché au peuple.

Comme Ali Bongo, le président gabonais, l’a dit en 2005 : « En Afrique, on n’organise pas les élections pour les perdre. »

La souveraineté du peuple se trouve donc confisquée par ceux qui détiennent les moyens de contrainte : les forces de défense et de sécurité (armée, police) et l’argent du contribuable (achat des consciences).

Le peuple ne trouve aucun compte dans tout cela. Sa souveraineté n’est plus qu’escroquerie. Il n’a délégué personne et personne ne lui rend aucun compte. On comprend alors que la démocratie n’est pas le système politique qui convient aux Congolais.

A quoi bon se battre jour et nuit pour une démocratie qu’on ne saura pas adopter ou pour des élections qui ne vont apporter aucun changement ? La kyrielle de journées villes mortes et manifestions que nous impose la démocratie ne fait que nous détourner des vrais défis que nous devrions relever. Aujourd’hui, nous ne savons pas voir combien toute l’Afrique avance à reculons, combien l’économie de la plupart de nos pays est aux abois…

A lire aussi ===> La descente aux enfers de l’économie congolaise

Trois choses à retenir du hackathon de l’Institut français de Goma en RDC

Du vendredi 20 au dimanche 22 octobre 2017, j’ai eu la chance d’assister à une activité dont peut rêver tout techno-entrepreneur, grâce à l’Institut Français de Goma, à l’Est de la République Démocratique du Congo. Il s’agit bel et bien d’un hackathon.

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Photo: Institut Français / Des participants au hackathon de l’Institut Français de Goma

 

Par Jean-Fraterne Ruyange

Hackathon, quid ?

Je vais essayer d’expliquer ce mot dont, moi-même, je ne parviens pas à appréhender les contours du sens. Après les trois jours passés à l’Institut français, je ne suis vraiment pas parvenu à donner à ce mot une définition qui puisse dire clairement ce que ce qu’un hackathon.

Cependant, j’ai retenu quelques mots qui peuvent essayer de nous donner une idée sur ce que cela peut bien être : « Entrepreneuriat, NTIC, technologies, Internet, innovation, imagination, créativité, start-up… »

Un hackathon c’est en quelque sorte le mariage de tous ces mots, hélas, je n’ai pas trouvé la bonne manière de les marier. D’ailleurs, il n’y a pas longtemps, ce mot n’existait pas dans le dictionnaire français. Ici, on définit le hackathon comme étant un « événement où des programmeurs se rencontrent pour collaborer au développement des logiciels« .

Maintenant que nous essayons de comprendre un tant soit peu ce que c’est un hackathon, découvrons les trois choses que j’ai retenues du hackathon de l’institut français de la République Démocratique du Congo, halle de Goma.

1. Le futur appartient à ceux qui ont l’internet

Quand je me mets à revivre les projets on ne peut plus innovants qui ont concouru à ce hackathon, leur accent mis sur le numérique, je ne peux, une seule fois, concevoir le monde dans 10 ou 20 ans entre les mains des profanes, en ce qui concerne l’internet.

De la simple gestion du temps à la protection de l’environnement, en passant par l’agro-alimentaire, des jeunes programmeurs de Goma ont innové dans les domaines de la santé connectée, l’agriculture connectée, les objets connectés et la robotique.

2. L’internet, une affaire d’hommes

Pas étonnant de constater que sur les 100 participants du hackathon, il n’y ait qu’une seule présence féminine. L’internet et la femme en République démocratique du Congo, c’est une histoire de désamour. Que faut-il en dire en ce qui concerne l’entrepreneuriat ? A cette question, je me réserve le droit de silence pour ne pas énerver celles qui ont su prendre au sérieux l’opportunisme de la « discrimination positive ».

A lire aussi => En RDC, les jeunes filles doivent se lancer à la conquête d’Internet

3. Il existe l’homme parfait, c’est le programmeur

Ceci est une affirmation gratuite, prétendront les pessimistes. Je ne suis pas moi-même programmeur, je n’ai donc aucun intérêt pour encenser les programmeurs. J’assume quand même mes mots car ce que j’ai vécu auprès d’eux pendant les trois jours du hackathon est simplement remarquable.

Ils ont travaillé pendant 48 heures non-stop, ils ont créé pendant ce temps-là la première société au monde qui n’ait pas besoin d’un chef pour garder sa cohérence. Ils avaient pour seul guide leur vision et pour seule loi leur passion. Pendant 48 heures, aucun dégât enregistré, aucune perte que ce soit en matériels comme en vie humaines. Plus que remarquable…

Congolais, debout !

Toi qu’on froisse, toi qu’on percute, toi qu’on agace, toi qu’on tracasse, toi qu’on harcèle, toi dont le désespoir brouille l’avenir, c’est à toi que je m’adresse.

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Des Congolais fuyant la guerre

Par Jean-Fraterne Ruyange

Congolais, où es-tu ?

Pour que ce soit les autres qui parlent en ton nom, pour que ce soit les autres qui se battent à ta place dans un combat qui n’est pas la leur ? Pourquoi recherches-tu encore de la chaleur sous tes couverts alors que le mépris, l’insolence et la duperie sont les plats dont on nourrit ta patience ? – Ou, disons mieux, ta nonchalance –. Lasse-toi d’assouvir ta patience par les promesses de ces fines mouches car elles ne sont qu’illusoires. Réveille-toi de ton sommeil, sors de ce cauchemar…

Congolais, que penses-tu ?

Quand La Fontaine dans ces fables dit: « Selon que vous soyez puissants ou misérables, les jugements des cours vous rendront noirs ou blancs ». A toi de décider d’être l’âne, et être responsable de la peste, juste pour avoir brouté de l’herbe sans permission ; ou d’être le loup et manger force mouton, sans que cela ne soit menaçant. Et pourquoi pas le lion pour arracher la paix, la tranquillité et la démocratie des mains de ces vautours, ces messagers de malheur qui flirtent avec la mort, qui l’ont pris en otage ?

Souviens-toi, le lion ne négocient pas, il ne se fait pas prier pour avoir sa proie. Il l’arrache par son rugissement. Congolais, qui t’a muselé ? Rugis !

Congolais, que fais-tu ?

Tu vénère la misère qui t’accable, tu plies sous le joug de l’abnégation, tes enfants meurent de faim. Tu ne réagis toujours pas ? Ériges ta bravoure en bouclier de résistance, dresse ta dignité devant toi pour tenir à l’écart la sournoiserie de l’ennemi qui t’asservit et la manipulation du frère qui se joue de toi. Sois responsable devant ta destinée, ne démissionne pas de ton devoir citoyen.

Congolais, vois-tu ?

Ou tu es simplement aveugle pour ne pas voir la réalité flagrante qui s’affiche devant tes yeux. Si les contours et l’ampleur de l’atrocité et de la barbarie que vivent tes frères et sœurs sur l’ensemble du territoire national ne dérangent pas ta quiétude et ton âme, tu es un citoyen perdu. Ta nation, tu vas la perdre aussi. Que peut-on espérer de toi ?

Congolais, tu es là ?

Prends ton pouvoir, tant que tu demeureras enfantin, libertin pour rester là à t’apitoyer sur ton sort au lieu de te libérer, contre vents et marrées, rien ne va s’améliorer, tout restera dramatique.

Congolais, que veux-tu ?

Si vouloir c’est pouvoir, tu dois d’abord y croire. Agis pour redorer ton histoire, pour inspirer ta postérité, pour leur léguer un héritage louable et prospère. Brave le froid, la faim et la soif, lève-toi, débout, pour combattre l’injustice.

Débout pour dénigrer la haine, dénoncer la violence, d’où qu’elle vienne, contrecarrer le népotisme et le tribalisme. Tu veux vivre ? C’est simple : Tu dois combattre. Je ne te demande pas de combattre pour mourir mais, plutôt, de combattre contre la mort, de combattre pour ta survie.

Congolais, courage !

Oui, il faut que tu prennes courage en ce temps où ton pays est dans un chaos total. Si tu sème la nonchalance, tu ne récolteras que l’insolence et la grossièreté de ceux qui dirigent ton pays.

Tu le sens déjà, cela te parait en fin claire. La démocratie que tu veux, les élections que tu espères, c’est une pluie qui ne peut couler que grâce aux nuages que tu auras provoqué. Ne te confie pas à la météo de la CENI (Commission Électorale Nationale Indépendante) car depuis 2016, c’est la troisième fois qu’elle donne des prévisions qui s’avèrent aussi truquées. Et si tel n’est pas le cas, son baromètre serait en panne.

Lassé ? Nous le sommes tous mais cette guerre, nul ne peut la gagner seul. Mettons-nous tous débout pour nos droits et ceux de nos enfants. Nous lamenter ne nous rendra aucun service. Nous avons besoin de toi, la nation a besoin de toi, joints-toi à nous, bats-toi pour ces jours heureux que tu veux pour tes enfants, rugis pour arracher ce qui te revient de droit.

Il est temps, Congolais, rugis !