Aya Chebbi, la première envoyée spéciale de l’Union Africaine pour la jeunesse, est une blogueuse

La Tunisienne Aya Chebbi a été officiellement nommée première envoyée spéciale de l’Union Africaine pour la jeunesse. C’est sur le site officiel de l’UA que cette annonce a été rendue publique ce 1er novembre.

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Aya Chebbi avec les jeunes de Afrika Youth Mouvement à Kigali/Rwanda après une rencontre Photo : Providence Baraka

J’ai été surpris dès que j’ai appris cette nouvelle car en Afrique, il est difficile de trouver les personnes qu’il faut à la place qu’il faut. Cette affirmation ne vient pas soutenir que je connaisse Aya Chebbi mieux que tout le monde. Loin de là, je ne l’ai rencontrée qu’une seule fois en mai dernier pour une rencontre de « AYM », Afrika Youth Mouvement, à Kigali, la capitale rwandaise.

A l’issue de cette rencontre, j’étais simplement stupéfait en découvrant une jeune dame formidable avec une vision des choses fabuleuse. Pour parler de son engagement pour une Afrique, son Afrique, notre Afrique, qui émerge, son parcours en tant que blogueuse et activiste le dit plus éloquemment que tous les mots que je puisse placer ici. Pour ceux qui veulent en savoir plus, cet article de Huffpost donne beaucoup plus des détails sur sa carrière.

D’abord c’est qui Aya Chebbi ?

Aya Chebbi est avant tout une blogueuse. Voilà comment j’aurais bien voulu la décrire. Avec son blog et sa caméra, Aya a consacré son temps à travailler avec des gouvernements et organisations intergouvernementales ainsi que la société civile. Son objectif : « réaliser la vision de l’Union Africaine consistant à construire une Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur la scène mondiale ».

De blogueuse à activiste, Aya Chebbi « a fait preuve de leadership serviable en maximisant les partenariats stratégiques, la mobilisation des ressources par le digital et l’appartenance pour construire l’un des plus grands mouvements panafricains dirigés par des jeunes, AYM. Elle a suscité un impact et un engagement qui lui ont permis d’atteindre plus de 10 000 jeunes membres de 40 pays d’Afrique et de la diaspora », dit la pétition  qui a soutenu sa candidature.

Une victoire pour la génération 2.0 ?

Je n’ai pas voulu que cet article soit une apologie ou encore l’épopée des blogueurs. Cependant, je ne sais pas comment faire autrement alors que le numérique est cette seule lueur d’espoir pour des milliers d’Africains actuellement. Si les leaders africains continuent à confisquer la scène politique en muselant la jeunesse qui ne jure qu’au nom de la révolution-rupture, le numérique leur accorde un autre espace qui leur permet de lutter à l’abri de la répression. Inutile de rappeler que ce sont les blogueurs qui sont les meneurs de ces luttes.

La nomination de Aya Chebbi est donc perçue, en tout cas c’est mon avis, comme la première victoire décisive de la jeunesse africaine face aux vagues des troubles qui ternissent le berceau de l’humanité. C’est une étincelle de plus qui vient s’ajouter à ce frottement des pierres qui cherchent à allumer le feu de la démocratie et de la liberté en Afrique.

Sa nomination n’est pas donc à considérer comme une victoire des blogueurs africains mais comme celle de toute cette jeunesse qui a refusé de se faire manipuler pour se battre pour les vraies causes du continent.

A travers cette victoire, c’est la jeunesse qui gagne, c’est l’Afrique qui gagne car désormais, la voix de la jeunesse se fera, sans aucun doute, entendre à l’Union Africaine à travers la blogueuse Aya Chebbi.

Divorcer ou souffrir, opte pour le moindre mal

Seulement quelques mois après votre mariage, le symptôme du divorce a plané sur votre couple. Celui qui était supposé te protéger est devenu ton pire cauchemar. Toi, ma sœur, affamée du bonheur, au barreau du conformisme social, tu t’es retrouvée condamnée à avoir chaque jour trois repas complet d’affliction et de l’amertume au dessert !

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Image utilisée à titre d’illustration
Photo : Wikicommons, réutilisation autorisée

Tu croyais suivre la bonne voie, celle que nous imposent nos traditions. Tu as dit au revoir à ta famille, à tes amis, tu lui as pris la main, pensant être en la compagnie du prince charmant alors que derrière sa coquetterie se cachait un crapaud. Tu lui as ouvert le cœur mais lui t’a ouvert les veines. Il te fait saigner, il te fait pleurer, il te rend malheureuse.

Tu as fait fausse route, tu le sais, tu le sens, mais c’est cette bague au doigt qui continue de te dicter : « C’est cela le mariage, tu dois le supporter. » Non, moi je ne suis pas de cet avis. Le mariage c’est pour le meilleur et pour le rire ; au diable le pire ! Et tu sais quoi ? Le diable, il faut le fuir.

Tu n’as pas raté ta vie

Tu es encore trop jeune pour noyer ton enthousiasme dans un quotidien maussade. Ta vie tourne à l’orage, pourquoi t’obstines-tu à rester dans ce navire qui chancelle ? Abandonne ces mauvaises vibrations, ces ondes négatives qui te retiennent dans un mariage qui ne fonctionne que de nom et d’apparence.

Tu as le droit d’y croire, oui, je sais combien c’est difficile mais il y a une vie après le mariage, rassure-toi. Certes, des regards lourds vont se poser sur toi mais que cela ne ralentisse pas envie d’avancer. Si la société va discréditer la femme que tu es, ne cherche pas à te justifier car une divorcée n’est pas une femme ratée, c’est juste une femme qui est tombé sur un mari taré.

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Photo : Pixabay.com

Tu lui as donné une deuxième chance, une troisième, puis une quatrième et ainsi de suite… Au lieu de changer, il a ancré en lui sa grossièreté et son obscénité. Regarde, combien autour de toi ont perdu leur vie en essayant un mariage râpé, combien se sont retrouvées avec des handicaps physiques et/ou émotionnels en tentant de sauver l’honneur d’un foyer infâme ?

Tu le sais bien, il n’y a rien que tu puisses encore sauver. Tout comme ce qui est mort ne peut mourir1, on ne peut distinguer un cadavre d’un défunt. Alors ce qui te reste, c’est de chercher à sauver ta peau. Tu as encore toute la vie devant toi, tu as encore le temps de te remettre et de vivre, ou mieux de goûter à la vie.

Je t’écris tout ça juste pour te dire que si tu savais quel destin te réserve Dieu, tu t’en irai danser nue sur la plage2 au lieu d’aller te faire tuer par ton débile de mari ivrogne qui ne sait pas voir le charme de ton sourire, les étincelles de tes yeux et l’éclat de ton visage. S’il veut se débarrasser de toi, tant pis pour lui, laisse-le, nous tes amis, nous ta famille, nous ne voulons pas te perdre

1Devise des habitants des îles de fer dans la série « Game of thrones ».
2Prophétie faite par un sage à Rollo, frère de Ragnar Lothbrok, qui se plaignait de sa misérable vie dans la série « Vickings »

Prière d’un blogueur congolais

Prière d’un blogueur : Seigneur, c’est Toi qui a permis que je naisse à l’ère du numérique, pour qu’au milieu des peuples je répende Ton amour, Ton pardon et Tes lois ; à travers le web.

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Photo: Pixabay.com; réutilisation autorisée

Par Jean-Fraterne Ruyange

Et voilà, maintenant, toutes les flèches de l’ennemi se tournent vers moi. Moi qui hausse les cris de détresse de Ton peuple muselé ; moi qui défend Ton peuple meurtri, je suis devenu la cible principale de la haine et de la rancœur de ceux qui persécutent Ton paisible peuple.

Seigneur, rends mon cœur persévérant, afin qu’il ne capitule pas devant l’aigreur de leurs menaces. Seigneur Consolateur, Libérateur et Défenseur, élève une barrière de protection autour de moi, de toute ma parenté, de tous ces blogueurs que je porte dans cette prière, de mon travail et du leur, de notre mission au milieu de Ton peuple, afin qu’aucun trait pervers de l’ennemi ne puisse emmener malheur et que le découragement ne s’approche de nous, pas plus que le désespoir.

Seigneur, avec la croissance des NTIC, c’est Toi qui a établit le blogueur que je suis, pour qu’au milieu des Congolais, je rependes Ton message repu d’espoir. Je suis la voix de ton Esprit-Saint, moi, en qui, du plus profond de l’âme, du plus clair des pensées, du plus tangible des rêves, du plus orageux des passions, Tu as fait jaillir la puissance de la foi, le cri de la délivrance.

Rien que pour mes opinions, rien que pour avoir pris position, je suis censuré, incriminé et guerroyé . Comment pourrais-je supporter ces aberrations qu’ils font subir à Ton peuple? Fallait-il que je reste passif devant leur barbarie qui prend des proportions insupportables? Non, j’ai refusé de m’allier à leur cruauté, je me suis rangé du coté de Ton peuple, de mon peuple.

Ne laisse pas ma plume chavirer car, Seigneur, je veux partager leur douleur, je vais lutter pour la paix, la liberté et la démocratie avec eux, peu importe les dangers que je vais encourir car je sais que Toi, Seigneur des armées, Tu vas combattre contre nos persécuteurs.

Permets-moi alors de parler encore plus longtemps, dans Ton langage d’amour, de la justice vivante, de la fraternité et de la non-violence. Permets-moi de plaider, comme chaque fois, pour les délaissés pour compte, pour les sans défense, pour les détenus et les exilés…

Permets-moi de défendre les femmes violentées, les enfants abandonnés, les hommes assassinés. Donne-moi le courage de dénoncer toutes ces vanités et futilités car j’abhorre la violence, les massacres et l’injustice.

Inspire-moi ce billet qui portera jusqu’aux extrémités de la Terre la parole qui réconcilie, l’expression qui unit, la locution qui pardonne…

Seigneur, vole au secours de ce blogueur, aussi pécheur soit-il, car son pain quotidien est de célébrer Ton amour  et Ta Gloire dans chacun de ses posts, dans chacune de ses publications. Notre Père qui est aux cieux, que Ta volonté soit faite sur son blog comme sur ses réseaux sociaux.

Le trésor plus enfoui que l’or et le diamant dans la terre de Walikale en RDC

Je devais normalement avoir honte de mettre aux yeux du monde pareille affliction qui nuirait à la réputation de mon pays. En écrivant ce billet, mon objectif n’est pas de dénoncer quoi que ce soit mais plutôt de déclencher une alarme, un SOS, pour la population de Walikale. Vivant au-dessus d’importants gisements des pierres précieuses, elle est, cependant, privé de ce trésor qui rend la vie vivable, viable, somptueuse et aisé : l’accès aux soins de santé.

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Salle d’opération de l’hôpital Oninga à Walikale

Par Jean-Fraterne Ruyange

Un sage a dit un jour, « A Walikale, les gens naissent pour vivre dans la misère la plus déplorable et meurent pour être enterré dans le luxe le plus fastueux, dans des sépultures taillées dans les gisements d’or et de diamant. »

Ne me demandez pas qui est ce sage qui aurait dit cela ni quand il l’a fait. C’est moi qui viens de le faire en écrivant ce billet. En effet, c’est ce que n’importe qui peut dire en observant le calvaire que vit la population de cette partie de la République Démocratique du Congo.

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Un malade sur un lit d’hôpital à Walikale

Muni de tout ce qu’il faut pour élever le niveau de vie de ses habitats, Walikale est aujourd’hui épinglé parmi les territoires les plus reculé, en termes de développement et de modernité en RDC.

A lire aussi : La légende des mines de Walikale en RDC

L’accès aux soins de santé, une affaire des riches

Le problème d’accès à la santé est d’actualité partout en RDC. Même dans les grandes villes, l’accès à la plupart des hôpitaux est une affaire des nantis. Les soins de santé y sont attribués en fonction de l’aptitude rémunératrice du porte-monnaie de tout un chacun. Ainsi donc, la médecine congolaise abandonne les démunis à leur triste sort. « Payer ou mourir », est le slogan adapté au système médical de la RDC.

A Walikale, cette situation est encore plus alarmante. Inutile d’y installer des infrastructures médicales conformes aux normes car la population n’est pas à même de payer la facture le coût des traitements reçus, comme si la santé avait de prix.

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Un nouveau-né et un malade de choléra sur un même lit d’hospitalisation

En dépit de trésors incommensurables que regorge son sol et son sous-sol, la médecine de qualité loge à des miles de ce territoire. Si on a la facilité d’y trouver la cassitérite, le coltan, l’or, et bien d’autres pierres précieuses, même à ciel ouvert, la santé est, quant à elle, invisible même au microscope. On dirait qu’elle serait enfuie dans les profondeurs insondables.

L’innocence, un asile frêle contre le remord

A chaque effort consenti, la vie nous réserve une médaille. Et comme nous le savons tous, une médaille a deux faces. Les deux faces de celle que nous donne la vie sont le succès ou l’échec. L’un nous donne le confort, l’autre invite la culpabilité.

La culpabilité, un sentiment naturel

Contrairement aux épreuves sportives ou para sportives, dans la vie ce ne sont pas que les gagnants qui remporte des médailles. Ici, l’or, l’argent ou le bronze ne sont pas les objectifs pour lesquelles nous luttons. Quel que soit notre résultat, nous avons tous droit à une médaille sauf que les uns voient la face et les autres les revers de leur médaille.

Voilà pourquoi chacun de nous se bat pour ne pas tomber sur le revers de la médaille qui lui est réservé. Et si dans notre acharnement nous ne parvenons pas toujours à nous défaire de l’échec, nous espérons retrouver confort en rendant les autres coupables de ce forfait qui nous indigne.

Le coupable, ce n’est jamais moi

Ainsi, nous assistons à des discours du genre : « Si je n’ai pas été retenu pour ce poste ce n’est pas parce que j’ai échoué le test d’embauche, c’est juste que le recruteur n’a pas voulu de moi » ; « Si j’ai le cœur qui saigne ce n’est pas parce que je n’ai pas su convaincre l’élu de mon cœur, c’est juste qu’elle n’a pas voulu de moi ».

Oui, ce n’est pas moi, c’est les autres, je les rends noirs pour me rendre blanc ; je les culpabilise pour me sentir innocent mais la conscience est toujours au rendez-vous pour rappeler ma part de responsabilité en tout et pour tout.

Apprivoiser le sentiment de culpabilité, ça paie bien !

Le premier prix est de ne pas rester là à toujours nous justifier car derrière nos justifications se cache une peur immense. C’est vraiment le cas pour moi, la plupart de fois.

En deuxième lieu, ressentir la culpabilité nous permet de bien nous connaitre : ce qui nous embarrasse, ce qui déclenche la honte en nous,… Ce n’est pas en déchargeant notre faute sur l’autre que nous nous déchargeons de la culpabilité. Reconnaitre notre vulnérabilité est une réconciliation avec nous-même, l’admettre nous rend juste plus fort.

Par Jean-Fraterne Ruyange