Mon coup de foudre pour le Rwanda

« Dieu se trouve partout mais le soir il revient dormir au Rwanda », proverbe Rwandais.
Je n’ai jamais compris la philosophie de ce proverbe et cela ne me surprend pas car le pays des milles collines c’est aussi le pays des milles surprises. Mais pourquoi Dieu devrait opter pour le Rwanda comme unique dortoir ? Mon récent voyage dans ce paradis africain m’a permis de le découvrir.
Mon voyage commence à Gisenyi, une ville qui est à l’Ouest du Rwanda et qui partage la frontière avec Goma, la ville congolaise qui m’a vu naître. De Gisenyi, j’ai pris un bus qui devait m’emmener à Kigali, la capitale Rwandaise. Avant de fouler le sol de la capitale, c’est le paysage verdoyant qui a le plus attiré mon attention, au point de me faire oublié que j’avais un livre en mains.

Nous avons marché sur des nuages

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Du brouillard dans des vallées au Rwanda
CC : Pixabay

Après 4 heures de route, mes yeux se sont posés sur des grattes-ciels, perchés sur des collines. Une ville qui s’élève sur des montagnes comme pour imposer à tous les regards de se tourner vers elle. A côté des ces maisons grandioses, ce sont les arbres qui dominent le visage de Kigali. L’air y est frais et le climat doux. De quoi charmer Imana (Dieu en Kinyarwanda) en lui offrant un environnement de choix pour son repos vespéral.

Il n’y a pas que les maisons qui sont perchées au Rwanda. Les routes aussi. Elles parcourent des collines élevées en offrant une vue panoramiques dans les profondeurs des vallées exhalant du brouillard tout alentour. Je me suis attardé sur ce spectacle on ne peut plus alléchant où j’ai vu le vent emporter des brouillards épais sous forme des nuages.
Je me suis retourné vers Providence Baraka, mon compagnon de voyage et lui ai soufflé : « regardes, nous marchons sur les nuages ». Sans vous mentir, pendant un laps de temps je me croyais déjà au ciel. Se retrouver au-dessus des nuages ça n’arrive pas deux fois dans une vie.
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Une route tracée sur la montagne
CC : Pixabay

Si Dieu a vraiment créé le monde, Il doit être fier de son chef-d’œuvre qu’est le Rwanda. A sa place, je n’aurais pas non plus besoin de passer mes nuits ailleurs, mis à part les exigences de l’ omniprésence. Ce pays offre une attraction hors-norme : des rivières par ci, des chutes d’eau par là. Des montagnes verdoyantes se suivent à perte de vue. Devant ce tableau merveilleux, mon ami Providence, ébahi, s’est exclamé : « Au Rwanda, c’est plus de milles collines. »

Le Rwanda est amour

Arrivés à Kigali, Providence et moi avons eu un problème de communication. Nous avons eu du mal à trouver un cyber café et communiquer avec les habitants de la ville n’a pas été chose simple. Alors que les Rwandais sont sensés être polyglottes, ils ne parlent mieux que le Kinyarwanda. La transition du pays de la francophonie vers l’anglophonie pèse encore sur les Rwandais, ils sont partagés entre un Français en agonie et un Anglais inaudible.
Curieusement, cela ne nous a pas coûté trop cher car les  Rwandais comprennent avec le cœur. Ils nous ont compris sans nous entendre. Qui plus est, cela nous a plutôt valu assistance. Je me souviens que, quand il m’a fallu passer un appel dans une cabine, j’ai été exempté du payement pour le simple fait que le revendeur d’unités a compris que j’étais un étranger. « C’est un service rendu », m’a-t-il dit.
Je me suis senti bien et fier de me retrouver étranger au Rwanda car cela m’a fait découvrir le degré de générosité de ce peuple enthousiaste. Si l’amour est charitable, le Rwanda est amour comme Dieu l’est aussi. Imana avait donc raison d’établir son dortoir au Rwanda car il est amour et il ne peut que vivre au milieu d’un peuple qui aime inconditionnellement.

Idjwi, une merveille au cœur du lac Kivu en République démocratique du Congo

Idjwi est une île surplombant le cœur du lac Kivu à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Bien qu’étant à cheval entre les villes de Goma et Bukavu, l’île Idjwi a des particularités qui font d’elle un endroit spécial au pays de Lumumba. Dans ce billet, je vous partage quelques aspects qui ont retenu mon attention lors de mon voyage sur cette île.

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Vue panoramique d’une partie de l’ile d’Idjwi

Par Jean-Fraterne Ruyange

Idjwi n’est pas qu’une bande de terre dans le lac Kivu

Contrairement à ce que pense plus d’un, l’île d’Idjwi c’est tout un monde, d’ailleurs, bien plus qu’un monde, c’est un petit bout de paradis. Avec une superficie de 285 km2, elle est la plus grande île de la RDC et deuxième d’Afrique. Oui, je dis bien deuxième d’Afrique, juste après le Madagascar.

Avec une population estimée à plus de 326 000 habitants, selon les estimations de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), Idjwi est principalement habitée par deux communautés ethniques (Les Havus à plus de 95% et les Pygmées).

Vivant principalement de la pêche et de la culture, la population d’Idjwi n’a jamais connu de guerre ni de conflit important. Ci-gît les noumènes comme tribalisme, peuple majoritaire ou encore peuple minoritaire. La cohabitation pacifique fait place à la complémentarité en étouffant de la sorte toute inimitié possible.

La vie dans la nature ou la vie avec la nature ?

Quand je suis arrivé à Idjwi, c’est son paysage qui m’a charmé à premier vue. Des montagnes qui s’élèvent dans la profondeur du lac, des petits îlots garnissant la grande île s’escortent donnant l’air des forêts flottant sur l’eau, les chants des oiseaux, et tant d’autres merveilles, dont le sourire des insulaires, voilà comment Idjwi m’a accueilli.

Le revers de ce charme apparent ce sont les variétés innombrables d’insectes vivant sur l’île. Je ne voudrais pas que les écologistes me comprennent mal, mais, en vérité, c’est un vrai calvaire de vivre en compagnie d’insectes présentent presque partout – ou, disons mieux, dans tout.- Que ce soit sur le lit, dans les habits que l’on porte, voire même dans la nourriture ainsi que dans l’eau. S’il y a quelque chose qui puisse donner la mort rapidement à Idjwi ce sont ces insectes. Sur cette île, l’obligation de cohabiter avec la nature est naturelle.

Le décalage entre ce qui et ce qui serait

Vivre de la pêche et de la culture c’est bien. Mais au 21ème siècle, cela représente-t-il quelque chose du point de vue économique ? A mon avis : Pas vraiment. La population d’Idjwi est faite des personnes au cœur atteint par le dénuement de la générosité démesurée. Le seul instinct dont elles disposent est celui de survie.

D’où le partage s’avère être la règle. Cela fait qu’ils ne voient pas les potentialités dont ils disposent pour faire de l’île un eldorado touristique et améliorer leur mode de vie. Les richesses, la fortune, les artifices,… tout cela n’a aucune importance. Seule la famille compte, malheureusement, en préjudice à l’économie.

L’île d’Idjwi demeure un terrain inexploité dans bien des domaines, donc propice au développement de nombre d’affaires. Les investisseurs n’ont donc pas d’excuses pour ne pas y investir suite à l’instabilité politique et l’insécurité, voici un endroit à l’abri de cela.

Le coté mystérieux de l’ile d’Idjwi

D’aucuns soutiennent que l’absence de la guerre à Idjwi serait justifiée par le coté mystique dont cette île est réputée. Je n’ai vraiment rien vécu de spécial de ce point de vue à Idjwi. Cependant, je n’ai pas été moins surpris d’être témoin d’un homme qui confie la garde de son champ des cannes à sucres aux serpents. Lui, il n’a nul besoin des épouvantails car ceux-ci font fuir les oiseaux et non les hommes.

Est-ce pour autant qu’il faut dire que la générosité et l’inexistence des conflits à Idjwi est à réduire à la peur liée aux pratiques mystiques ?