Parc national des Virunga : l’humain se fout-il de son patrimoine ?

Le 5 Juin de chaque année est célébrée la journée mondiale de l’environnement. A l’occasion, je voulais sortir ma plus belle plume et écrire une épopée de la mère nature. Malheureusement, être blogueur c’est aussi ça : rater les bonnes occasions de se faire lire. Cependant, depuis ce matin quelque chose m’intrigue : la ville de Goma sera finalement électrifiée. En effet, Goma est l’une des grandes villes de la RDC, située à l’Est du Pays entre le lac Kivu et la chaîne volcanique des Virunga.

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On est bien sur le dos de maman !
Photo : Flickr

Ce n’est pas que cette ville n’a jamais eu du courant depuis la création du monde, c’est juste que l’électricité y est aussi rare que l’or et y demeure un signe de richesse. Il n’y a que quelques familles qui peuvent se payer le luxe d’avoir de l’électricité dans leur maison alors que les autres croupissent dans le noir. Bizarrement, même ceux qui ont la capacité de payer la facture de courant à Goma font face à un délestage permanent, et c’est toujours une surprise pour eux de voir les lumières allumées.

Quel rapport entre l’électrification de la ville de Goma et le parc des Virunga ?

Parc animalier le plus vieux et plus menacé de l’Afrique, les Virunga est en proie à plusieurs dangers, parmi lesquels la déforestation. Selon un rapport publié en 2013 par l’organisation internationale WWF[1], la déforestation constitue l’une des principales menaces pour le parc des Virunga. Le taux de cette déforestation est considérable : de l’ordre de 1% par an depuis des années. Également, 80% du charbon de bois et du bois de chauffe utilisés par les populations environnantes sont issus du Parc des Virunga.

Face au manque d’autres sources d’énergie, les populations riveraines du parc n’ont d’autre choix que de se procurer du bois de chauffage dans le parc. Aujourd’hui des débats autour de l’exploitation du pétrole et du braconnage font écho au combat de plusieurs organisations tant internationales que nationales. Cette pagaille créée pour des raisons que personnellement j’ignore fait oublier l’urgence à résoudre pour sauver le parc national des Virunga.

Je ne dis pas cela pour manifester mon désintérêt face aux effets néfastes que produirait l’exploitation du pétrole sur la population animale et végétale du parc, mais juste pour continuer à célébrer la belle victoire de la planète sur cette mésaventure de la Soco. Outre, ce parc qui fait face au braconnage et à l’activité des groupes armées, mérite bien d’être secouru pour préserver sa population animale. Mais où iront ces animaux si les forets qui les abritent venaient à disparaître ?

Voilà pourquoi je pense que l’urgence consiste à lutter contre la déforestation s’il a cette volonté de sauver le parc des Virunga. L’installation de deux barrages hydrauliques dans le cadre du programme « Alliance Virunga » pour fournir l’électricité aux populations environnant le parc était la réponse adaptée. Mais à qui profite actuellement l’électricité produite par ce courant ?

L’économie ou la politique, c’est qui le vrai coupable ?

L’électricité produite pour lutter contre la déforestation dans le parc des Virunga est confronté à plusieurs obstacles. Sa capacité à sauver les Virunga vaut la peine d’être mise en cause aujourd’hui. Les ménages déjà desservis en électricité ont du mal à supporter le coût exagéré de la facture. Beaucoup avaient pourtant investi de grosses sommes d’argent pour s’abonner. La facturation a été revue à la hausse sans tenir compte de la situation socio-économique de ces habitants, cultivateurs et fermiers pour la plupart, dont le revenu journalier est en dessous de 1$ US par jour.

Majoritairement non-instruites, ces populations ne savent rien de la protection de l’environnement, encore moins du parc. Elles ont opté pour ce courant après avoir vu qu’il était plus avantageux que le charbon de bois. L’électricité, censée être un important outil du développement pour eux, est devenue d’autant plus inaccessible que certains veulent considérer qu’il n’a même jamais existé. Contrairement à ce qui a été souligné au départ par les responsables de l’ICCN lors de l’inauguration de ces centrales, cette électricité n’est visiblement pas venue pour aider la population à ne plus recourir aux ressources du parc pour vivre.

Voilà ce qui m’a intrigué lorsque je me suis rendu compte que la ville de Goma sera finalement électrifiée. En effet, c’était lors de ma balade journalière que j’ai constaté l’installation des lignes électriques qui vont détourner ce courant pour Goma, en vouant ainsi les Virunga à la déforestation. Inutile de signaler que pour les habitants de la ville de Goma le coût de la facture ne posera pas problème. Ce qui fait une bonne affaire pour les responsables de Virunga Sarl. Je suis tenté de croire même que c’est bien ce qui explique la revue à la hausse de la facture du courant.

D’où, je crois que la politique est aussi responsable que l’économie dans cette affaire. Bien que certains politiques aient évoqué cette question au pays, personne n’a encore songé à prendre une décision qui apporterait une quelconque solution. C’est une guerre entre l’humanité et la nature qui est déclarée dans cette lutte contre les bénéfices au péril de la planète. Je ne sais pas comment je trouverai des mots pour expliquer à mes enfants que la plus grande réserve naturelle a été détruite pour électrifier le ville de Goma alors que la RDC a un potentiel électrique estimé à plus de 100.000 MW.

 

[1] Valeur économique du Parc National des Virunga, Rapport WWF 2013

Dans un avenir proche, la protection de la vie privée et de l’intégrité des données va transformer l’usage des réseaux sociaux (Partie II)

Désormais, réussir sur les réseaux sociaux signifie trouver des moyens de puiser dans un intérêt renouvelé pour les groupes et le désir des utilisateurs de disposer d’une enclave sécurisée. La pratique qui va s’imposer dans les discussions consistera à les restreindre dans un petit groupe discipliné sur des plateformes sociales par ailleurs indisciplinées.

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Une personne utilisant son smartphone – CC

En faisant un zoom arrière sur la première partie de ce billet, il est clair que les paradigmes sociaux sont en train de changer. Au début, les médias sociaux constituaient un lieu de communication significatif avec des personnes que vous connaissiez réellement ou que vous vouliez au moins connaître. La croissance spectaculaire et la popularité mondiale ont transformé ces espaces intimes en jungles sauvages, parfois effrayantes, numériques, remplies d’acteurs douteux, de réclamations suspectes et de points de vente agressifs.

Les utilisateurs en ont clairement eu assez. Ils insistent sur plus de valeur et de transparence en échange de leur temps et de leurs informations. Ils veulent être traités comme des individus, pas des données démographiques. Le pendule revient aux racines sociales : réel, personnel et authentique.

La guerre contre la surcharge des annonces sociales ?

Les annonces, qui nous ont été présentées sous une multitude de formes différentes – histoires sponsorisées, messages promus, suggestions suggérées, etc. – sont désormais un élément de base de tous les canaux sociaux. En effet, Facebook à lui seul représente maintenant près du quart de toutes les dépenses publicitaires numériques aux États-Unis, et plus des trois quarts des personnes interrogées dans les enquêtes de Fast Company Magazine ont investi dans des annonces sociales ou prévoient de le faire au cours des prochaines années. Mais les annonces ne sont pas sans défis.

La concurrence pour un espace d’alimentation limité a fait grimper les prix : sur Facebook, le coût par mille impressions (une mesure standard du secteur connue sous le nom de CPM) a bondi de 112% au cours de la dernière année. Pendant ce temps, les utilisateurs inondés de argumentaires de vente et méfiants vis-à-vis des clickbait sont de plus en plus aptes à filtrer les annonces, en les survolant ou en utilisant des outils de blocage d’annonces.

A lire aussi : Faut-il compter sur internet pour mener la révolution en RDC ?

En d’autres termes, même si les internautes paient plus que jamais pour les annonces désormais, cela ne garantit en aucun cas que l’on y prête attention. Ce qui est urgent, c’est de jumeler l’argent publicitaire avec un investissement égal de temps, de créativité et de ciblage avisé. Le simple fait d’insérer une bannière publicitaire fade dans un flux de nouvelles ne la coupe plus. Le social devient personnel

L’ascension de la messagerie

Une autre manifestation du retournement chez les utilisateurs des réseaux sociaux: l’ascension des plates-formes de messagerie. Facebook Messenger et WhatsApp (tous deux appartenant à Facebook) comptent désormais plus de 2,8 milliards d’utilisateurs. Ajoutez à cela des plates-formes chinoises populaires telles que WeChat et QQ, et la majeure partie de la planète utilise désormais des applications de messagerie.

Plutôt que de partager ouvertement sur les réseaux sociaux, ces utilisateurs optent pour des conversations privées ou en petits groupes. Pour les entreprises, cela soulève de nouveaux défis au cours des prochaines années. À l’heure où les yeux se tournent vers les flux privés, les canaux de messagerie sont-ils la prochaine plateforme incontournable pour atteindre les clients? Ou les utilisateurs vont-ils renvoyer l’intrusion dans « leur espace » ?

La logique des « groupes »

Le groupe Facebook n’est pas une nouvelle innovation. Des espaces de rassemblement et de discussion sur des sujets spécifiques – des animaux de compagnie, de l’humour et des loisirs aux célébrités – datent des tout premiers jours de la plate-forme. Mais, le regain d’intérêt pour la vie privée et l’intimité entre les utilisateurs signifie que les groupes ont soudainement leur moment. Au cours de l’année 2018, le nombre de membres d’un groupe sur Facebook a augmenté de 40%, et 1,4 milliard de personnes.

Faut-il compter sur internet pour mener la révolution en RDC ?

Actuellement, en République Démocratique du Congo, le mot « web activist » est devenu une sorte d’étiquette pour beaucoup, comme pour attirer l’attention sur eux. Cette prétention de lutter via internet, ne revêtant aucun mal en soi, est cependant une vente d’illusion car étant en contraste avec le contexte du pays.

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Photo : Pixabay

Le rôle des réseaux sociaux lors des soulèvements populaires en Afrique est souvent emmené à une dimension très exagérée par les médias occidentaux. Facebook et Twitter étant les plus visibles dans ces révolutions, leur apport exposé par les médias n’est qu’un mythe crée par le fantasme de journalistes pour le raccourci. Ces outils servent plus à attiser la colère plutôt qu’à mobiliser et à informer. Pour ce qui est des « web activists », ils servent à attirer l’attention des médias étrangers pour les alimenter en « scoops » et images.

Pour ce qui est de la République démocratique du Congo, voici les raison pour lesquelles l’Internet ne pourra pas contribuer à révolutionner la politique du pays :

  1. Le taux de pénétration internet

De prime à bord, signalons que le taux de pénétration internet est estimé à moins de 7% en RDC (pourcentage de la population ayant accès à cette technologie). Aucune mobilisation ne peut donc aboutir via internet car la majeure partie, voire la quasi-totalité de la population nationale, n’a pas accès à Internet.

Pour faire descendre la population dans la rue, il ne faut surtout pas compter sur des publications en lignes, billets de blogs… Il faut une sensibilisation de conscientisation hors-ligne. Outre, essayez de faire valoir le contraire est une vente de vent, une déformation de la réalité ou encore, disons mieux, une déconnexion d’avec la réalité.

L’échec de la campagne « Trompettes de Jéricho » initié par le mouvement Les Congolais débout de Sindika Dokolo en est l’exemple le plus éloquent.

  1. Le coût de la communication

Le facteur important de ce faible taux de pénétration internet en RDC est le coût de la communication. A cela s’ajoute le chômage prépondérant chez les jeunes. Dans mon entourage par exemple, les jeunes se connectent juste pour envoyer et recevoir des messages textes. Une fois qu’une image s’en mêle, il est difficile pour eux de la télécharger.

A lire aussi : La révolution ne sera pas en ligne

Dans un contexte pareil, comment espérer qu’ils suivent des vidéos ou des sons en ligne ? Essayez de poser la question « C’est quoi un podcast ? » aux jeunes congolais, seul moins de un sur dix saura répondre. Quelle que soit la pertinence des informations en ligne, y accéder reste le plus grand problème car l’internet coûte cher. Ce n’est pas que la jeunesse congolaise cherche à échapper aux débats pertinents, encore moins à fuir leur responsabilité citoyenne comme prétendront les « web activists ».

  1. La censure et la surveillance de l’État

Les gouvernements des États africains reconnaissent déjà le pouvoir de nuisance de l’Internet. S’il est vrai que personne ne peut museler totalement l’Internet, les politiques essayent toujours de manœuvrer à ce niveau pour mettre hors d’état de nuire les « web activists » malgré toutes les démarches développés pour contourner la censure. Pire encore, il y a la surveillance qui a déjà envoyé plus d’un en prison…

De ce qui précède, nous constatons que les « web activists » congolais mènent un combat sans issu. Ils ne savent pas pour quoi et contre quoi se battre. Tout ce qui les intéresse c’est de faire savoir qu’ils participent à la lutte, mais quelle lutte ? Dans quel camp jouent-ils leur rôle ? En quête d’être des petits maîtres de l’opinion publique, ils bloquent le vrai combat.

Les icônes du « web activism » sortis subitement de l’anonymat grâce à Internet, ne sont pas encore parvenus à s’imposer sur la scène politique. Quelques changements s’observent au sein du gouvernement mais c’est toujours les mêmes noms, les mêmes visages qui reviennent. Leur rôle reste donc sans effet positif, raison pour laquelle, malgré leur influence et leur envie, ils demeurent sur le banc de touche !

Le guide du « désillusionneur » : 7 clés pour surmonter la jalousie

Les français nous ont fait gober un gros mensonge : « A chacun son tour », qui est source de frustration pour plusieurs personnes courant derrière leurs rêves. Ne pensons pas que parce qu’un ami ou un frère a réalisé telle ou telle autre chose c’est simplement parce que c’était son tour et que le nôtre arrive bientôt.

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Image : Pixabay

1. Ce qui, à terme, rend les gens jaloux et aigris ce n’est pas de voir les autres réussir mais d’attendre sans fin leur propre tour. « Qui vit d’espoir, meurt de faim », m’ont dit les braves. Mais avant de mourir de faim, l’espoir démesuré fait jaillir la jalousie quand on réalise que les autres accèdent avant nous à ce qu’on désire aussi. Voilà ce qui tue les gens à petit feu.

2. Si ta sœur a réussi à se marier, dis-toi que ce sont ses oignons à elle et félicite-la, c’est tout ! N’attends pas que ton tour arrive, parce que ton tour n’est pas censé arriver forcément.

Ça je le dis à nos sœurs africaines dont le rêve ultime est de se trouver un mari. On n’a pas toujours ce qu’on veut dans la vie. Tu as peut-être quelque chose que ton amie qui s’est mariée n’a pas aussi. Tu ne peux pas avoir tout pour toi toute seule. Tu ne peux pas avoir pour toi la beauté, l’intelligence, la richesse, la santé mais n’oublie pas qu’il y a aussi des gens qui ont tout ça. Inutile de les détester, ce n’est pas de leur faute, c’est simplement une chance qui leur est particulière.

3. Ce qui te complexe, c’est parce que tu accordes de l’importance à ce que tu n’as pas. S’il y a quelque chose qui ne marche pas pour toi, cela relève de ta malchance. Fais comme si de rien n’était et tu verras que ce n’est pas trop grave. En plus, cela va t’épargner des jeûnes et prières sans fin qui ne font qu’amortir ton corps. Inutile de demander à Dieu des choses qu’il y a sur terre, pas trop malin comme attitude. Il est aux cieux.

4. Pour mes frères qui résument la richesse à rouler carrosse, laissez-moi vous dire que vous n’avez pas tort. Seulement, si ton copain X s’est payé une Ferrari, n’attends pas que tu l’achètes aussi à ton tour. Non, non et non. Peut-être que jusqu’à la fin de ta vie, tu n’auras jamais le moyen d’en acheter une. Une Ferrari ça coûte trop cher. Cela ne t’empêche pas quand-même de te payer une IST et te déplacer avec comme tout véhiculé.

5. Un grand poète congolais a chanté : « S’ils ont plus d’argent que moi, j’ai plus de pauvreté qu’eux ». Accepte juste ta situation, ça ne va pas te tuer. Je ne vous conseille pas de vous complaire quand vous n’en pouvez plus mais de ne pas vous déchirer. Et oui, tout n’est pas possible. Aujourd’hui lui appartient et demain aussi sera son tour. Arrête de compter des trucs qui ne t’appartiennent pas.

6. Tu n’as pas besoin de dépasser les autres pour exister, non plus d’être au même niveau qu’eux. Même en étant dernier tu peux toujours exister. Maintenant demande toi, tu es dernier sur quelle échelle? Dans quelle course ? Si tu n’es pas en compétition, tu ne vas jamais goûter à l’échec !

7. Il y a des gens qui sont nés dans de bonnes familles, ils ont de l’argent, des belles maisons et voitures, ils partent en vacances où ils veulent… Inutile de leur en vouloir encore moins de penser qu’ils ne méritent pas leur bonne vie. Si tu as mauvais cœur et que le bonheur des autres te fait mal, tu risques de vivre longtemps pour souffrir encore et encore de leurs réussites. C’est la punition !

Dans un avenir proche, la protection de la vie privée et de l’intégrité des données va transformer l’usage des réseaux sociaux (Partie I)

A la lumière  des tendances qui changent, la manière dont les personnes et les entreprises ont utilisé les médias sociaux au cours des dernières années va radicalement changer. Les prévisions sur les réseaux sociaux pour l’avenir feront appel au retour à l’authenticité personnelle.

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Un jeune connecté sur facebook.
Photo: Jean-Fraterne Ruyange

Durant cette dernière décennie, les réseaux sociaux ont marqué leur apogée et ont affiché au même moment leur caractère très tumultueux. Les problèmes de protection de la vie privée et d’intégrité des données se sont résorbés sur Facebook. Aux Etats-Unis par exemple, ils ont produit des effets ressentis aux plus hauts niveaux du gouvernement. Les réseaux qui se trouvent au centre des enquêtes du Congrès ont dû prendre en compte leur propre pouvoir et leur potentiel d’abus, tandis que les utilisateurs ont été laissés pour remettre en question l’impact plus large des médias sociaux sur la politique, la culture et le discours civique.

Qu’est-ce que cela signifie pour l’avenir ? Comment les utilisateurs et les réseaux vont-ils réagir à ces changements sismiques? Comment la manière dont les personnes et les entreprises utilisent les médias sociaux va-t-elle évoluer à la lumière des attitudes changeantes en matière de confidentialité et de liens significatifs?

Le retour au réel ?

Les vagues de scandale ont eu un impact tangible sur la confiance dans les réseaux sociaux. Selon le rapport Baromètre Trust 2018 publié par Edelman, 60% des personnes ne font plus confiance aux entreprises de médias sociaux. Dans un contexte des « Fake News » et de manipulation de données, les utilisateurs sont devenus méfiants vis-à-vis des influenceurs, tant des célébrités que des personnalités des médias. Dans un renversement majeur, la confiance est revenue aux amis immédiats, à la famille et aux proches connaissances sur les médias sociaux, des individus dont la crédibilité personnelle parle beaucoup plus que la taille de leurs successeurs.

Pour les entreprises qui utilisent les médias sociaux, cela représente un défi délicat dans un futur proche. Utiliser les médias sociaux en tant que canal publicitaire supplémentaire semble de plus en plus déphasé par rapport aux normes sociales et aux préférences des utilisateurs. Au lieu de cela, les entreprises progressistes se concentreront moins sur l’optimisation de la portée et davantage sur la création d’un engagement transparent et significatif

L’éphémère s’impose

Déjà en 2018, le responsable des produits de Facebook, Chris Cox, a noté que Stories dépassait les flux en tant que moyen principal de partager des informations avec ses amis. Cette évolution vers des modes de participation plus personnels sur les médias sociaux se répercutera sur le type de contenu partagé. Au lieu de publier sur leurs flux d’actualités, les utilisateurs partageront de plus en plus des «Stories» avec leur réseau. Contrairement aux mises à jour standard, ces diaporamas éphémères disparaissent généralement après une journée et ils se multiplient 15 fois plus rapidement que le partage basé sur le flux, avec plus d’un milliard d’utilisateurs de Stories sur Instagram, Facebook, WhatsApp et Snapchat.

Très bientôt, les entreprises qui souhaitent rester pertinentes sur les médias sociaux devront améliorer leur jeu des Stories. L’intégration de la vidéo, de graphiques simples et d’un arc narratif est essentielle, mais il est important de ne pas perdre de vue l’authenticité. Ce qui est clair, c’est que, en particulier pour les utilisateurs du millénaire et de la génération Z, les Stories sont une seconde nature et que le fil d’actualité pourrait céder son trône.

Par Jean-Fraterne Ruyange