Ô poète

Sans même que tu t’en doutes
Par la grâce de ton chant
Tu nous soutiens sur la route
Où nous allions en trébuchant.

Quand tout nous pèse et nous coûte
Qu’on pleure les jours d’antan
C’est toi qui mets en déroute
Nos soucis et nous détends.

Le corps s’épuise et se voûte
Et le froid sur nous descend
Mais sitôt que l’on t’écoute
Agit ton charme apaisant.

Ainsi, sans que tu t’en doutes
Ô poète par ton chant
Tu nous soutiens sur la route
Où nous allions en trébuchant.

Poème apparue dans Au Rencard des Lots. Cliquez sur ce lien pour acheter le livre en ligne.

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Au rencard des lots, par Jean-Fraterne Ruyange et Ange Banyene, est un recueil des poèmes qui a remporté le Prix RDC du Manuscrit Francophone 2016

Prière d’un blogueur congolais

Prière d’un blogueur : Seigneur, c’est Toi qui a permis que je naisse à l’ère du numérique, pour qu’au milieu des peuples je répende Ton amour, Ton pardon et Tes lois ; à travers le web.

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Photo: Pixabay.com; réutilisation autorisée

Par Jean-Fraterne Ruyange

Et voilà, maintenant, toutes les flèches de l’ennemi se tournent vers moi. Moi qui hausse les cris de détresse de Ton peuple muselé ; moi qui défend Ton peuple meurtri, je suis devenu la cible principale de la haine et de la rancœur de ceux qui persécutent Ton paisible peuple.

Seigneur, rends mon cœur persévérant, afin qu’il ne capitule pas devant l’aigreur de leurs menaces. Seigneur Consolateur, Libérateur et Défenseur, élève une barrière de protection autour de moi, de toute ma parenté, de tous ces blogueurs que je porte dans cette prière, de mon travail et du leur, de notre mission au milieu de Ton peuple, afin qu’aucun trait pervers de l’ennemi ne puisse emmener malheur et que le découragement ne s’approche de nous, pas plus que le désespoir.

Seigneur, avec la croissance des NTIC, c’est Toi qui a établit le blogueur que je suis, pour qu’au milieu des Congolais, je rependes Ton message repu d’espoir. Je suis la voix de ton Esprit-Saint, moi, en qui, du plus profond de l’âme, du plus clair des pensées, du plus tangible des rêves, du plus orageux des passions, Tu as fait jaillir la puissance de la foi, le cri de la délivrance.

Rien que pour mes opinions, rien que pour avoir pris position, je suis censuré, incriminé et guerroyé . Comment pourrais-je supporter ces aberrations qu’ils font subir à Ton peuple? Fallait-il que je reste passif devant leur barbarie qui prend des proportions insupportables? Non, j’ai refusé de m’allier à leur cruauté, je me suis rangé du coté de Ton peuple, de mon peuple.

Ne laisse pas ma plume chavirer car, Seigneur, je veux partager leur douleur, je vais lutter pour la paix, la liberté et la démocratie avec eux, peu importe les dangers que je vais encourir car je sais que Toi, Seigneur des armées, Tu vas combattre contre nos persécuteurs.

Permets-moi alors de parler encore plus longtemps, dans Ton langage d’amour, de la justice vivante, de la fraternité et de la non-violence. Permets-moi de plaider, comme chaque fois, pour les délaissés pour compte, pour les sans défense, pour les détenus et les exilés…

Permets-moi de défendre les femmes violentées, les enfants abandonnés, les hommes assassinés. Donne-moi le courage de dénoncer toutes ces vanités et futilités car j’abhorre la violence, les massacres et l’injustice.

Inspire-moi ce billet qui portera jusqu’aux extrémités de la Terre la parole qui réconcilie, l’expression qui unit, la locution qui pardonne…

Seigneur, vole au secours de ce blogueur, aussi pécheur soit-il, car son pain quotidien est de célébrer Ton amour  et Ta Gloire dans chacun de ses posts, dans chacune de ses publications. Notre Père qui est aux cieux, que Ta volonté soit faite sur son blog comme sur ses réseaux sociaux.

La maison de la femme de Goma aide les Congolaises à s’émanciper

Le statut de la femme est en train de changer, mais cela ne va pas toujours dans le bon sens. C’est en tout cas le constat que j’ai par rapport à la journée internationale des droits de la femme. Je suis sur que mon avis sera partagé par plus d’un.

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Des femmes qui défilent à l’occasion de la journée internationale des droits de la femme.
Photo : Flickr, réutilisation autorisée

Par Jean-Fraterne Ruyange

En cette journée, ma plume a été saisie de rage et ne cherchait qu’à exprime le dégoût que j’ai pour cette journée. Oui, je suis dégoûté en voyant toutes ces femmes vivant dans ma société en tant que femmes et dont on se rappelle l’existence que dans une seule journée durant toute l’année. Ces femmes qui sont exaspérées de tout faire, ces femmes violentées, ces femmes étouffées par le sexisme…

Mise en lumière

Je rêve d’un monde où on aura pas besoin de braquer la lumière sur les femmes pour se rendre compte de leur existence. Ce qui ne veut pas dire que je suis contre la célébration de la journée des droits de la femme. Cependant, tout en m’insurgeant contre les anti-valeurs liés à cette journée, je suis conscient de la valeur de sa célébration, encore plus de l’émancipation de la femme.

La seule chose que je soutienne est donc le fait que la plupart des femmes ne se rendent pas compte de l’urgence de repenser les méthodes de la célébration de cette journée du 8 mars. Comme le dit bien sa dénomination : « Journée Internationale des Droits de la femme », cette journée n’est pas à bourrer par des artifices sournois, des discours aléatoires et des agissements impubères.

Pour la grande partie des femmes de Goma, la date du 8 mars se résume au port des pagnes, aux sorties ambiantes entre femmes pour se divertir – par la musique, la danse et les boissons – et bien plus pour pervertir.

La Maison de la femme, ma consolation

Une des rares initiatives du gouvernement au profit de la société, la Maison de la femme de Goma, est un service du ministère du genre, famille et enfants. Ici, en cette date, il a été question de rappeler à la femme son rôle économique dans un monde en rapide mutation.

Au cœur du discours de cet espace gouvernemental, l’urgence de l’autonomisation de la femme, qui favorise son émancipation. La maison de la femme encadre les femmes en mettant en pratique ce que la professeure Christine Lagarde appelle les 3 L de l’autonomisation des femmes : « Learning, Labour and Leadership ».

Pour ce qui est du Learning, la maison de la femme estime que l’éducation est le fondement même du changement. Parmi les valeurs qui sont inculquées aux femmes, nous avons l’amour du travail et l’envie d’aller de l’avant.

Quant au Labour, la maison de la femme vise à alléger fardeau de la femme qui porte le poids du monde sur ses épaules en la sortant de la pauvreté. Pour renforcer la capacité d’autofinancement de la femme, par le biais des Organisations internationales, la maison de la femme accorde des micro-crédits pour soutenir leurs activités génératrices de revenu.

Pour finir avec le dernier L qui est celui du Leadership, l’idée est de sortir la femme de cette conception « ménagériale » qu’elle lie à son essence. Le but ici étant la célébration de la femme d’influence, ce dernier L est utilisé pour rappeler à la femme qu’elle a le pouvoir d’influence, qu’elle peut être un agent de changement, qu’elle a la capacité de rassembler. Ce qui a permis aux femmes qui ont évolué dans cette structure gouvernementale de retrouver, nourrir et célébrer des valeurs telles que l’authenticité, l’empathie, l’intuition, la créativité, la bonté, le partage et la paix.

Voilà en quelque sorte les piliers sur lesquels repose l’action de la Maison de la femme, convaincue que l’émancipation de la femme ne dépend que de sa capacité à se prendre en charge.

Hommage à Rossy Mukendi Tshimanga

Activiste-Rossy-Mukendi-Tshimange

Rossy Mukendi
Illustration : M. Kadima Art, avec son aimable et amicale permission

Rayon de soleil qui s’éteint
Obscurité qui se repend sur toute une génération
Sémillante, résolue à l’ultime bataille
Sans se soucier de la hauteur du danger, quitte à
Y laisser la vie, pour anéantir le joug de la dictature.

Mourir pour la liberté, était ton credo
Usant ta bravoure pour exiger une démocratie sans
Kalachnikov, un idéal qui les a tourmenté…
En tirant sur toi, c’est sur l’avenir du pays qu’ils
Noient dans la barbarie et l’affliction.
Demain, ces adeptes de la perfidie tenant les rênes
Ignobles de la tyrannie seront terrassés…

Toujours sur le créneau
Sans jamais courber l’échine,
Humant l’arôme alléchante d’une liberté
Imbibée d’espoir, se profilant à l’horizon
Mukendi, tu as été, pour nous tes compatriotes,
Admiration, une inspiration et fascination.
Nous poursuivrons cette lutte, combien périlleuse
Gémissant ou souriant, peu importe,
Afin que tu ne sois mort pour rien.

« La peur a changé de camp,

la victoire est certaine! »

Par Jean-Fraterne Ruyange

Développer son charisme, une clé cruciale du succès : illustration du parcours de Lumumba

Il nous arrive souvent de nous poser la question : « pourquoi je ne parviens pas à saisir telle ou telle autre opportunité ? » Je ne me rappelle plus qui a dit : « La latitude compte pour nous faire arriver à l’altitude. » Il est cette valeur qui fait que nous soyons diffèrent du vulgum pecus (commun des mortels) et qui nous donne la latitude d’obtenir ce que nous désirons : le charisme.

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Lumumba prononçant le discours de 30 Juin 1960
Photo via Wikimedia Commons, image libre de droits

Par Jean-Fraterne Ruyange

D’aucuns considère le charisme comme un pouvoir surnaturel ou mystique, parce qu’il confère à celui ou celle qui en est doté(e) le rayonnement. Cependant, il est autant possible de le cultiver que de l’acquérir en travaillant sur sa personne.

Avant d’exposer une courte doctrine sur la manière dont le charisme peut s’acquérir, il serait impérieux de donner l’illustration du parcours de Patrice-Eméry Lumuba, héros national de la République Démocratique du Congo.

Encore jeune, il fréquente déjà les cercles culturels de Léopoldville (future Kinshasa). Là, il va se construire une vision : libérer son peuple de l’emprise coloniale.

Il va se forger un discours qu’il va infléchir jusqu’à arriver à la formation en 1958 du Mouvement National Congolais (MNC). Son charisme est vite devenu une arme redoutable qui va l’imposer comme un intermédiaire incontournable dans le contexte de la décolonisation du Congo.

A l’époque, une légion d’hommes et de femmes condamnaient le colonialisme. Lumumba n’avait rien d’extraordinaire par rapport à ceux-ci. Toutefois, la précision de sa vision, la profondeur de son message émouvait sans détour les cœurs de ses compatriotes. Il était un homme persévérant qui ne doutait pas de sa vision, il avait une conviction inébranlable.

Lumumba savait bien tous les problèmes que traversaient ses compatriotes et il en a fait preuve dans son célèbre discours du 30 juin 1960. Il savait faire le choix entre les intérêts de son peuple et les intérêts des étrangers (notamment les Belges, les Américains…).

Chemin faisant, établissons le parallélisme entre le parcours du héros national Patrice-Eméry Lumumba et la petite doctrine sur le charisme.

D’après Robert Greene, dans son célèbre ouvrage Art de la séduction, il existe des ingrédients qui peuvent nous aider à accroître notre charisme. Il parle notamment de :

1. Avoir un projet

Les gens vous suivront d’instinct si vous leur faites croire que vous avez un plan, et que de ce fait, vous savez où vous allez. C’est le poumon même de la réussite de la lutte de Lumumba. Beaucoup des gens ont cru en lui à cause de la précision de sa vision.

2. Avoir le sens du mystère

Adoptez un langage fait avec autorité de telle sorte que l’on s’imagine que c’est une parole d’évangile ou une vérité ex catedra. Comme ce fut le cas pour Lumumba, sa parole était perçu comme le message de Moïse face au Pharaon, pour libérer les Israélites. Quand il parlait, les autorités coloniales Belges sentaient des effets.

3. Avoir confiance en soi

Il serait inconcevable de faire confiance à une personne qui doute en permanence. C’est là donc la clé même du charisme. C’est ce qui est encore plus intéressant chez Lumumba.

4. Savoir trancher

Le principe est « on ne peut pas plaire à tout le monde ». Même Jésus-Christ, l’homme le plus charismatique de l’histoire, n’a jamais fait l’unanimité. Lumumba aussi le savait très bien. Il savait faire le choix quand les intérêts de son peuple étaient opposés à ceux des partenaires extérieurs.

Ceci est-il valable pour toutes les situations que nous rencontrons dans notre vie ? Je ne l’affirme pas mais si cela peut nous permettre de saisir des opportunités de la vie et d’exceller sur différents plans, il en vaut la peine de le mettre en pratique tout de suite.