Ewezo Project : mon idée pour accroître le niveau d’alphabétisation des femmes dans la chefferie de Watalinga en RDC

Éduquer une femme c’est éduquer toute une nation, dit-on. Les conséquences de l’inverse de ce dicton se font bien observer dans le village de Watalinga, dans le territoire de Beni, à l’est de la République Démocratique du Congo. Ewezo Project veut apporter une réponse à cette triste réalité, dans cette idée lui proposée par l’asbl PPSSP (Programme de Promotion de Soins de Santé Primaires). 
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Ewezo Project, image reprise avec autorisation

Exposé à une kyrielle de guerre comme la plupart des villes et villages de l’Est de la RDC, la vie économique de Watalinga est condamnée à stagner dans une misère effroyable car ici les femmes sont privées d’éducation. Cet article est une proposition de projet pour relever ce défi. Cette idée s’inscrit dans le cadre l’Appel à idées de « Ewezo Project » visant l’amélioration des conditions de vie des femmes à Watalinga.

Des chiffres alarmants

La RDC connait une situation alarmante. La RDC connait une situation alarmante. D’après les derniers chiffres, sur une population estimée à plus de 77 millions d’habitants, environ 18 millions de Congolais ne savent lire, écrire, et calculer, parmi lesquels 14,4 millions de femmes.

L’ONG SOS enfants a observé des taux d’analphabétismes quatre fois plus élevé chez les femmes que chez les hommes, dans le Nord Kivu. Elles représentent à elles seules 80% des analphabètes.

Problèmes spécifiques à résoudre

  • Absence d’initiative locale visant la promotion de l’alphabétisation de la femme ;
  • Faible capacité des femmes et hommes membres d’associations des cacaoculteurs à pouvoir améliorer les conditions de vie de leurs familles et leur communauté ;
  • Faible participation des femmes, membres des associations des cacaoculteurs aux prises des décisions sur l’accès aux marchés ;
  • Limitation pour les femmes d’accéder au crédit et ressources accordés aux agriculteurs de cacao en chefferie de Watalinga ;
  • Faible valorisation du leadership féminin dans la production du Cacao ;
  • Absence de stratégies locales pouvant faciliter l’articulation entre l’alphabétisation et la réduction de la pauvreté en chefferie de Watalinga.

Innovation de cette idée

Le renforcement de l’apprentissage de base, à savoir l’écriture, la lecture et le calcul, acquis lors de phases d’alphabétisation sera en lien avec la santé, le droit et le genre, l’économie sociale et familiale ainsi que l’éducation.

La valorisation du leadership féminin de Watalinga dans la production du Cacao influera sur la gouvernance de ce secteur par l’augmentation du pouvoir des femmes à négocier le prix et à faire valoir ses intérêts et ceux de la jeune fille.

Cela poussera d’autres femmes à s’impliquer dans la production. Participer activement à la prise des décisions autour de la gestion de production du cacao signifie pour ces femmes, avoir la main mise sur la gestion de la chefferie.

Globalement, les femmes ont des difficultés à créer et développer leurs entreprises parce qu’elles n’ont pas accès au crédit. Dans la culture locale, elles sont privées de droit de posséder des terres, pire encore, celui de prétendre à l’héritage familial.

Trois façons dont cette idée va aborder ce problème

  1. Alphabétisation des femmes, membres des associations des cacaoculteurs en Chefferie de Watalinga à travers les approches participatives développées. Il s’agira de prioriser l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul en vue de fournir aux apprenants les possibilités de réalisation de leurs droits politiques, économiques et culturels et leur permettre de participer au développement de leur chefferie ;
  2. Sensibilisation à la valorisation du leadership féminin à Watalinga dans la production du Cacao ;
  3. Articulation de l’alphabétisation avec la réduction de la pauvreté par l’intégration socio-économique des femmes néo-alphabètes et leur appui à la création d’activités génératrices de revenus.

Merci beaucoup d’avoir lu jusqu’à la fin. Veillez, s’il vous plait me laisser en commentaire votre point de vue par rapport à cette idée. Il suffit de dire ce que vous en pensez, si elle saura résoudre le problème évoqué ou encore quels aspects il faut y intégrer pour qu’elle puisse bien se réaliser. Merci.

Le festival du Rolex et la gastronomie engagés en Ouganda

Ce dimanche 19 Aout 2018, la ville de Kampala a vibrée sur le rythme du festival du Rolex. Ce festival qui a exalté la célèbre nourriture des rues de Kampala a aussi plaidé pour une cause noble, la libération du fameux musicien et député Bobi Wine, opposant au régime du président Museveni.

« People power », signifiant « le pouvoir c’est le peuple », est le slogan autour duquel Bobi Wine fonde son engagement politique. Ce slogan est revenu plusieurs fois de la bouche des artistes qui se sont succédé sur le podium du festival du Rolex pour sympathiser avec leur collègue.

D’abord c’est quoi le Rolex ?

Ne confondez pas le Rolex ougandais à la montre que vous portez sûrement sur votre poignet. Quand on parle du Rolex, en Ouganda, cela renvoie à une nourriture ou un met, je ne sais pas trop la différence entre le deux, que vous verrez à tous les coins des rues du Pays.

Il est fait à partir d’un accompagnement du « Chapati » et de l’omelette. Ceux qui ont déjà voyagé dans les pays de l’Afrique de l’Est sauront bien ce qu’est le Chapati. Dans la pâtisserie locale, il est obtenu à partir de la pâte de blé, aplatie en rond, puis grillée dans de l’huile.

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Un chapati en cuisson

Après qu’on ait son « Chapati », il suffit de faire une omelette, où peuvent être ajoutés plusieurs autres épices comme la tomate, l’oignon, du choux, puis bien enrouler le « Chapati » autours de l’omelette et ouf… nous tenons notre Rolex. La célébrité du Rolex tient surtout de son accessibilité : on en trouve dans presque toutes les rues. Son prix abordable attire aussi beaucoup de consommateurs. Son goût succulent et surtout son aptitude à étouffer la faim pendant toute une journée font tacitement son marketing.

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Un Rolex prêt à manger

D’où serait venu l’engagement citoyen du Rolex ?

Arrêté pour trahison, selon le chef d’accusation du gouvernement ougandais à son encontre, le député de l’opposition Robert Kyagulanyi, plus connu sous le nom d’artiste Bobi Wine, est accusé de possession illégale d’armes à feu et de munitions. Cependant, dans le fief de certains ougandais, ces accusations seraient un montage du gouvernement de Kampala qui voudrait étouffer la carrière politique de cet artistes ayant affiché ses ambitions de se représenter aux élections présidentielles.

C’est ainsi que les artistes ont profité du festival du Rolex pour exprimer leur solidarité à Bobi Wine. Ils se sont présentés au festival, pour la plupart portant le béret rouge, insigne du mouvement révolutionnaire « Power People » dont il est le leader symbolique. « Power People » est aussi le slogan de ce mouvement. Il a été presque le refrain du festival du Rolex car les artistes et les festivaliers ne se fatiguaient à le répéter.

Ainsi donc, le Rolex s’est aussi rangé au côté de ce peuple qui le vénère pour appeler à la libération de l’artiste musicien engagé Bobi Wine.

Quelques images du festival du Rolex

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Pour charmer le public ougandais, il faut une danse corps à corps

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Une scéance photo pour les festivaliers avecune petite pencarte où il est écrit « Mba Rolex yange » qui signifie en francais « donne-moi mon rolex »

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Et puis du loisir pour les enfants

 

5 choses à retenir du parcours de Joseph Kabila à la tête de la RDC

Joseph Kabila a été président de la République Démocratique du Congo pendant 17 ans. Depuis sa réélection, en 2016, il a été soupçonné de vouloir briguer un troisième mandat, en violation de la constitution du pays. A l’issu du dépôt des candidatures pour les présidentielles de décembre 2018, il a renoncé tacitement à se représenter pour désigner Emmanuel Ramazani Shadari candidat du FCC, le Front Commun pour le Congo dont il est l’autorité morale. Voici ici cinq choses à retenir de son parcours à la tête de la RDC.

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Joseph Kabila, président de la RDC
cc: Flickr

Par Jean-Fraterne Ruyange

  1. Joseph Kabila a grandi en exil en Tanzanie

Alors que son père dirigé une rébellion contre le régime dictatorial de Mobutu dans le maquis de Fizi au Sud-Kivu, la légende raconte que Kabila aurait été chauffeur de taxi en Tanzanie. Quand son père, le mzée Laurent-Desiré Kabila renverse Mobutu en 1997, Joseph Kabila est envoyé en Chine pour une formation militaire. Dès son retour au pays, il est élevé au grade de Général Major.

  1. Joseph Kabila a accédé au pouvoir à 29 ans

Après que son père Laurent-Désiré Kabila a été assassiné par l’un de ses garde-corps, en janvier 2001, Joseph Kabila a pris les manettes de la République. Il jouissait alors de la même côte de popularité que feu son père, le combattant de la liberté.

  1. Joseph Kabila est devenu très impopulaire en RDC

Il est réputé pour sa capacité à répondre brutalement aux manifestations pacifiques. Des dizaines de personnes ont été tuées dans des manifestations demandant sa démission, dès 2016. C’est surtout sa politique de discrétion qui a fait réagir le peuple car plusieurs doutes ont planés quant à son avenir politique. Son penchant pour les actions surprises ne s’effacera pas facilement des mémoires des Congolais.

  1. Joseph Kabila est protégé par une force de 40000 gardes présidentiels

Par la démonstration de sa force de frappe militaire, il a surtout semé la peur dans le fief des membres de l’opposition et la terreur au sein de la population. 1 400 000 Congolais se sont déplacés depuis  2016. Plus de 3 000 sont morts dans les provinces de Kasai oriental et occidental, et d’innombrables victimes ont été enregistrées dans le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu. Cela fait suite aux conflits entre les forces gouvernementales d’une part, aux dissidences ou encore aux rébellions contre le pouvoir de Joseph Kabila d’autre part.

Les Nations-Unis ont découvert 80 fosses communes et ont rapporté que les pires atrocités ont été commises par les forces gouvernementales.

  1.  Kabila et sa famille contrôlent des puissantes industries

A travers le pays, la famille présidentielle gère de puissantes industries, y compris les mines, les carrières de diamants et la délivrance de plaques d’immatriculation des véhicules. Le président Kabila possède aussi plus de 71 000 hectares de terres agricoles. La pression a augmenté contre Kabila, mais il s’est montré trop puissant pour être mis à l’écart, jusqu’à ce qu’il le décide de s’y mettre lui-même.

Malgré ces deux dernières années où il s’est maintenu au pouvoir en dehors de son mandant constitutionnel, le sixième point que j’aurais ajouté à ce billet serait que « l’histoire retiendra que Kabila est le père de la démocratie en République Démocratique du Congo ». Cependant, comme je sais que la plupart des Congolais ne s’accorderont pas sur ce point avec moi, surtout à cause des points cités précédemment, je fais taire cet autre aspect des choses.

Bayimba Arts Festival brings life to Lunkulu Island

Lunkulu is an almost uninhabited island in Lake Victoria in Uganda. It hosted from 02 to 05 August 2018 the eleventh edition of Bayimba Arts Festival. This island where mainly snakes, egrets and dragonflies coexist now conforms to its new host, the festival man.

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Read the french version here

The new face of Lunkulu Island

It is not only the face of the island that has changed following the countless sets and designs on the site of the festival. The metamorphosis of Lunkulu has also touched the usual mood: music comes from all over and dominates the hearing. Do you want to talk to a friend next door? You must shout in your ears or he will not understand you.

Each person on the island walks with footsteps punctuated by music that one would believe that even birds dance in the air and fish in the sea, so much music dominates the island space.

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Paintings at the Bayimba Festival

The mobilization of Ugandans

If Bayimba festival provided artists from around the world, it was the Ugandans who composed most of the festival-goers. This mobilization is justified by the fact that this festival was held on a site that is truly attractive. Imagine a four-day trip in the middle of a jungle where you will only see animals you are not used to seeing – like egrets, monkeys, … – but also the sounds and artists you dream to see on stage one day. More than satisfaction.

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Egrets on the edge of Lake Victoria

Why not talk about Lake Victoria, its charming landscape and fresh air that is worth a visit? Its peninsulas, bays, capes and its innumerable islands? The Bayimba festival was also a wonderful scope for exploration to nature lovers.

On night, Lunkulu is not gray

A night in the jungle, it must be terrifying but in Lunkulu it was very different, every night during the four days of the festival. From midnight, Justalokohub, a co-creation ecosystem bringing together the Justahub collective from Scotland and Kongoloko from the DRC, burns the third podium of the festival called « Bukunja stage ».

It’s under the lights and decor designed solely for this festival by Sophia Burns and around the performances of DJs like Lewis Lowe, Ethan Pseudopolis or Laura Michelle that festivalgoers have rocked their nights. The performance of MCs Akili and Muhinder is not as quiet as it still echoes in the woods of Lunkulu Island.

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Night view of Bukunja stage

Located on the shores of Lake Victoria, the festival-goers will never forget, I do not doubt it once, because it is the case for me too, of these wonderful nights that gave them Justalokohub where everybody prayed for let it not be day.

Le festival des arts Bayimba vivifie l’ile Lunkulu

Lunkulu est une ile quasi-inhabitée dans le lac Victoria en Ouganda. Il a abrité du 02 au 05 Août 2018 la onzième édition du festival d’arts Bayimba. Cette ile où cohabitent principalement  serpents,  aigrettes et libellules se conforme désormais à son nouvel hôte, l’homme festivalier.

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Le nouveau visage de l’ile Lunkulu

Il n’y a pas que le visage de l’ile qui a changé suite aux innombrables décors et designs sur le site du festival. La métamorphose de Lunkulu a aussi touché l’ambiance habituelle : les musiques viennent de toute part et dominent l’audition. Tu veux parler à un ami à coté ? Il faut lui crier dans les oreilles sinon il ne te comprendra pas.

Chaque personne présente sur l’ile marche par des pas rythmée par la musique qu’on croirait que même les oiseaux dansent dans les airs et les poissons dans la mer, tellement la musique domine l’espace insulaire.

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Des tableaux exposés au festival Bayimba

Lire la version en Anglais ici

La mobilisation des Ougandais

Si au festival Bayimba ont presté des artistes venus de part et d’autre de la planète, ce sont les ougandais qui ont composé la majeure partie des festivaliers. Cette mobilisation se justifie par le fait que ce festival s’est tenu sur un site simplement attrayant. Imaginer une excursion de quatre jours au milieu d’une jungle où vous ne verrez plus que des animaux dont vous n’avez plus l’habitude de voir – comme les aigrettes, les singes,… – mais aussi les cracks de la musique dont vous rêvez de voir sur scène un jour. Plus qu’une satisfaction.

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Des aigrettes sur le bord du lac Victoria

Pourquoi ne pas parler aussi du lac Victoria, son charmant paysage et son air frais qui valent la peine d’être déguster un jour ? Ses presqu’iles, baies et caps et bien plus ses innombrables iles ? le festival Bayimba était aussi un magnifique cadre d’exploration pour les amoureux de la nature.

La nuit Lunkulu n’est pas gris

Une nuit dans la jungle, ça doit être terrifiant mais à Lunkulu c’était bien différent, toutes les nuits, durant les quatre jours du festival. À partir de minuit, Justalokohub, un écosystème de co-création réunissant le collectif Justahub de l’Ecosse et Kongoloko de la RDC mettaient.33t du feu sur le 3ème podium du festival dit « Bukunja stage ».

C’est sous les lumières et le décor conçu uniquement pour ce festival par Sophia Burns et autour des performances des DJs comme Lewis Lowe, Ethan Pseudopolis ou encore Laura Michelle que les festivaliers ont bercé leurs nuits. La prestation des MCs Akili et Muhinder n’est pas aussi à taire car elle fait encore écho dans les bois de l’ile Lunkulu.

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Vue nocturne du Bukunja stage

Logé sur le bord du lac Victoria, les festivaliers n’oublieront jamais, je n’en doute pas une seule fois, car c’est le cas pour moi aussi, de ces nuits formidables que leur a accordé Justalokohub où tout le monde priait pour qu’il ne fasse plus jour.