Divorcer ou souffrir, opte pour le moindre mal

Seulement quelques mois après votre mariage, le symptôme du divorce a plané sur votre couple. Celui qui était supposé te protéger est devenu ton pire cauchemar. Toi, ma sœur, affamée du bonheur, au barreau du conformisme social, tu t’es retrouvée condamnée à avoir chaque jour trois repas complet d’affliction et de l’amertume au dessert !

amour-divorce-mariage

Image utilisée à titre d’illustration
Photo : Wikicommons, réutilisation autorisée

Tu croyais suivre la bonne voie, celle que nous imposent nos traditions. Tu as dit au revoir à ta famille, à tes amis, tu lui as pris la main, pensant être en la compagnie du prince charmant alors que derrière sa coquetterie se cachait un crapaud. Tu lui as ouvert le cœur mais lui t’a ouvert les veines. Il te fait saigner, il te fait pleurer, il te rend malheureuse.

Tu as fait fausse route, tu le sais, tu le sens, mais c’est cette bague au doigt qui continue de te dicter : « C’est cela le mariage, tu dois le supporter. » Non, moi je ne suis pas de cet avis. Le mariage c’est pour le meilleur et pour le rire ; au diable le pire ! Et tu sais quoi ? Le diable, il faut le fuir.

Tu n’as pas raté ta vie

Tu es encore trop jeune pour noyer ton enthousiasme dans un quotidien maussade. Ta vie tourne à l’orage, pourquoi t’obstines-tu à rester dans ce navire qui chancelle ? Abandonne ces mauvaises vibrations, ces ondes négatives qui te retiennent dans un mariage qui ne fonctionne que de nom et d’apparence.

Tu as le droit d’y croire, oui, je sais combien c’est difficile mais il y a une vie après le mariage, rassure-toi. Certes, des regards lourds vont se poser sur toi mais que cela ne ralentisse pas envie d’avancer. Si la société va discréditer la femme que tu es, ne cherche pas à te justifier car une divorcée n’est pas une femme ratée, c’est juste une femme qui est tombé sur un mari taré.

divorce-mariage-amour

Photo : Pixabay.com

Tu lui as donné une deuxième chance, une troisième, puis une quatrième et ainsi de suite… Au lieu de changer, il a ancré en lui sa grossièreté et son obscénité. Regarde, combien autour de toi ont perdu leur vie en essayant un mariage râpé, combien se sont retrouvées avec des handicaps physiques et/ou émotionnels en tentant de sauver l’honneur d’un foyer infâme ?

Tu le sais bien, il n’y a rien que tu puisses encore sauver. Tout comme ce qui est mort ne peut mourir1, on ne peut distinguer un cadavre d’un défunt. Alors ce qui te reste, c’est de chercher à sauver ta peau. Tu as encore toute la vie devant toi, tu as encore le temps de te remettre et de vivre, ou mieux de goûter à la vie.

Je t’écris tout ça juste pour te dire que si tu savais quel destin te réserve Dieu, tu t’en irai danser nue sur la plage2 au lieu d’aller te faire tuer par ton débile de mari ivrogne qui ne sait pas voir le charme de ton sourire, les étincelles de tes yeux et l’éclat de ton visage. S’il veut se débarrasser de toi, tant pis pour lui, laisse-le, nous tes amis, nous ta famille, nous ne voulons pas te perdre

1Devise des habitants des îles de fer dans la série « Game of thrones ».
2Prophétie faite par un sage à Rollo, frère de Ragnar Lothbrok, qui se plaignait de sa misérable vie dans la série « Vickings »

A mort Cupidon !

Plainte-mort-cupidon-doit-mourir

Peinture Cupidon
Photo : Pixabay.com, réutilisation autorisée

Vénus est distraite
Aphrodite est morte
Valentin n’est qu’un mythe
Et toi tu te dispute les assiettes !

Tu devrais aller à la retraite
Pour ne pas troubler l’utopie de Cendrillon et Barbie
Laisse Picasso redonner l’éclat aux cœurs tristes
Halte! Ne te mêle pas des contes des fées de Walt Disney.

Dispenser l’amour, provoquer une alchimie magique
Voilà à quoi étaient destinées tes flèches empoisonnées, Cupidon,
Tu as rendu l’amour rare et monstrueux, ton bilan est catastrophique
En créant Valentin tu as été con, ce mec est un vrai bidon.

Il n’offre les cœurs sensuels qu’aux plus offrants
C’est aux enchères qu’il vend les histoires les plus romantiques
Jamais tu n’as su placer tes foutues flèches correctement
Et les vrais amoureux en payent le prix : Nostalgie, crise cardiaque.

Es-tu conscient de la pagaille que tu sème au milieu des gens :
Que des beaux yeux rougissent pour pleurer des voyous vauriens
Que pour des salopes s’effacent des sourires charmants
L’amour vire vers la calamité, tout ça de ta faute crétin.

« A mort Cupidon » Tel est le cri de tous ces célibataires anonymes
Qui joignent leur voix aux rimes enragées de mon poème
Et si cela n’est pas la solution, c’est en tous cas notre proposition
Car tu as sans doute failli à ta mission !
« A mort Cupidon!!!!!!!!!!!!! »

Par Jean-Fraterne RUYANGE

Une nuit avec mamie (partie I) : le mariage dans les traditions ancestrales en RDC

Actuellement, il existe en Afrique trois modes des mariage : le mariage religieux, le mariage civil et le mariage coutumier. Ils cohabitent dans la plupart des sociétés africaines et sont même complémentaires. Ils sont à considérer comme des formes modernes de mariage, car, dans le temps, nos aïeux ont vécu d’autres formes de mariages, aussi surprenantes que déprimantes.

Mariage-traditions-coutumes-afriques

Ma grand-mère, racontant les histoires du passé

Par Jean-Fraterne Ruyange

« Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle » avait déclaré Amadou Hampâté Bâ. Et oui, il n’avait pas tort. Heureusement, j’ai encore une bibliothèque où abreuver ma soif d’entrer en contact avec mes racines. Il s’agit de ma grand-mère. Ici, je vous rapporte ce que j’ai lu dans son livre des souvenirs concernant le mariage dans nos traditions.

Quand je parle de « son livre des souvenirs », n’allez pas comprendre que je suis tombé sur une sorte d’ «agenda ou grimoire» où elle aurait conserver son vécu. Chez nous, « l’Histoire s’écrit à l’oral ». Lire le livre des souvenirs d’un griot consiste donc à s’asseoir auprès de lui et à l’écouter… Pour faire le coq, il suffit de lui poser des questions, en faignant de vouloir puiser la morale grâce à son expérience.

C’est là le jeu qu’adorent nos griots. Réussir à les embarquer dedans, c’est réussir à voler leur temps. Voilà comment je suis parvenu à voler à mamie presque toute sa nuit… Le nœud central de mon interrogation consistant à savoir comment se mariaient ses contemporains, elle a préféré me dévoiler aussi pourquoi ils se mariaient.

La procréation : cause, but et finalité du mariage

La première chose que m’a révélée mamie c’est qu’à son époque, il était difficile de parler de l’amour. Pour elle, les gens qui s’aimaient étaient ceux qui arrivaient à vivre ensemble sans précédents immondes. Il n’était donc pas question de chercher à cohabiter parce qu’on s’aime mais plutôt de chercher à s’aimer parce qu’on cohabite.

Il faut aussi souligner que dans tout cela, ce qui importait c’était de faire des enfants. Cohabiter pour faire des enfants. C’était uniquement pour cela que nos aïeux se mariaient. La cause, le but et la finalité du mariage était donc de faire des enfants. Une union sans enfants a toujours été considérée comme absurde parce-que les enfants sont une source de fierté, ils sont le prestige de la famille.

Comment se mariaient alors nos aïeux ?

A ce niveau, grand-ma a un peu trop parlé mais j’ai quand même retenu trois – parmi tant d’autres – des manières majeures dont se mariaient nos aïeux :

  1. Le mariage arrangé

J’aurais tendance à plutôt parler de mariage « forcé » mais le terme est un plus lourd. Il s’agit d’une union souvent précoce  pour les femmes. Selon les dire de mamie, cela s’expliquerait d’abord par l’inégalité des sexes. Dans nos traditions, la femme a toujours été considérée comme étant inférieure à l’homme. D’où le fait qu’ elle constitue une charge pour la famille, il faut donc s’en débarrasser le plus tôt possible.

Ce mode de mariage a toujours été prisé en Afrique par les familles pauvres qui cherchent à créer des alliances stratégiques avec les familles des riches.

À ce niveau, ce sont les parents qui choisissent à qui donner leur enfant en mariage. Il ne s’agit donc pas de deux êtres qui s’aiment mais de deux personnes qu’on oblige à s’aimer.

  1. Le mariage choisi

Je l’ai qualifié d’ « amour choisi » car je n’ai pas trouvé d’autres mots qui pourraient illustrer cela mieux. Ici aussi, il ne s’agit pas d’épouser qui on aime mais plutôt de choisir qui épouser. L’époux ou l’épouse est choisi(e) en fonction de ses aptitudes et/ou de ses atouts (excellent chasseur, très bon cultivateur, bonne danseuse, chanteuse ou encore bonne ménagère…).

Une fois d’accord entre eux, ce qui incombe encore aux deux partenaires c’est de convaincre leurs parents respectifs sur leur choix. Pas donc de mariage possible dans nos traditions sans l’implication des parents. Ce sont eux qui approuvent ou désapprouve l’union, qui plus est, en dernier ressort. Pas d’appel à leur décision.

  1. Le mariage par rapt

Voilà le mode de mariage qui m’a le plus intéressé. Avec celui-ci, pas question de rater la femme de ses rêves. Dans ma situation, il serait le remède par excellence qui adoucirait mes pulsions amoureuses.

Le mariage par rapt chez nos aïeux, consistait à enlever la femme (fille) que l’on veut pour épouse. Cet enlèvement s’organisait par l’homme qui voulait fonder famille, en concert soit avec ses amis, soit avec sa famille. L’assaut était lancé une fois que la « mariée » se rendait à la rivière ou aux champs. Prise de force, son « homme » devait l’obliger à consommer leur union pour s’assurer qu’elle ne pourra plus revenir chez ses parents.

Après cette union, qu’elle veuille ou non de son mari, la femme était dans l’obligation de cohabiter avec lui. Dans nos traditions, une femme qui avait déjà connu un homme ne pouvait pas être mariée par un autre. La virginité avait donc une place de choix dans le mariage. Ces mêmes traditions ne permettaient pas non plus aux femmes de rester célibataires. Voilà pourquoi le mariage par rapt fonctionnait aussi plutôt bien.

Pour lire la deuxième partie de ce billet, cliquez ici.

L’amour est mort

Accepter que ce ne soit pas toi
M’a embrasé le cœur d’émoi
Ces larmes
Et ce chagrin qui m’assomment
Ne sont que des symptômes
Des lésions de mon âme.

Et dire que nos chemins se séparent
Désormais
Que ma route ne sera jamais pas pavée
Par le charme de ton sourire
Et les étincelles de ton regard
M’estropie de la félicité.

Savoir qu’aux temps de nos rides
Tu seras bercé dans les bras d’un autre
Qu’avec lui tu ne feras qu’une chair
Et que je n’aurai pas de compagne
Dans mes ballades
Ne fera que m’affermir dans la peine.

J’accepte qu’il n’y ait jamais de nous
Sans renoncer à cette vive flamme
Qui a su incendier mes sentiments
Jamais, j’en fais le serment
Je ne laisserai personne prendre ta place
Car, dans mon cœur,
L’amour est mort.

La magie de mon premier baiser

On en parle beaucoup mais tout ce que je sais à ce sujet c’est que le premier baiser est réputé « romantique ». Les expériences, les souvenirs, la nostalgie du premier baiser varient d’une personne à une autre mais gardent toujours une chose en commun : Un coté spécial. Celui du mien semble encore plus spécial.

Tombé sous le charme

Je m’en souviens comme si c’était juste hier. Je revois pétiller sur son visage luisant un regard d’ange et un sourire qui a toutes les couleurs. J’avais l’impression qu’un arc-en-ciel auréolait ses lèvres. Et puis, sa voix caressante, mon coeur en demeure frissonnant depuis ce jour là.

Sur ses lèvres se distillait du miel, au fil de ses cheveux ruisselait de l’or, mon regard ne restait rivé qu’à ses gestes qui lui donner l’air de la madone. Je n’en doute une seule fois, elle était la réincarnation de la mère du Christ. – Que les cieux me pardonnent si je blasphème. –

Quel moment inoubliable, quelle chaleur pour ces trop courts instants ! L’extase inondait mon âme, mon coeur était en feu. Je l’ai pris par les hanches, je l’ai serrée tout contre moi et je l’ai susurré à l’oreille :

Tu es la rime de ma poésie

Tu es le sel de ma vie

La raison de ma folie

Et le charme s’est rompu

J’étais à deux doigts, ou, disons mieux, à deux lèvres, de ses lèvres quand je l’ai vu fermer les yeux. Elle s’apprêter à sentir mes lèvres se poser sur les siennes et on était tous deux dans un élan de passion. Je l’avais déjà conquis, j’en étais sur car elle se laissait faire et obtempérait devant les caprices et les désirs de mon empressement.

Et, enfin, ce fut le moment le plus agaçant, j’ai ouvert les yeux et elle n’était plus là. Je voulu l’appelé, crié son nom mais je ne connaissais même pas son nom. Je l’ai cherché tout au tour de moi mais je ne l’ai pas retrouvé, elle s’était envolée.

Je n’ai pas eu l’occasion de mordre ses lèvres malgré ces instants de bonheur partagé, elle ne m’a laissé aucune piste pour pouvoir courir à sa rechercher. Dans la détresse de ma solitude soudaine c’est mes draps qui me réchauffaient.

Je n’en revenais pas de ce coup dur, je me sentais abattu et c’est lorsque j’ai trouvé le confort que j’espérais auprès de mon oreiller que je me suis rendu compte que tout cela n’était qu’un rêve. Oh! non. Mon premier baiser n’était donc qu’une chimère.

Par Jean-Fraterne Ruyange