Et si l’homme du match électoral en RDC c’était l’arbitre ?

Dans le football, après chaque match, il y a cette culture qui veut à ce que soit récompensé le joueur qui s’est distingué lors de la rencontre. C’est toujours, soit un joueur des champs, soit un gardien des buts, ça dépend de qui a été le plus décisif, qui reçoit cette récompense.

Cependant, en République Démocratique du Congo, la rencontre la plus attendue va enfin pouvoir se disputer ce dimanche 23 Décembre 2018. Selon les derniers pronostics ce ne sera pas ni joueur ni un gardien des buts qui va remporter haut les mains cette récompense mais plutôt l’arbitre de la rencontre. Comment est-ce possible ? Attendez, je vous explique dans deux points:

  1. L’arbitrage vidéo est maintenu mais elle ne servira à rien

Alors que le monde bouscule actuellement vers le numérique dans presque tous les domaines de la vie, l’arbitre a aussi voulu en faire usage pour départager les équipes en toute transparence. Bien que cela semble marche en football où nous voyons les joueurs eux-mêmes réclamer cette assistance, tel n’a pas été le cas au pays des Léopards. Joueurs et fans se sont tous mis d’accord pour décrier cela au point que certains été prêts à boycotter le match si l’arbitre imposait sa technologie.

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Photo: Flickr.com

En tout cas le Congo c’est Jumanji et pas Wakanda. Que l’évolution technologique reste ailleurs, nous n’en voulons pas chez nous, surtout pas dans un match aussi important. Ainsi donc, l’arbitre a été contraint de garder sa technologie juste pour soit professionnaliser son job, soit juste pour impressionner je ne sais qui car les décisions qu’il va prendre ne viendront pas de ces machines soupçonnées de triche. Déjà une décision sage de sa part qui redonne gout au match.

  1. Les joueurs ont déjà déçu

Dans l’équipe des favoris dans la compétition, ça sent la bavure dans l’air. Bien qu’étant champion en titre, cette équipe a déjà fait beaucoup des faux pas sur le terrain comme en dehors du terrain. Ses joueurs usent de tous les moyens, légaux ou illégaux pour arracher le titre de champion : corruption des arbitres, excès de combativité, saut sur les adversaires, bousculade, touches volontaires du ballon…

Là où tout porte à croire que l’homme du match ne viendra pas de cette équipe c’est le simple fait que cette équipe est déjà gagnante, suite à toutes les manœuvres frauduleuses qu’elle met en place, avant même le coup d’envoi de la rencontre.

Dans l’équipe adverse, juste se choisir un capitaine a été une mer à boire. Deux brassards, deux capitaines, dans une même équipe, ça n’a jamais existé. Cela sera fatal pour eux car ils ne vont jouer que dans l’égoïsme. S’ils perdaient le match, cela ne sera vraiment pas une surprise car même les fans sont confus et ne savent pas comment soutenir un tel amalgame.

Si l’arbitre proclamait gagnante cette équipe adverse, ce sera la surprise de l’année et lui homme du match car il aura donné de la lumière où tout est confusion.

Congolais, debout !

Toi qu’on froisse, toi qu’on percute, toi qu’on agace, toi qu’on tracasse, toi qu’on harcèle, toi dont le désespoir brouille l’avenir, c’est à toi que je m’adresse.

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Des Congolais fuyant la guerre

Par Jean-Fraterne Ruyange

Congolais, où es-tu ?

Pour que ce soit les autres qui parlent en ton nom, pour que ce soit les autres qui se battent à ta place dans un combat qui n’est pas la leur ? Pourquoi recherches-tu encore de la chaleur sous tes couverts alors que le mépris, l’insolence et la duperie sont les plats dont on nourrit ta patience ? – Ou, disons mieux, ta nonchalance –. Lasse-toi d’assouvir ta patience par les promesses de ces fines mouches car elles ne sont qu’illusoires. Réveille-toi de ton sommeil, sors de ce cauchemar…

Congolais, que penses-tu ?

Quand La Fontaine dans ces fables dit: « Selon que vous soyez puissants ou misérables, les jugements des cours vous rendront noirs ou blancs ». A toi de décider d’être l’âne, et être responsable de la peste, juste pour avoir brouté de l’herbe sans permission ; ou d’être le loup et manger force mouton, sans que cela ne soit menaçant. Et pourquoi pas le lion pour arracher la paix, la tranquillité et la démocratie des mains de ces vautours, ces messagers de malheur qui flirtent avec la mort, qui l’ont pris en otage ?

Souviens-toi, le lion ne négocient pas, il ne se fait pas prier pour avoir sa proie. Il l’arrache par son rugissement. Congolais, qui t’a muselé ? Rugis !

Congolais, que fais-tu ?

Tu vénère la misère qui t’accable, tu plies sous le joug de l’abnégation, tes enfants meurent de faim. Tu ne réagis toujours pas ? Ériges ta bravoure en bouclier de résistance, dresse ta dignité devant toi pour tenir à l’écart la sournoiserie de l’ennemi qui t’asservit et la manipulation du frère qui se joue de toi. Sois responsable devant ta destinée, ne démissionne pas de ton devoir citoyen.

Congolais, vois-tu ?

Ou tu es simplement aveugle pour ne pas voir la réalité flagrante qui s’affiche devant tes yeux. Si les contours et l’ampleur de l’atrocité et de la barbarie que vivent tes frères et sœurs sur l’ensemble du territoire national ne dérangent pas ta quiétude et ton âme, tu es un citoyen perdu. Ta nation, tu vas la perdre aussi. Que peut-on espérer de toi ?

Congolais, tu es là ?

Prends ton pouvoir, tant que tu demeureras enfantin, libertin pour rester là à t’apitoyer sur ton sort au lieu de te libérer, contre vents et marrées, rien ne va s’améliorer, tout restera dramatique.

Congolais, que veux-tu ?

Si vouloir c’est pouvoir, tu dois d’abord y croire. Agis pour redorer ton histoire, pour inspirer ta postérité, pour leur léguer un héritage louable et prospère. Brave le froid, la faim et la soif, lève-toi, débout, pour combattre l’injustice.

Débout pour dénigrer la haine, dénoncer la violence, d’où qu’elle vienne, contrecarrer le népotisme et le tribalisme. Tu veux vivre ? C’est simple : Tu dois combattre. Je ne te demande pas de combattre pour mourir mais, plutôt, de combattre contre la mort, de combattre pour ta survie.

Congolais, courage !

Oui, il faut que tu prennes courage en ce temps où ton pays est dans un chaos total. Si tu sème la nonchalance, tu ne récolteras que l’insolence et la grossièreté de ceux qui dirigent ton pays.

Tu le sens déjà, cela te parait en fin claire. La démocratie que tu veux, les élections que tu espères, c’est une pluie qui ne peut couler que grâce aux nuages que tu auras provoqué. Ne te confie pas à la météo de la CENI (Commission Électorale Nationale Indépendante) car depuis 2016, c’est la troisième fois qu’elle donne des prévisions qui s’avèrent aussi truquées. Et si tel n’est pas le cas, son baromètre serait en panne.

Lassé ? Nous le sommes tous mais cette guerre, nul ne peut la gagner seul. Mettons-nous tous débout pour nos droits et ceux de nos enfants. Nous lamenter ne nous rendra aucun service. Nous avons besoin de toi, la nation a besoin de toi, joints-toi à nous, bats-toi pour ces jours heureux que tu veux pour tes enfants, rugis pour arracher ce qui te revient de droit.

Il est temps, Congolais, rugis !