Pour de la drogue, plus de repos éternel dans les cimetières de Goma en RDC

À Goma, une ville à l’Est de la RDC, vient de surgir le « Mugo », une forte drogue à base, semble-t-il, des os du squelette humain et « efficacement » celui des albinos. Une pratique barbare proche de l’endocannibalisme funéraire qui constitue un danger permanent.

L »ONG américaine, International Rescue Committee, avait chiffré à 5,4 millions de morts le bilan des combats au Kivu sur la période 1998-2007. Depuis lors, la situation ne s’est jamais améliorée. Par contre, le taux de mortalité s’accroit du jour au lendemain suite à une suite des guerres interminables qui touchent pour la plus part la province du Nord-Kivu. Difficile d’avoir un chiffre exact, mais les violences dans cette région de l’est du pays ont fait des centaines de morts et plongé dans le chaos les populations.

Selon cet article d’Afrique la Libre, tous les jours, depuis 2016, deux personnes sont tuées à Béni et Lubero. Bien que la ville de Goma ne soit pas directement concerné par ces massacres, on y signale aussi des cas de morts fréquents de suite soit d’une maladie, d’un assassinat cible ou même un accident de circulation. Les morgues de l’hôpital provincial et celle de l’hôpital militaire sont les plus fréquentées sur les cinq que compte la ville de Goma. La ville de Goma enterre ses morts aux cimetières de l’ITIG, Jolis bois, Gabiro, et pour les classes riches à Kanyamuhanga et Makao.

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Cimètières
Photo : Pixabay.com

Si dans les cimetières classe riche, il y a encore de la dignité, dans d’autres par contre, les morts ne reposent plus en paix. Si ce ne sont pas des tombes qui sont profanées, ce sont les vivants qui se disputent de l’espace avec les morts. La goutte d’eau qui vient déborder la vase, ce sont ces actions inhumaines familières au cannibalisme qui prennent de l’ampleur à Goma, la ville touristique de la RDC. En effet, certains jeunes insensés et sans scrupule déterrent les restes des corps humains, en tout cas pas pour des rituels traditionnels, mais pour en fabriquer une drogue poudrée qu’ils appellent « Mugo ». On n’est pas loin des faits constitutifs de l’infraction d’anthropophagie réprimée à l’article 62 du code pénal congolais ordinaire.

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Il est où l’humanisme ?

A Birere, le quartier le plus populaire et le plus chaud de la ville de Goma, plusieurs habitants s’accordent avoir déjà vu des jeunes du coin s’adonner à ces aberrations que moi-même je condamne. En plus, il y en a qui attestent avoir déjà consommé ce « Mugo » et qu’il devient plus efficace lorsque le squelette utilisé était celui d’un albinos.

 » J’habite à Kabutembo à côté des cimetières de l’ITIG. Très souvent avec mes amis, nous passons du temps à chercher de l’argent pour nous trouver à manger ou de quoi acheter de la drogue. Malheureusement certains de mes amis font des choses qui m’horrifient. Au fait, ils fabriquent une drogue qui s’appelle Mugo à base des os des squelettes humains « , m’a confié Trésor (Prénom d’emprunt).

Sans requérir l’anonymat, Muhindo m’a révélé, pour sa part, qu’il s’est impliqué dans cette activité car il n’arrive pas à se trouver de l’emploi malgré son diplôme d’État en techniques sociales.  » Si je ne gagne pas beaucoup dans la vente du Mugo c’est parce que mes clients insistent pour que je leur trouve les os des albinos pour que je sois bien payé. Mais le peu là m’aide à survivre quand-même car j’ai obtenu mon diplôme depuis 2011 et je suis au chômage depuis tout ce temps « , a-t-il dit

Je me demande du coup si l’insuffisance de la mélanine sur la peau des albinos aurait de l’impact sur leurs os aussi. Que les médecins, anatomistes et/ou dermatologues prennent du temps pour me répondre en commentaire.

L’être humain n’est-il pas en train de perdre son sens d’humanité ? Où est passé le respect dû aux morts ? C’est inacceptable, les vivants doivent du respect aux morts. Que les autorités s’investissent pour arrêter ces actes barbares, et sécuriser les cimetières pour permettre un repos paisible éternel à nos êtres chers.

Ces 3 choses que la coupure de l’internet retire aux Congolais

C’est mon premier billet de 2019. Je croyais que j’allais écrire sur un truc genre mes nouvelles résolutions pour cette année ou encore le bilan de mon blog en 2018. Finalement, je n’ai pas pu, ne pouvant pas accéder à internet.

En effet, au lendemain des élections du 30 décembre 2018 en République Démocratique du Congo, le gouvernement a décidé d’imposer un black-out numérique. Signalons en passant que ce n’est pas la première fois que nous vivons cela en RDC. Voici donc les trois choses dont les Congolais sont privés par cette coupure.

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Une personne connectée sur Facebook – Crédit photo : Jean-Fraterne Ruyange

  1. L’espoir

Déprimé, réprimé, muselé, froissé, appauvri par son gouvernement. Le dernier espoir du peuple congolais était de sanctionner ses bourreaux en ne votant pas pour eux. Alors que la mission semblait être accomplie, le doute est revenu.

Plusieurs analystes et observateurs s’accordent à dire que le but de cette coupure de l’internet est d’empêcher qu’il y ait de la lumière dans le processus électoral et la répression qui s’en est suivie. Le cauchemar demeure donc certain, les Congolais devront affronter leurs fantômes pour un quinquennat encore. Désespoir…

A lire aussi : L’élection est hellène, la répression est nègre

  1. Les vœux de nouvel an et la bonne humeur

Comment être de bonne humeur si on n’a pas la possibilité de recevoir ni d’adresser des vœux de nouvel an à ses proches comme le veut la coutume ? Les Congolais n’ont pas pu goûter à cette poésie qui submerge les réseaux sociaux en début d’année.

Impossible de souhaiter des fêtes fabuleuses à nos frères, amis et connaissances vivant à l’étranger. Même chose pour ceux vivant à l’intérieur du pays car même les SMS ne fonctionnent pas.

  1. Un climat favorable aux entreprises

Les entreprises qui opèrent dans l’économie numérique vont générer des pertes sèches innombrables. Cette coupure ne fait donc pas du mal à la population seulement mais aussi à l’économie du pays. S’il faut se fier aux chiffres de certains analystes, la RDC va perdre jusqu’à 140 millions de dollars, en raison de 20 millions par jour, s’il faut attendre la proclamation des résultats – prévue pour ce 6 janvier – pour que l’internet soit rétabli.

Selon l’application Netblocks.org, cette baisse pourrait être moins importante, mais déjà atteindrait déjà 16 millions de dollars. Cet outil estime l’impact économique d’une interruption d’Internet, d’une panne des données mobiles ou d’une restriction d’application en se basant sur les indicateurs de la Banque mondiale, de l’UIT (Union Internationale des Télécommunications), d’Eurostat et de l’U.S Census.

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Selon cette application, la RDC perd jusqu’à 3 218 737 dollars par jour. Donc en ce cinquième jour de coupure de l’internet, nous avons déjà perdu jusqu’à 16 093 684 dollars, et la perte continue à s’alourdir.

Vous pouvez aussi calculer ce que cela peut coûter à votre pays si on vous coupe internet en suivant ce lien : netblocks.org/cost/

La descente aux enfers de l’économie congolaise

Depuis un certain temps, l’économie de la République démocratique du Congo (RDC) chancelle. La dépréciation du franc congolais provoque l’instabilité du taux de change mais aussi la flambée des prix sur le marché.

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Un billet de 5 millions des francs Zaïre, dit Yayote

Par Jean-Fraterne RUYANGE

Un rendez-vous à Golgotha

Les plus touchés par la dépréciation du franc congolais sont les agents et fonctionnaires de l’Etat qui perçoivent leur salaire en monnaie locale. Alors que le taux de change ne fait que grimper dans les tours, ils sont sujets au traitement d’il y a toujours. Face à cette situation, ces salariés se trouvent dans l’impasse et ne peuvent lier les deux bouts du mois.

Si leurs salaires stagnent, tel n’est pas le cas des prix sur le marché. Bien que la loi budgétaire fixe le taux de 1450 francs congolais pour 1$ US, ceux-ci continuent de percevoir leur salaire au taux de 930fc pour 1$ US.

C’est ainsi qu’ils se sont réunis le mois dernier en brandissant la « mauvaise foi » du gouvernement, tout en l’interpellant sur les grèves qui seront observé jusqu’à ce qu’ils recouvrent ce que de droit. Bien au-delà des grèves, ce qui vient empirer les choses ce sont les appels aux journées mortes qui bloquent toutes les activités génératrices des revenus.

Un autre rendez-vous des agents et fonctionnaires de l’Etat est prévu à la place Golgotha, en face du bureau du trésor public à Kinshasa. Ces grèves vont-elle crucifier Barrabas ou le Messie tant que nous savons qu’elles contribuent à la détérioration de l’économie du pays ?

Qui en profite ?

Je dirai qu’il y en a, sans doute, ceux qui ne sont pas touchés et ceux qui tirent profit de cette crise monétaire. Si les premiers ne peuvent être pointés du doigt, les deuxièmes quant à eux, sont les commerçants.

D’une manière ou d’une autre, ils sont ceux qui jettent de l’huile au feu. Ils profitent de l’inertie de ces premiers, incapables de déterminer un taux fixe, de le stabiliser et de régir les prix, pour semer le désordre, la confusion et le chaos.

A chaque commerçant correspond un taux de change particulier, qui plus est, le taux d’achat n’est pas égal au taux de vente. Je suis sûr que là vous ne me comprenez pas ce que je dis, car, en effet, il faut être Congolais pour essayer d’imaginer ce que cela pourrait bien dire.

Un voyage dans le temps

L’histoire risque de se répéter, comme ce fut le cas au Zaïre de Mobutu où l’hémorragie économique est allée jusqu’à imposer un billet qui ne pouvait être converti sur le marché. Avec ce billet dit le « Yayote[1] » on était obligé de dépenser jusqu’au dernier centime car il n’avait pas de subordonné pour permettre la restitution lorsqu’on effectuer des achats.

Cela s’est produit vers les années 90, lorsqu’il y a eu instabilité politique au pays. Les investisseurs ne veulent pas prendre le risque d’hypothéquer leur argent dans un pays où tout est peut arriver à tout moment. Sachant qu’ils sont les grands détenteurs des devises, voilà ce qui expliquerait, dans une certaine mesure, l’inflation de la monnaie locale.

Avec ce qui se passe actuellement en République Démocratique du Congo, il ne reste plus l’ombre d’un doute que l’économie du pays empire de jour en jour. Lire la suite