Congolais, debout !

Toi qu’on froisse, toi qu’on percute, toi qu’on agace, toi qu’on tracasse, toi qu’on harcèle, toi dont le désespoir brouille l’avenir, c’est à toi que je m’adresse.

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Des Congolais fuyant la guerre

Par Jean-Fraterne Ruyange

Congolais, où es-tu ?

Pour que ce soit les autres qui parlent en ton nom, pour que ce soit les autres qui se battent à ta place dans un combat qui n’est pas la leur ? Pourquoi recherches-tu encore de la chaleur sous tes couverts alors que le mépris, l’insolence et la duperie sont les plats dont on nourrit ta patience ? – Ou, disons mieux, ta nonchalance –. Lasse-toi d’assouvir ta patience par les promesses de ces fines mouches car elles ne sont qu’illusoires. Réveille-toi de ton sommeil, sors de ce cauchemar…

Congolais, que penses-tu ?

Quand La Fontaine dans ces fables dit: « Selon que vous soyez puissants ou misérables, les jugements des cours vous rendront noirs ou blancs ». A toi de décider d’être l’âne, et être responsable de la peste, juste pour avoir brouté de l’herbe sans permission ; ou d’être le loup et manger force mouton, sans que cela ne soit menaçant. Et pourquoi pas le lion pour arracher la paix, la tranquillité et la démocratie des mains de ces vautours, ces messagers de malheur qui flirtent avec la mort, qui l’ont pris en otage ?

Souviens-toi, le lion ne négocient pas, il ne se fait pas prier pour avoir sa proie. Il l’arrache par son rugissement. Congolais, qui t’a muselé ? Rugis !

Congolais, que fais-tu ?

Tu vénère la misère qui t’accable, tu plies sous le joug de l’abnégation, tes enfants meurent de faim. Tu ne réagis toujours pas ? Ériges ta bravoure en bouclier de résistance, dresse ta dignité devant toi pour tenir à l’écart la sournoiserie de l’ennemi qui t’asservit et la manipulation du frère qui se joue de toi. Sois responsable devant ta destinée, ne démissionne pas de ton devoir citoyen.

Congolais, vois-tu ?

Ou tu es simplement aveugle pour ne pas voir la réalité flagrante qui s’affiche devant tes yeux. Si les contours et l’ampleur de l’atrocité et de la barbarie que vivent tes frères et sœurs sur l’ensemble du territoire national ne dérangent pas ta quiétude et ton âme, tu es un citoyen perdu. Ta nation, tu vas la perdre aussi. Que peut-on espérer de toi ?

Congolais, tu es là ?

Prends ton pouvoir, tant que tu demeureras enfantin, libertin pour rester là à t’apitoyer sur ton sort au lieu de te libérer, contre vents et marrées, rien ne va s’améliorer, tout restera dramatique.

Congolais, que veux-tu ?

Si vouloir c’est pouvoir, tu dois d’abord y croire. Agis pour redorer ton histoire, pour inspirer ta postérité, pour leur léguer un héritage louable et prospère. Brave le froid, la faim et la soif, lève-toi, débout, pour combattre l’injustice.

Débout pour dénigrer la haine, dénoncer la violence, d’où qu’elle vienne, contrecarrer le népotisme et le tribalisme. Tu veux vivre ? C’est simple : Tu dois combattre. Je ne te demande pas de combattre pour mourir mais, plutôt, de combattre contre la mort, de combattre pour ta survie.

Congolais, courage !

Oui, il faut que tu prennes courage en ce temps où ton pays est dans un chaos total. Si tu sème la nonchalance, tu ne récolteras que l’insolence et la grossièreté de ceux qui dirigent ton pays.

Tu le sens déjà, cela te parait en fin claire. La démocratie que tu veux, les élections que tu espères, c’est une pluie qui ne peut couler que grâce aux nuages que tu auras provoqué. Ne te confie pas à la météo de la CENI (Commission Électorale Nationale Indépendante) car depuis 2016, c’est la troisième fois qu’elle donne des prévisions qui s’avèrent aussi truquées. Et si tel n’est pas le cas, son baromètre serait en panne.

Lassé ? Nous le sommes tous mais cette guerre, nul ne peut la gagner seul. Mettons-nous tous débout pour nos droits et ceux de nos enfants. Nous lamenter ne nous rendra aucun service. Nous avons besoin de toi, la nation a besoin de toi, joints-toi à nous, bats-toi pour ces jours heureux que tu veux pour tes enfants, rugis pour arracher ce qui te revient de droit.

Il est temps, Congolais, rugis !

RDC : L’indépendance agonise, les internautes humorisent !

Le 57ème anniversaire de l’indépendance de la RDC a été un peu particulier. C’est sur la toile qu’elle a élu domicile depuis que le président de la République a annoncé son annulation dans un communiqué qui continue à faire vibrer la toile sous un ton humoristique.

J’ai voulu écrire quelque chose au lendemain du 30 Juin, date à laquelle nous commémorons l’anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance mais la mauvaise qualité de ma connexion ne m’a pas permis d’intégrer des publications Facebook et tweets dont j’avais besoin. Du coup, j’ai laissé tombé. Cependant, vu l’ampleur que continue à prendre l’humour lié à cet incident, je reviens sur mon article.

Comment est né ce drâme ?

Depuis notre accession à l’indépendance le 30 Juin 1960, nous  commémorons en République Démocratique du Congo, chaque année, ce « Jour sacré », à en croire notre hymne nationale. Son ambiance est devenu quasi traditionnelle : La fanfare, le défilé de l’armée et la police, le message du président de la République,…

Cette année, l’ambiance de cette journée mémorable s’est retrouvée obsolète suite à un message dans laquelle le président Joseph Kabila a fait savoir qu’il ne pourra pas tenir son discours pour des raisons de santé.

L’opposition congolaise n’a pas digéré cette attitude et l’a interprété sous diverses angles de vue.

Molière impliqué dans la maladie de Kabila ?

Mis à part ces déclarations des politiciens congolais, la couverture du « Malade imaginaire » a été repris par plusieurs internautes accusant le président Kabila de s’être inspiré de la célèbre scène de Molière. L’inspiration des internautes est allée plus loin et je me demandes si c’est en vue de chercher de précision sur la maladie dont il est question qu’ils ont détourner le sens du message du président, s’ils voulaient en venir à autre chose ou si c’est pour jeter de l’huile au feu.

L’humour au rendez-vous

L’ambiance traditionnel de la journée de l’indépendance ayant avorté, les internautes se sont tournés vers l’humour pour interpréter ce geste inédit du chef de l’Etat.

Par Jean-Fraterne Ruyange