Les femmes sont désormais l’une des attractions touristiques en Ouganda

Le ministère ougandais du tourisme organise le concours Miss Curvy (Miss Ronde) et liste les femmes parmi les attractions touristiques. C’est vrai, les femmes ougandaises peuvent provoquer une certaine attirance avec leurs hanches bien larges mais je trouve cela quand même dégradant. On dirait une sorte vente aux enchères de ces beautés séduisantes aux touristes.

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Crédit photo : Jean-Fraterne Ruyange

Je ne prétends pas être expert tourisme mais je pense qu’inclure les femmes – rondes ou pas  –comme attraction touristique équivaut à les ajouter au Big 5 (lion, léopard, éléphant, buffle et rhinocéros). Pour moi, un concours qui célèbre les rondeurs, signe de fertilité chez la femme, ne pose aucun problème dans la mesure où il est restreint en tant que célébration locale. Mais essayer d’en tirer profit en vendant les femmes comme un produit touristique est déconcertant.

Jusqu’à ce jour, les concours de beauté avaient toujours été différents du fait que les femmes soient classées comme attractions touristiques. C’est dégradant.

La définition d’une attraction touristique dénude la femme de sa dignité :

« Une attraction touristique est un lieu d’intérêt où les touristes se rendent, généralement pour sa valeur naturelle ou culturelle, inhérente ou exposée, son importance historique, sa beauté naturelle ou bâtie, offrant des loisirs et des divertissements. » – Wikipedia

Le tourisme est l’une des principales sources de devises pour l’Ouganda, elle a généré 1,4 milliard de dollars l’année dernière, selon les statistiques gouvernementales. Cependant, la plupart des touristes visitent l’Ouganda pour ses parcs nationaux où figurent diverses espèces fauniques telles que les gorilles et les oiseaux, entre autres animaux. Ils aiment aussi voir le Nil, les lacs de cratère et les montagnes. C’est bien cela qui a valu à l’Ouganda le surnom de « La perle de l’Afrique ».

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Poster du concours Miss Curvy
Photo : Organisateurs

 

Et quand je repense aux loisirs et à l’amusement, qui résument les attractions touristiques, cela me rappelle la triste histoire de Sarah Baartman. Les questions qu’il sied donc à se poser face à cette situation sont les suivantes : combien de femmes ougandaises seront crucifiés au nom de la promotion du tourisme? N’est-ce pas une façon de leur dépouiller de leur conscience et permettre au reste du monde de jeter des dés sur leurs fesses ? Cela ne dégradera-t-il pas l’essence de la féminité des femmes ougandaise ?

A lire aussi : Ces 4 choses que vous ne saviez pas sur les femmes ougandaises

La perle de l’Afrique mutilée pour un peu de visibilité

Je ne trouve aucune créativité dans le fait de réduire les femmes courbées aux attractions touristiques. Cela s’apparente plutôt, d’une manière indirecte, à la promotion du tourisme sexuel. Cette démarche est misogyne et sexiste malgré le fait qu’elle vise l’amélioration des moyens de subsistance des femmes.

Lire « femmes » et « attractions touristiques » dans la même phrase est bien triste car nous sommes dans un moment où la femme doit être célébrée pour son innovation, sa créativité, sa santé mentale et son autonomisation, pas pour la taille de son postérieur.

Et si cette tendance arrive à inverser les tendances touristiques, à quoi serviront les paysages vallonnés de l’Ouganda souvent pris pour un safari ? Sa flore et sa faune qui peignent ses parcs nationaux ?

S’il existe de nombreuses façons pour les femmes de contribuer au développement d’un pays, le fait d’être des attractions touristiques ne devrait pas en faire partie.

Le festival du Rolex et la gastronomie engagés en Ouganda

Ce dimanche 19 Aout 2018, la ville de Kampala a vibrée sur le rythme du festival du Rolex. Ce festival qui a exalté la célèbre nourriture des rues de Kampala a aussi plaidé pour une cause noble, la libération du fameux musicien et député Bobi Wine, opposant au régime du président Museveni.

« People power », signifiant « le pouvoir c’est le peuple », est le slogan autour duquel Bobi Wine fonde son engagement politique. Ce slogan est revenu plusieurs fois de la bouche des artistes qui se sont succédé sur le podium du festival du Rolex pour sympathiser avec leur collègue.

D’abord c’est quoi le Rolex ?

Ne confondez pas le Rolex ougandais à la montre que vous portez sûrement sur votre poignet. Quand on parle du Rolex, en Ouganda, cela renvoie à une nourriture ou un met, je ne sais pas trop la différence entre le deux, que vous verrez à tous les coins des rues du Pays.

Il est fait à partir d’un accompagnement du « Chapati » et de l’omelette. Ceux qui ont déjà voyagé dans les pays de l’Afrique de l’Est sauront bien ce qu’est le Chapati. Dans la pâtisserie locale, il est obtenu à partir de la pâte de blé, aplatie en rond, puis grillée dans de l’huile.

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Un chapati en cuisson

Après qu’on ait son « Chapati », il suffit de faire une omelette, où peuvent être ajoutés plusieurs autres épices comme la tomate, l’oignon, du choux, puis bien enrouler le « Chapati » autours de l’omelette et ouf… nous tenons notre Rolex. La célébrité du Rolex tient surtout de son accessibilité : on en trouve dans presque toutes les rues. Son prix abordable attire aussi beaucoup de consommateurs. Son goût succulent et surtout son aptitude à étouffer la faim pendant toute une journée font tacitement son marketing.

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Un Rolex prêt à manger

D’où serait venu l’engagement citoyen du Rolex ?

Arrêté pour trahison, selon le chef d’accusation du gouvernement ougandais à son encontre, le député de l’opposition Robert Kyagulanyi, plus connu sous le nom d’artiste Bobi Wine, est accusé de possession illégale d’armes à feu et de munitions. Cependant, dans le fief de certains ougandais, ces accusations seraient un montage du gouvernement de Kampala qui voudrait étouffer la carrière politique de cet artistes ayant affiché ses ambitions de se représenter aux élections présidentielles.

C’est ainsi que les artistes ont profité du festival du Rolex pour exprimer leur solidarité à Bobi Wine. Ils se sont présentés au festival, pour la plupart portant le béret rouge, insigne du mouvement révolutionnaire « Power People » dont il est le leader symbolique. « Power People » est aussi le slogan de ce mouvement. Il a été presque le refrain du festival du Rolex car les artistes et les festivaliers ne se fatiguaient à le répéter.

Ainsi donc, le Rolex s’est aussi rangé au côté de ce peuple qui le vénère pour appeler à la libération de l’artiste musicien engagé Bobi Wine.

Quelques images du festival du Rolex

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Pour charmer le public ougandais, il faut une danse corps à corps

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Une scéance photo pour les festivaliers avecune petite pencarte où il est écrit « Mba Rolex yange » qui signifie en francais « donne-moi mon rolex »

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Et puis du loisir pour les enfants

 

Bayimba Arts Festival brings life to Lunkulu Island

Lunkulu is an almost uninhabited island in Lake Victoria in Uganda. It hosted from 02 to 05 August 2018 the eleventh edition of Bayimba Arts Festival. This island where mainly snakes, egrets and dragonflies coexist now conforms to its new host, the festival man.

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Read the french version here

The new face of Lunkulu Island

It is not only the face of the island that has changed following the countless sets and designs on the site of the festival. The metamorphosis of Lunkulu has also touched the usual mood: music comes from all over and dominates the hearing. Do you want to talk to a friend next door? You must shout in your ears or he will not understand you.

Each person on the island walks with footsteps punctuated by music that one would believe that even birds dance in the air and fish in the sea, so much music dominates the island space.

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Paintings at the Bayimba Festival

The mobilization of Ugandans

If Bayimba festival provided artists from around the world, it was the Ugandans who composed most of the festival-goers. This mobilization is justified by the fact that this festival was held on a site that is truly attractive. Imagine a four-day trip in the middle of a jungle where you will only see animals you are not used to seeing – like egrets, monkeys, … – but also the sounds and artists you dream to see on stage one day. More than satisfaction.

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Egrets on the edge of Lake Victoria

Why not talk about Lake Victoria, its charming landscape and fresh air that is worth a visit? Its peninsulas, bays, capes and its innumerable islands? The Bayimba festival was also a wonderful scope for exploration to nature lovers.

On night, Lunkulu is not gray

A night in the jungle, it must be terrifying but in Lunkulu it was very different, every night during the four days of the festival. From midnight, Justalokohub, a co-creation ecosystem bringing together the Justahub collective from Scotland and Kongoloko from the DRC, burns the third podium of the festival called « Bukunja stage ».

It’s under the lights and decor designed solely for this festival by Sophia Burns and around the performances of DJs like Lewis Lowe, Ethan Pseudopolis or Laura Michelle that festivalgoers have rocked their nights. The performance of MCs Akili and Muhinder is not as quiet as it still echoes in the woods of Lunkulu Island.

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Night view of Bukunja stage

Located on the shores of Lake Victoria, the festival-goers will never forget, I do not doubt it once, because it is the case for me too, of these wonderful nights that gave them Justalokohub where everybody prayed for let it not be day.

Le festival des arts Bayimba vivifie l’ile Lunkulu

Lunkulu est une ile quasi-inhabitée dans le lac Victoria en Ouganda. Il a abrité du 02 au 05 Août 2018 la onzième édition du festival d’arts Bayimba. Cette ile où cohabitent principalement  serpents,  aigrettes et libellules se conforme désormais à son nouvel hôte, l’homme festivalier.

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Le nouveau visage de l’ile Lunkulu

Il n’y a pas que le visage de l’ile qui a changé suite aux innombrables décors et designs sur le site du festival. La métamorphose de Lunkulu a aussi touché l’ambiance habituelle : les musiques viennent de toute part et dominent l’audition. Tu veux parler à un ami à coté ? Il faut lui crier dans les oreilles sinon il ne te comprendra pas.

Chaque personne présente sur l’ile marche par des pas rythmée par la musique qu’on croirait que même les oiseaux dansent dans les airs et les poissons dans la mer, tellement la musique domine l’espace insulaire.

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Des tableaux exposés au festival Bayimba

Lire la version en Anglais ici

La mobilisation des Ougandais

Si au festival Bayimba ont presté des artistes venus de part et d’autre de la planète, ce sont les ougandais qui ont composé la majeure partie des festivaliers. Cette mobilisation se justifie par le fait que ce festival s’est tenu sur un site simplement attrayant. Imaginer une excursion de quatre jours au milieu d’une jungle où vous ne verrez plus que des animaux dont vous n’avez plus l’habitude de voir – comme les aigrettes, les singes,… – mais aussi les cracks de la musique dont vous rêvez de voir sur scène un jour. Plus qu’une satisfaction.

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Des aigrettes sur le bord du lac Victoria

Pourquoi ne pas parler aussi du lac Victoria, son charmant paysage et son air frais qui valent la peine d’être déguster un jour ? Ses presqu’iles, baies et caps et bien plus ses innombrables iles ? le festival Bayimba était aussi un magnifique cadre d’exploration pour les amoureux de la nature.

La nuit Lunkulu n’est pas gris

Une nuit dans la jungle, ça doit être terrifiant mais à Lunkulu c’était bien différent, toutes les nuits, durant les quatre jours du festival. À partir de minuit, Justalokohub, un écosystème de co-création réunissant le collectif Justahub de l’Ecosse et Kongoloko de la RDC mettaient.33t du feu sur le 3ème podium du festival dit « Bukunja stage ».

C’est sous les lumières et le décor conçu uniquement pour ce festival par Sophia Burns et autour des performances des DJs comme Lewis Lowe, Ethan Pseudopolis ou encore Laura Michelle que les festivaliers ont bercé leurs nuits. La prestation des MCs Akili et Muhinder n’est pas aussi à taire car elle fait encore écho dans les bois de l’ile Lunkulu.

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Vue nocturne du Bukunja stage

Logé sur le bord du lac Victoria, les festivaliers n’oublieront jamais, je n’en doute pas une seule fois, car c’est le cas pour moi aussi, de ces nuits formidables que leur a accordé Justalokohub où tout le monde priait pour qu’il ne fasse plus jour.

Bahimba festival, l’ile Lunkulu métamorphosée

Bayimba est un festival des arts organisé en Ouganda. Cette année (mai 2018), c’était la onzième édition, le festival a créé une innovation très émouvante qui a ravi les festivaliers : elle a eu lieusur l’île de Lunkulu, au bord du lac Victoria, un cadre magnifique pour une relaxation sans précèdent.

Le festival accueille des artistes de tous les horizons et cette aventure assure le nom du festival Bayimba sur la scène musicale de l’Ouganda et du monde. Je vous présente, en images, l’ambiance qui régnait lors des préparatifs.

====>>> Lire la version anglaise ici.

L’ambiance autour de l’arrivée

J’étais parmis les premiers à débarquer sur l’île Lukunlu pour le festival Bayimba, laissez-moi vous emmener dans la cuisine interne des équipes qui préparent le site pour accueillir les festivaliers !

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Nous sommes tous arrivés par la pirogue

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Quelques prévisions pour survivre dans la jungle

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Le campement est fin prêt pour la nuit

Sleeping in a tent must be exciting even before the nightfall

Le repos dans une tente ça doit être excitant même avant la tombée de la nuit

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Je me sens mieux dans une brouette

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Et si on fixait un slick line?

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Voyons si nous avons de l’équilibre

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C’est facile si on se tenait la main

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Ca tourne à l’accrobatie

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C’est  chaud l’Afrique, les anti-inflammatoires font du bien

La communion avec la nature

Le Bahimba festival a choisi son site dans la partie inhabitée de l’ile Lunkulu. Il y a ici abondance d’insectes et des reptiles aussi. Les plus en vue sont les libellules et les aigrettes mais les plus redoutés sont les serpents, même s’ils restent naturellement discrets.

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C’est l’heure du décollage

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Un aigrettier est un arbre aux aigrettes

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Nous guettons la mer d’en haut

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Je suis petit mais tu vas me remarquer car je domine l’ile

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Des arbres flottants, ça existe aussi à Lunkulu

JustaHub et Afrika Collective métamorphosent l’ile Lunkulu

JustaHub, une plateforme artistique basée en Ecosse, collabore avec des artistes congolais (RDC) du collectif Kongoloko et Afrika Collective de l’Ouganda. Ensemble, ils ont travaillé sur la conception des designs sur l’île ainsi que sur la décoration.

La trace de notre passage à Lunkulu

Un arbre ça peut servir de chaise et porte-manteau à la fois

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Des balançoires made in Lunkulu par Africa Arts Collectif

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Une balançoire au milieu des meubles en bois

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Des projecteurs pour éclairer la foret

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Des décors encombrent l’ile

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Justalokohub impose un décor au visage du Kitenge congolais