Fête d’indépendance et miracle du 30 Juin : Les léopards offrent un spectacle faramineux à la CAN face au Zimbabwe

Depuis leur entrée dans la grande messe du football africain, les léopards de la RDC n’ont pas su sortir leur griffe. Ils ont miaulé d’abord face à l’Ouganda, puis face à l’Egypte en encaissant quatre buts dans ces deux premières rencontres de la phase des poules. Cela a dissipé toutes les chances de qualification pour la RDC mais un soleil d’espoir s’est levé quand ils ont rugi enfin au Stade du 30 Juin.

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Image : Wikipedia

Cette performance des léopards qualifiée du « miracle du 30 juin » fait beaucoup plus allusion à la date où le match a été livré plutôt qu’au nom du stade qui a abrité le match. Ce 30 Juin 2019, les Congolais commémorer le cinquante-neuvième anniversaire de son indépendance. Voilà ce qui a attiré beaucoup plus attiré l’attention des Congolais envers ce match à la fois symbolique, pour ce qui est de l’honneur de tout un peuple, et décisif pour une probable qualification. « Impossible n’est pas Léopards » ont scandé plusieurs supporteurs congolais sur les réseaux, mais est-ce que cette plus large victoire de la CAN, signé par la bande à Bakambu, suffit-elle pour leur qualification à la prochaine étape ?

Un brin d’espoir

Les Congolais peuvent désormais se permettre de rêver à une probable qualification car la nouvelle structure de la CAN à 24 équipes prévoit repêcher les quatre meilleurs perdants pour les huitièmes de finale. Cependant, les léopards n’ont pas pris leur destin en mains suite à leur deux premières défaites. Tout ce qu’ils ont joué c’est leur survie tout en espérant que les équipes comptabilisant 3 points ou moins ratent leurs dernières sorties. Il y a la Guinée qui a su sortir de ce lot en s’imposant par un score de deux buts à zéro face au Burundi.

Le suspens va durer donc quelques heures encore avant que les Congolais ne puissent se réjouir pleinement de leur « miracle du 30 Juin », le temps que le Kenya, le Benin, l’Angola se font laminé, ou encore la Guinée Bissau tiennent en échec le Ghana. Une seule de toutes ces probabilités va profiter au Congolais si non leur brillante performance face au Zimbabwe n’aura pas servi à grand-chose.

Lettre à Rémy NGONO : Joseph KABILA reste le président de la RDC

Cher Monsieur Rémy Ngono, je m’intéresse à vos réflexions sur l’Afrique et sur ses questions des sociétés. Votre verbe est fulgurant. Cependant, il me semble de plus en plus déplacé, en ce qui concerne mon pays, depuis les élections du 30 décembre dernier.  Voici le fondement de mon inquiétude

De prime à bord, je tiens à vous rassurer : je ne suis qu’un jeune blogueur. Sans autant de notoriété que vous dans l’espace publique. D’ailleurs, je ne suis pas très sûr que ma lettre vous parvienne. Mais si jamais c’est le cas, je serai heureux de lire votre réponse, même en commentaire.

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Joseph Kabila, président de la RDC 2001-2018
Photo: Wikicommons

Mon inquiétude tient justement à la notoriété dont vous jouissez : je pense à la pluralité de jeunes africains qui, comme moi, vous prennent pour un modèle, un exemple et un leader à suivre.

Sur le cas précis de la RDC, en effet, je crois que les publications sur votre site « Coups Francs » sont en déphasage total avec la réalité. Laissez-moi vous éclairer cela en trois points :

  1. Un changement dans le régime diffère d’un changement de régime

C’est une série dont le titre le mieux adapté est « un imposteur peut en cacher un autre ».  S’il y a des Congolais qui s’acharnent à réclamer la vérité des urnes, ce n’est pas qu’ils témoignent de la haine en la personne du président « élu ». C’est simplement qu’ils sont conscients qu’un État de droit n’est ni bidouillage ni compromission. En tant que citoyens, c’est le peuple que nous défendons et non des personnes. C’est pour les valeurs démocratiques que nous nous battons pour redorer la mère patrie qui nous a vus naître.

Les Congolais ont affaire à la plus grosse escroquerie électorale que seuls les ennemis du Congo feront passer pour de la haine. Nous avons assisté à un hold-up électoral, une escroquerie sans nom. Les Congolais étaient sur le point de vaincre les fantômes de leur histoire mais c’est encore 5 ans qu’ils vont amèrement consommer en otage.

Dans le cas de figure, le Congo va connaître l’alternance au pouvoir mais pas l’alternance politique. Or, pour mener des réformes structurelles, il faut l’alternance politique. Il faut forcément cette alternance politique pour gouverner autrement.

Imaginez un peu François Hollande qui continue à occuper les Champs Élysées après l’investiture de Macron qui, lui, va diriger la France à partir du Quai d’Orsay. Voilà c’est ce qui se passe au Congo : l’ex-président continue à occuper la résidence officielle du président de la République. C’est qui le boss ?

Bien plus, comment expliquer qu’un regroupement politique avec moins de 20% des voix aux présidentielles peut se retrouver avec plus de 70% des voix aux législatives que ce soit nationales et provinciales ?

Tshisekedi risque de se retrouver avec un bureau mais sans pouvoir. Comment fera-t-il passer une loi alors que le pouvoir législatif n’est pas de son côté ? Pire encore, dans les arrangements particuliers qui ont favorisé sa nomination, Tshisekedi a hypothéqué les pouvoirs régaliens : la primature, la défense nationale, la justice et les finances. Finalement à quoi va lui servir cette présidence ? Et où se trouve l’intérêt du peuple dans tout ça ?

  1. Tshisekedi n’est pas un président élu, c’est un président nommé
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Des agent de la CENI portant une urne dans un bureau de vote
Photo: Flickr

C’est difficile de nous accorder tous sur qui a remporté les élections. Soyons au moins d’accord que la publication des résultats bureau par bureau est impérative.  Cela rendrait cette supposée victoire de Tshisekedi plus transparente et mettrait tout le monde à l’aise. Je ne sais pas dans quel pays au monde se disant démocratique, on donne des résultats globaux des élections sans faire état des résultats partiels.

Kabila est un fin stratège. Mieux que Mobutu, il ne tue pas ses opposants mais il les manipule très bien. Nous avons voté sous la lumière du jour, Tshisekedi a été proclamé vainqueur nuitamment par la CENI. Et la cour constitutionnelle qui est venu mettre le coup du KO, l’a aussi fait dans les ténèbres. Ce qui démontre suffisamment qui la vérité des urnes s’est fait éclipsée.

Voilà une situation délicate dans laquelle est plongé le peuple congolais. La situation sera encore pire que sous le règne de Kabila. Thisekedi va certainement régner mais il ne va pas gouverner, à l’image du président allemand. D’ailleurs, pour commencer, c’est l’ex-président, réticent, qui aurait sélectionné les présidents invités à l’investiture de son successeur.

Tout le pouvoir reste concentré entre les mains du président fabricateur, le président fabriqué n’aura que l’ombre du pouvoir. Si Kabila a nommé Tshisekedi c’est parce qu’il a vu en lui un homme plus manipulable que le réel vainqueur des élections. D’ailleurs, si Tshisekedi aurait gagné pour quoi a-t-il négocié ?

  1. Le peuple a voté et KABILA a élu

A quoi ça sert la démocratie si ce n’est à exprimer la volonté du peuple qui est le souverain premier dans un État de droit ? A quoi ça sert l’alternance politique si elle ne reflète pas la vérité des urnes ? Ce qui me ronge le cœur c’est le fait de voir comment les maux du pays doivent s’expliquer par l’égoïsme de certains acteurs politiques. L’histoire jugera très sévèrement ces acteurs qui, une fois de plus, sont dans des calculs personnels.

Le feu Étienne Tshisekedi criait toujours haut et fort « Le peuple d’abord ». Actuellement Félix vient de piétiner la mémoire de son père en montrant à la face du monde que c’est ses intérêts personnels d’abord. La volonté du peuple, les valeurs démocratiques, tout cela vient après.

Si les Congolais se sont laissé faire en allant à ces élections malgré toute la tricherie qui a été organisé derrière c’était dans l’espoir de sanctionner ce semblant de démocratie qui les a plongés dans le désespoir. Alors que c’était déjà une mission accomplie, il y a une « alternance » qui donne l’impression d’un pays faisant un bond vers l’inconnu.

Nous autres Congolais, savons transcender nos ressentiments afin d’œuvrer pour l’apaisement. Nous savons combien notre pays en a besoin pour panser les plaies de ces élections truquées et se projeter vers l’avenir. Il convient, cependant, de diagnostiquer la vraie cause de ses plaies afin de prescrire les médicaments qu’il faut…

Kabila n’est pas parti tête haute comme il le prétend. Et il n’est pas non plus un exemple pour qui que ce soit. Que ce soit pour les autres dictateurs africains, que ce soit pour la jeunesse. Il est parti parce que le peuple le lui a obligé. Il n’y a pas longtemps il donnait l’ordre de tirer à balles réelles sur les manifestants. Il les a traqués jusque dans des églises et des hôpitaux. Ce combat du peuple a coûte la vie aux bébés dans des maternités…

L’Union Africaine, l’Union Européenne, la France et les États-Unis auront beau prendre acte de ce vol du siècle, nous en prenons aussi acte. Cependant, quand il y a une partie de l’Afrique qui subit une telle atrocité, en tant que dignes fils du continent, nous devons hausser le ton pour le décrier et le dénoncer. Comme l’ont fait les pères de nos indépendances, l’esprit panafricain dans nos âmes des patriotes. C’est ainsi que nous parviendrons à imposer au monde l’image d’un Afrique que nous voulons pour notre progéniture.

La révolution ne sera pas en ligne

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Photo : Flickr.com , image modifiée

Ça ne sera pas sur Facebook ou en live sur Periscope, rien ne sera streamé,
Personne ne pourra se connecter, se déconnecter, enregistrer ou filmer,
On ne pourra pas prendre un capture d’écran, recadrer moins encore filtrer
Avec une application de selfie pour partager avec des followers ou pour tweeter
Car la révolution ne sera pas en ligne, elle ne sera pas médiatisée.

La révolution n’apparaîtra pas ni sur le fil d’actualité, ni dans la galerie photo,
Il n’y aura pas de bouton sur lequel cliquer pour l’enregistrer en format vidéo,
Que ce soit en MPEG, AVI ou DIVX, il n’y aura pas la possibilité de liker,
Les réactions du visage tout comme la section des commentaires seront désactivées
Car comme l’avait dit Gil Scott, la révolution ne sera pas télévisée.

La révolution ne répondra pas en urgence à tes chats dans Messenger,
Que ta boite de réception soit pleine ou pas, cela ne l’intéresse pas,
Elle se fout catégoriquement des fake news et des intox,
Même les photos nues des activistes et politiciens échangées inbox
N’auront aucun effet sur la révolution car elle sera orthodoxe.

La révolution ne sera pas tendance comme le hashtag #BalayerLesMediocres sur Twitter,
Aucune balise de métadonnées ne sera générée pour susciter des débats sans ampleur,
On n’aura pas besoin du wifi ou du VPN pour accéder à notre page révolutionnaire,
La révolution n’est pas une application à télécharger sur son téléphone iPhone ou Android,
Car elle sera menée par des humains et non par des périphériques et des droides.

La révolution ne sera pas enregistrée et diffusée en direct à la télévision,
Après le discours de Kabila sur l’état de la nation ou le sermon de Mosengwo,
Il n’y aura pas d’images de la marche des protestations des chrétiens catholiques
Ni celle des blessures de Martin Fayulu répondant à l’appel du comité laïc,
La voix des jeunes de la Lucha ligotés dans un camion de police sera étouffée,
Ils ne seront pas capables de crier « le peuple gagne toujours » sans trembler
Comme Rossy Mukendi, Luc Nkulula et Thérèse Kapangala l’ont fait,
Car la révolution ne sera pas dans le buzz et les propos controversés.

La révolution ne sera pas interrompue par les coupures intempestives de l’électricité
Car ce n’est plus le moment de se détendre, elle est à notre porte, à notre portée,
Congolais, enfile tes baskets et bats-toi pour ton droit, remplis ton devoir citoyen,
Ne pense pas que tu verras un appel à l’action dans une publicité à la télévision
Car il ne s’agit pas du festival Fikin, encore moins d’une bouteille de vin,
Mais du destin de tout un peuple, du sort des futures générations et de toute une nation.

Vas-y Congolais car la révolution ne sera pas en ligne,
Elle ne sera pas en ligne ! Elle ne sera pas en ligne !
Mon frère, la révolution ne sera pas en livestream,
La révolution sera hors ligne.

Ces 3 choses que la coupure de l’internet retire aux Congolais

C’est mon premier billet de 2019. Je croyais que j’allais écrire sur un truc genre mes nouvelles résolutions pour cette année ou encore le bilan de mon blog en 2018. Finalement, je n’ai pas pu, ne pouvant pas accéder à internet.

En effet, au lendemain des élections du 30 décembre 2018 en République Démocratique du Congo, le gouvernement a décidé d’imposer un black-out numérique. Signalons en passant que ce n’est pas la première fois que nous vivons cela en RDC. Voici donc les trois choses dont les Congolais sont privés par cette coupure.

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Une personne connectée sur Facebook – Crédit photo : Jean-Fraterne Ruyange

  1. L’espoir

Déprimé, réprimé, muselé, froissé, appauvri par son gouvernement. Le dernier espoir du peuple congolais était de sanctionner ses bourreaux en ne votant pas pour eux. Alors que la mission semblait être accomplie, le doute est revenu.

Plusieurs analystes et observateurs s’accordent à dire que le but de cette coupure de l’internet est d’empêcher qu’il y ait de la lumière dans le processus électoral et la répression qui s’en est suivie. Le cauchemar demeure donc certain, les Congolais devront affronter leurs fantômes pour un quinquennat encore. Désespoir…

A lire aussi : L’élection est hellène, la répression est nègre

  1. Les vœux de nouvel an et la bonne humeur

Comment être de bonne humeur si on n’a pas la possibilité de recevoir ni d’adresser des vœux de nouvel an à ses proches comme le veut la coutume ? Les Congolais n’ont pas pu goûter à cette poésie qui submerge les réseaux sociaux en début d’année.

Impossible de souhaiter des fêtes fabuleuses à nos frères, amis et connaissances vivant à l’étranger. Même chose pour ceux vivant à l’intérieur du pays car même les SMS ne fonctionnent pas.

  1. Un climat favorable aux entreprises

Les entreprises qui opèrent dans l’économie numérique vont générer des pertes sèches innombrables. Cette coupure ne fait donc pas du mal à la population seulement mais aussi à l’économie du pays. S’il faut se fier aux chiffres de certains analystes, la RDC va perdre jusqu’à 140 millions de dollars, en raison de 20 millions par jour, s’il faut attendre la proclamation des résultats – prévue pour ce 6 janvier – pour que l’internet soit rétabli.

Selon l’application Netblocks.org, cette baisse pourrait être moins importante, mais déjà atteindrait déjà 16 millions de dollars. Cet outil estime l’impact économique d’une interruption d’Internet, d’une panne des données mobiles ou d’une restriction d’application en se basant sur les indicateurs de la Banque mondiale, de l’UIT (Union Internationale des Télécommunications), d’Eurostat et de l’U.S Census.

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Selon cette application, la RDC perd jusqu’à 3 218 737 dollars par jour. Donc en ce cinquième jour de coupure de l’internet, nous avons déjà perdu jusqu’à 16 093 684 dollars, et la perte continue à s’alourdir.

Vous pouvez aussi calculer ce que cela peut coûter à votre pays si on vous coupe internet en suivant ce lien : netblocks.org/cost/

L’église au cœur des élections en RDC

L’église est un atout non négligeable dans le quotidien congolais. Actuellement, c’est au cœur des élections qu’elle impose son veto.

Avec une population estimée à plus de 70 millions d’habitants, la RDC est quasi-religieuse, pour ne pas dire quasi-chrétienne. Plus de 95% de sa population a une appartenance religieuse quelconque. (Selon Pew Research Center)

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Photo: Ousmane Makaveli, avec son aimable permission

En tant qu’État laïc, la RDC est majoritairement catholique, suite à l’influence coloniale belge. A côté du catholicisme, est en train de se développer le protestantisme, surtout avec la croissance sans frein des églises de réveil indépendantes, à caractère de business, qui défient, actuellement, plusieurs communautés protestantes  en crise de leadership.

L’Islam, quant à lui, ne connaît ni des hauts ni des bas. Il demeure un trésor familial acquis par hérédité. C’est, en effet, une croyance transmissible du père au fils. Ce qui détermine le quasi-statisme dans ses statistiques. Il a été importé au pays de Siméon Kimbangu par des arabes qui y pratiquèrent la traite des noirs.

L’Église dans le quotidien du Congolais

Dans la vie du Congolais, l’église est une véritable famille pour chacun de ses fidèles, suivant la fameuse théorie biblique de la « communion fraternelle » qui fait passer le lien de sang en deuxième position pour les uns. Cela constitue un véritable instrument d’exploitation des pauvres croyants qui se laissent emportés par des idéologies et convictions aussi édifiantes que dissipantes de leurs guides spirituels.

Le Congolais s’inspire de l’arme coloniale du Muzungu[1], le Christianisme, pour manipuler ses compatriotes. D’où une panoplie des dérapages et cacophonies est portée à l’ endroit des croyants par l’homme de Dieu, au nom de Dieu.

Déjà à la clôture  des campagnes électorales, malgré le report des élections au 30 décembre 2018, les églises continuent à être des cibles principales pour les campagnes électorales. Les églises sont exploité pour cette mission car sous l’effet de la foi, l’esprit du Congolais devient léger, maniable et sans défense, par manque de spéculation.

L’estime considérable de l’homme de Dieu et son charisme, presque sacré, font de lui un allier de taille dans le processus de mobilisation et sensibilisation de l’électorat. Pour certains candidats, le meilleur endroit pour captiver l’électorat c’est l’autel de l’église. Pour d’autres, les suppléants qu’il faut pour se garantir un électorat sur, ce sont les serviteurs de Dieu.

L’église s’éloigne de sa mission première

C’est ainsi que quelques actes, soient disant charitables et dons d’amour,  sont déjà entrepris  de part et d’autres dans les églises par différents candidats. En retour, ils espèrent le soutien et l’accompagnement de l’église. C’est donc un moyen d’attirer la sympathie de « ses frères en Christ ».

D’où, rien d’étonnant si vous tomber actuellement sur un discours du genre :

« Si vous croyez à la toute-puissance du Dieu de notre église et que vous confessez de votre bouche que j’en suis le berger, je vous exhorte déjà à soutenir notre fils tel pour les élections à venir. Vous êtes tous témoin de la contribution grandiose qu’il apporte à l’accomplissement de l’œuvre divine, celle de bâtir un temple à notre Dieu. Je profite de ce temps pour vous annoncer que c’est bien lui qui nous a payé ces instruments de musiques que nous inaugurons aujourd’hui ainsi qu’un lot de 50 chaises en plastique ».

Et oui, j’en parle parce que je l’ai vu de mes propres yeux et entendu de mes propres oreilles.

Nous constatons amèrement delà que l’Église s’est détournée de son essence: être un rassemblement pour l’adoration, la prière, l’enseignement, la fraction du pain et la prédication de l’Évangile. Humm, soyez pas surpris de voir que connais un peu trop : Je suis aussi croyant.

L’égo chrétien

Delà, il est clair que certains soutiendraient qu’elle apporte sa part à la construction d’un monde meilleur. Certes, l’église doit jouer le rôle décisif, en cette période des bouleversements sans précédents, en montrant la voie que l’humanité doit emprunter pour son salut et qui sont les personnes aptes à la guider. Ce qui est scandaleux c’est de voir que l’église est entrain de vendre aux enchères le sort du monde pour des fins égoïstes de quelques individus.

Si nous risquons d’être mal compris c’est parce que, de nos jours, on a tendance à confondre la « charité » à la « solidarité ». Les deux se rencontrent par le fait qu’elles remplissent la même mission : Celle de faire preuve de générosité en venant en aide à son prochain. Leur démarcation  réside, alors, au niveau du but qu’elles poursuivent : La première est désintéressée, la deuxième attend quelque chose en retour. En outre, la charité est revêtue des connotations spirituelles, la solidarité est, quant à elle, revêtue des connotations matérielles et charnelles.

Y a-t-il un juste milieu entre faire l’aumône à l’église et les campagnes électorales ?

S’il faut, alors, rendre cette question encore plus délicate, il faudra chercher à savoir ce que serait l’impact de l’aumône sur l’exercice du pouvoir politique. Enfin, les bons croyants font-ils les bons dirigeants, pour ne pas dire les bons politiciens ?

Voilà pourquoi, la fraction de pain à laquelle nous devrions assister, dans nos églises respectives, devait être un véritable acte de charité, à laquelle nous appelle la parole divine, et non celui de solidarité, – ce concept  n’étant mentionné nulle part dans les saintes écritures -.

L’église doit rester cette communauté capable d’apporter une aide spirituelle, sociale et financière à ceux qui en ont besoin, un témoignage visible de l’unité de ceux qui croient en Jésus-Christ et cela malgré la diversité des âges, des natures, des conceptions, et des conditions sociales.

 

[1] L’homme blanc, le blanc, les occidentaux.