Safer Internet day : 3 routines pour être en sécurité sur Facebook

Facebook est le réseau social le plus utilisé au monde d’après ce classement de webmarketing. Cela est aussi valable chez les jeunes de Goma, une ville à l’Est de la République Démocratique du Congo. Autant le réseau présente d’avantages, autant il expose ses utilisateurs à plusieurs risques.

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Arsène Tungali, tenant le micro, explique les dangers qu’encourent les utilisateurs de Facebook.
Photo : BloGoma

Par Jean-Fraterne Ruyange

Faire du monde un village, cela est l’un des objectifs quasiment atteint par Facebook. Actuellement, je n’ai pas besoin de me rendre au village pour saluer ma grand-mère, nous le faisons tous les jours en ligne. Je n’ai pas non plus besoin d’allumer ma radio pour être à la pointe de l’actualité. Il suffit de me connecter sur Facebook pour avoir toutes les informations, des nouvelles qui font le buzz aux « Habari Moto Moto », expression utilisée par les journalistes de Goma, signifiant « les scoops les plus récents et les plus chaud ».

C’est ainsi qu’à l’occasion du Safer Inernet day, Arsène Tungali, cofondateur de Rudi International, a partagé aux élèves et étudiants de Goma trois routines à apprivoiser pour se sécuriser sur Facebook.

1. « Traiter son mot de passe comme sa brosse à dents »

En disant cela, j’ai compris qu’il voulait dire que nous sommes appelé à traiter notre mot de passe de la manière la plus intime qui soit. Le mot de passe est personnel et son partage avec qui que ce soit est une aberration. C’est une absurdité sans fondement car cela nous expose à un danger futile qui n’allait pas exister si et seulement si nous avons veillé à ce petit astuce. En plus du caractère intime auquel nous devons soumettre notre Mot de passe, nous devons aussi le modifier régulièrement. Ceci permet de prévenir les dangers qui subviendrait si votre mot de passe venait à être piraté.

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Elèves et étudiants prenant part à l’exposé d’Arsène Tungali à l’occasion du Safer Internet day Photo : BloGoma

2. Revoir régulièrement ses paramètres de configuration

En revoyant nos paramètres de configuration régulièrement, nous pouvons décider deux choses :

Qui peut publier sur notre mur : cet astuce nous permet de veiller sur le contenu des publication qui apparaissent sur notre mur. Est-ce conforme à nos convictions ? Sommes-nous à l’aise en le voyant ? Ne va-t-il pas importuner nos followers ? A part ces questions, Facebook fixe aussi ses conditions d’utilisation qu’il ne faut pas violer.

Qui peut voir nos publications : cette astuce nous permet de cibler l’audience qui aura accès à nos publications (photos, vidéos, textes, statuts, informations personnelles…). Créer des listes d’amis est donc incontournable. Mais comment le faire ? La réponse dans cet article de Facebook.

3. Lutter contre l’embarras

Voici alors ce qui est le plus important : se sentir libre d’agir pour assurer sa propre sécurité. Tu dois te fixer une ligne de conduite qui sera imposable à tous tes amis Facebook. Nul d’entre eux ne doit aller à l’encontre de cette ligne de conduite.

S’il y en a de tes amis qui publient sur ton mur des images, vidéos ou textes non conformes à ta ligne de conduite et que cela t’embarrasse, sens-toi libre de les retirer de ta liste d’amis. L’image que donne ton mur Facebook reflète aussi ce que tu es.

Ne te dis pas « celui-ci c’est un ami au quartier ou un oncle ou cousin, je ne dois pas le retirer de ma liste d’amis ». Rappelle-toi une chose : un ami au quartier est différent d’un ami sur Facebook. Ne le laisse donc pas t’embarrasser.

En RDC, les jeunes filles doivent se lancer à la conquête d’Internet

À Goma, une ville à l’Est de la République Démocratique du Congo, les NTIC n’ont jamais atteint leur âge d’or. Le taux de Congolais ayant accès à Internet étant trop bas (moins de 5%), n’incite pas la jeunesse à s’investir dans les NTIC, surtout les jeunes filles.

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Des jeunes filles en atelier sur les NTIC

Par Jean-Fraterne Ruyange

Selon les statistiques, le taux de pénétration internet en RDC nage entre 1 et 4%. Les raisons étant nombreuses, je ne vais pas m’y attarder, car elles varient aussi d’une personne à une autre. L’aspect qui me préoccupe le plus, cependant, c’est le côté lucratif que les Congolais n’exploitent pas. Monter une activité en ligne en RDC serait irraisonnable, alors que sous d’autres cieux, Internet est une source de revenu comme tant d’autres.

J’ai promis de ne pas m’attarder sur les causes de la non accessibilité des Congolais à Internet. A ce niveau, je présente plutôt un problème auquel se heurte même cette petite minorité qui y accède. Le problème n’est pas seulement celui lié à la liberté de l’expression, comme pourrait le décrier plus d’un, mais aussi celui du coût de l’internet même. (Si je parlais je parlais des causes, j’allais parler de la pauvreté.)

Les NTIC, une affaire d’hommes

C’est vraiment ce qui s’observe au pays. Je n’ai pas eu la chance de tomber sur les statistiques relatives mais c’est aussi visible à l’œil nu. Parler de l’Internet chez les femmes en RDC renvoie directement aux réseaux sociaux les plus basiques (Facebook, Instagram, WhatsApp).

Pour elles, l’internet c’est juste pour partager les photos, échanger leurs nouvelles de la journée, point barre. Le reste est une affaire d’hommes. Disons mieux, pour elles c’est une question de se voir et non de se faire entendre. Pour quelles raisons ? J’avoue, je l’ignore. Après que je me sois interrogé là-dessus, je me suis rendu compte que ces raisons seraient beaucoup plus culturelles qu’intellectuelles.

Notre société n’accorde pas à la femme assez de temps pour s’épanouir. S’occuper des travaux ménagers est son principal lot familial. C’est au niveau des raisons intellectuelles que la femme devient aussi responsable de cette situation : on dirait qu’elle ne veut jamais savoir pourquoi ni comment se connecter. – Je crois ne pas en vexer certaines –

Femmes, à vous l’Internet

Pour aider les femmes à conquérir l’Internet en tant qu’espace d’expression, Rudi international a lancé une série d’ateliers qui s’est étendue sur quatre mois pour encadrer une vingtaine des jeunes files de Goma en vue de les initier aux NTIC.

Pendant ces ateliers, il n’a pas été seulement question de leur apprendre comment jouir de leur liberté d’expression, mais aussi comment fonctionne l’Internet, car derrière l’écran de l’ordinateur comme du téléphone se passent beaucoup des choses, beaucoup d’aspects qui nous échappent.

Actuellement, plusieurs d’entre elles sont blogueuses, d’autres détiennent des comptes Twitter et que sais-je encore… En plus de pouvoir, désormais, s’exprimer et partager leur opinion, elles pourront aussi interagir avec le monde, voire même rentabiliser le temps qu’elles passeront sur Internet.