Faut-il compter sur internet pour mener la révolution en RDC ?

Actuellement, en République Démocratique du Congo, le mot « web activist » est devenu une sorte d’étiquette pour beaucoup, comme pour attirer l’attention sur eux. Cette prétention de lutter via internet, ne revêtant aucun mal en soi, est cependant une vente d’illusion car étant en contraste avec le contexte du pays.

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Photo : Pixabay

Le rôle des réseaux sociaux lors des soulèvements populaires en Afrique est souvent emmené à une dimension très exagérée par les médias occidentaux. Facebook et Twitter étant les plus visibles dans ces révolutions, leur apport exposé par les médias n’est qu’un mythe crée par le fantasme de journalistes pour le raccourci. Ces outils servent plus à attiser la colère plutôt qu’à mobiliser et à informer. Pour ce qui est des « web activists », ils servent à attirer l’attention des médias étrangers pour les alimenter en « scoops » et images.

Pour ce qui est de la République démocratique du Congo, voici les raison pour lesquelles l’Internet ne pourra pas contribuer à révolutionner la politique du pays :

  1. Le taux de pénétration internet

De prime à bord, signalons que le taux de pénétration internet est estimé à moins de 7% en RDC (pourcentage de la population ayant accès à cette technologie). Aucune mobilisation ne peut donc aboutir via internet car la majeure partie, voire la quasi-totalité de la population nationale, n’a pas accès à Internet.

Pour faire descendre la population dans la rue, il ne faut surtout pas compter sur des publications en lignes, billets de blogs… Il faut une sensibilisation de conscientisation hors-ligne. Outre, essayez de faire valoir le contraire est une vente de vent, une déformation de la réalité ou encore, disons mieux, une déconnexion d’avec la réalité.

L’échec de la campagne « Trompettes de Jéricho » initié par le mouvement Les Congolais débout de Sindika Dokolo en est l’exemple le plus éloquent.

  1. Le coût de la communication

Le facteur important de ce faible taux de pénétration internet en RDC est le coût de la communication. A cela s’ajoute le chômage prépondérant chez les jeunes. Dans mon entourage par exemple, les jeunes se connectent juste pour envoyer et recevoir des messages textes. Une fois qu’une image s’en mêle, il est difficile pour eux de la télécharger.

A lire aussi : La révolution ne sera pas en ligne

Dans un contexte pareil, comment espérer qu’ils suivent des vidéos ou des sons en ligne ? Essayez de poser la question « C’est quoi un podcast ? » aux jeunes congolais, seul moins de un sur dix saura répondre. Quelle que soit la pertinence des informations en ligne, y accéder reste le plus grand problème car l’internet coûte cher. Ce n’est pas que la jeunesse congolaise cherche à échapper aux débats pertinents, encore moins à fuir leur responsabilité citoyenne comme prétendront les « web activists ».

  1. La censure et la surveillance de l’État

Les gouvernements des États africains reconnaissent déjà le pouvoir de nuisance de l’Internet. S’il est vrai que personne ne peut museler totalement l’Internet, les politiques essayent toujours de manœuvrer à ce niveau pour mettre hors d’état de nuire les « web activists » malgré toutes les démarches développés pour contourner la censure. Pire encore, il y a la surveillance qui a déjà envoyé plus d’un en prison…

De ce qui précède, nous constatons que les « web activists » congolais mènent un combat sans issu. Ils ne savent pas pour quoi et contre quoi se battre. Tout ce qui les intéresse c’est de faire savoir qu’ils participent à la lutte, mais quelle lutte ? Dans quel camp jouent-ils leur rôle ? En quête d’être des petits maîtres de l’opinion publique, ils bloquent le vrai combat.

Les icônes du « web activism » sortis subitement de l’anonymat grâce à Internet, ne sont pas encore parvenus à s’imposer sur la scène politique. Quelques changements s’observent au sein du gouvernement mais c’est toujours les mêmes noms, les mêmes visages qui reviennent. Leur rôle reste donc sans effet positif, raison pour laquelle, malgré leur influence et leur envie, ils demeurent sur le banc de touche !

Safer Internet day : 3 routines pour être en sécurité sur Facebook

Facebook est le réseau social le plus utilisé au monde d’après ce classement de webmarketing. Cela est aussi valable chez les jeunes de Goma, une ville à l’Est de la République Démocratique du Congo. Autant le réseau présente d’avantages, autant il expose ses utilisateurs à plusieurs risques.

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Arsène Tungali, tenant le micro, explique les dangers qu’encourent les utilisateurs de Facebook.
Photo : BloGoma

Par Jean-Fraterne Ruyange

Faire du monde un village, cela est l’un des objectifs quasiment atteint par Facebook. Actuellement, je n’ai pas besoin de me rendre au village pour saluer ma grand-mère, nous le faisons tous les jours en ligne. Je n’ai pas non plus besoin d’allumer ma radio pour être à la pointe de l’actualité. Il suffit de me connecter sur Facebook pour avoir toutes les informations, des nouvelles qui font le buzz aux « Habari Moto Moto », expression utilisée par les journalistes de Goma, signifiant « les scoops les plus récents et les plus chaud ».

C’est ainsi qu’à l’occasion du Safer Inernet day, Arsène Tungali, cofondateur de Rudi International, a partagé aux élèves et étudiants de Goma trois routines à apprivoiser pour se sécuriser sur Facebook.

1. « Traiter son mot de passe comme sa brosse à dents »

En disant cela, j’ai compris qu’il voulait dire que nous sommes appelé à traiter notre mot de passe de la manière la plus intime qui soit. Le mot de passe est personnel et son partage avec qui que ce soit est une aberration. C’est une absurdité sans fondement car cela nous expose à un danger futile qui n’allait pas exister si et seulement si nous avons veillé à ce petit astuce. En plus du caractère intime auquel nous devons soumettre notre Mot de passe, nous devons aussi le modifier régulièrement. Ceci permet de prévenir les dangers qui subviendrait si votre mot de passe venait à être piraté.

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Elèves et étudiants prenant part à l’exposé d’Arsène Tungali à l’occasion du Safer Internet day Photo : BloGoma

2. Revoir régulièrement ses paramètres de configuration

En revoyant nos paramètres de configuration régulièrement, nous pouvons décider deux choses :

Qui peut publier sur notre mur : cet astuce nous permet de veiller sur le contenu des publication qui apparaissent sur notre mur. Est-ce conforme à nos convictions ? Sommes-nous à l’aise en le voyant ? Ne va-t-il pas importuner nos followers ? A part ces questions, Facebook fixe aussi ses conditions d’utilisation qu’il ne faut pas violer.

Qui peut voir nos publications : cette astuce nous permet de cibler l’audience qui aura accès à nos publications (photos, vidéos, textes, statuts, informations personnelles…). Créer des listes d’amis est donc incontournable. Mais comment le faire ? La réponse dans cet article de Facebook.

3. Lutter contre l’embarras

Voici alors ce qui est le plus important : se sentir libre d’agir pour assurer sa propre sécurité. Tu dois te fixer une ligne de conduite qui sera imposable à tous tes amis Facebook. Nul d’entre eux ne doit aller à l’encontre de cette ligne de conduite.

S’il y en a de tes amis qui publient sur ton mur des images, vidéos ou textes non conformes à ta ligne de conduite et que cela t’embarrasse, sens-toi libre de les retirer de ta liste d’amis. L’image que donne ton mur Facebook reflète aussi ce que tu es.

Ne te dis pas « celui-ci c’est un ami au quartier ou un oncle ou cousin, je ne dois pas le retirer de ma liste d’amis ». Rappelle-toi une chose : un ami au quartier est différent d’un ami sur Facebook. Ne le laisse donc pas t’embarrasser.

A Goma, la séduction en ligne et le harcèlement des jeunes filles sur Facebook

Récemment, un confrère de Habari RDC a écrit sur les inconvénients des mariages contractés sur Facebook, en République Démocratique du Congo (RDC). Lire son article m’a donné envie de savoir comment les gens parvenaient à tisser des liens amicaux via des réseaux sociaux, jusqu’à vivre des relations d’amour virtuelles, se soldant parfois par le mariage. Il existe même des astuces pour guider les sociaux-séducteurs. S’il y a bien quelques exemples de relations qui marchent, la séduction en ligne est, cependant, mal perçue par bon nombre des filles.

Cupidon a rejoint Facebook

Facebook ne comble pas seulement la distance entre des personnes qui se connaissent, il ouvre aussi des possibilités de nouvelles relations. Qu’il s’agisse de personnes vivant dans un même pays ou dans des pays différents, voire sur des continents différents. Il a même trouvé un « mot stratégique » pour qualifier les followers en les appelant amis.

Les rencontres virtuelles sur Facebook permettent aux « amis » de se suivre, de se parler, de se saluer, de partager de nouvelles informations, des photos ou encore des images. Elles permettent aussi aux gens de se connaitre et se découvrir pour des raisons très diverses. Les raisons sentimentales en font partie, elle sont donc aussi au rendez-vous. Comme l’a chanté Lara Fabian dans sa chanson Les amoureux de l’an 2000 :  « les battements de cœur se transmettent par ordinateur ». Cupidon a élu domicile sur la toile. Le clavier de l’ordi a remplacé son arc et l’internet ses flèches. Et comme toujours, quand il rate sa cible, les plaintes sont inévitables.

Selon une série d’articles de l’Express, dans la plupart des cas, le harcèlement sur les réseaux sociaux est la résultante d’une séduction qui a mal tourné (mis à part les cas de moqueries et le chantage). Ce phénomène s’accentue avec le développement du numérique et plusieurs cas négatifs sont tus, surtout en Afrique, souvent parce-que les victimes ne veulent pas parler, quant aux influenceurs, ils ne s’en préoccupent quasiment pas.

Séduction ou harcèlement ?

J’ai écouté les différents points de vue des amies que j’ai  consulté à ce sujet, mais au final je n’ai pas su prendre position. Pour certaines, favorables à la cyber-séduction, il n’y a rien de mal à se taper un ami, un copain ou un fiancé en ligne, et ce, dans la mesure où il y a une chance que ça marche ! Pour d’autres, cette pratique est loin des contes de fées où elles voudraient plonger. Facebook étouffe le romantisme car, pour ces dernières, une vraie relation amoureuse doit naître d’un coup de foudre : un regard charmant, un sourire séduisant… ou quelque chose du genre.
Pour elles, quelqu’un qui prétend t’aimer alors qu’il ne t’a jamais rencontré est suspect, c’est à priori mal intentionné. Du coup, elles sont hostiles à ce genre de rencontre, virtuelle au départ. En les écoutant, elles sont unanimes sur un bon nombre de points qu’elles critiquent car elles en sont victimes : « des avances incessantes de la part d’ inconnus, des messages indésirables et aberrants comme, par exemple, des photos ou film XXX, des publications impropres sur leur compte… la plupart avouent que ces inconnus solliciteraient aussi des photos où elles sont nues.

Celle qui m’a le plus étonné considère comme loosers et froussards tous ces mecs qui s’adonnent à la séduction en ligne. Pour cette amie, « ce sont des gars en crise de confiance qui passent par Facebook pour séduire. Et lorsque ça ne marche pas comme ils l’auraient voulu, ils se transforment en obstinés qu’ils ne sont pas forcément en réalité. »

Maintenant, les gars, vous êtes prévenus !  Revoyez vos tactiques de drague.